La Chine organise mardi à Beijing un grand rassemblement pour célébrer le 40e anniversaire de la réforme et de l’ouverture du pays, une révolution cruciale qui a changé le destin de la nation chinoise et influencé le monde. Le président Xi Jinping et d’autres dirigeants chinois participent à cet événement au Grand Palais du Peuple, à Beijing.

Par la Rédaction Internationale 
Wang Huning, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), a lu une décision visant à décerner des prix aux personnes ayant apporté des contributions remarquables à la réforme et à l’ouverture du pays. Pékin promet d’en mettre plein la vue pour commémorer la proclamation de la création de la République populaire par Mao Tsé-Toung, le 1er octobre 1949. Ces célébrations, placées sous le signe du succès et du patriotisme, se dérouleront toutefois dans un contexte de contestation sociale sur le territoire semi-autonome de Hong Kong, et de guerre commerciale avec les États-Unis. Soixante-dix ans après sa fondation, la République populaire de Chine n’a plus rien du colosse aux pieds d’argile pauvre et exsangue qu’elle était au sortir de la guerre civile remportée par le Parti communiste chinois contre les nationalistes au pouvoir de Tchang Kaï-chek, après la Seconde Guerre mondiale et la guerre sino-japonaise. 
Une évolution fulgurante
Dans la nouvelle phase de son développement – «la société de moyenne aisance» – la Chine moderne entend développer son marché intérieur en favorisant l’émergence des classes moyennes. Mais elle veut aussi extraire de la pauvreté les populations les plus démunies. Il est significatif que les Chinois, quand ils louent la politique de leurs dirigeants, citent à la fois la lutte contre la corruption – qui est extrêmement populaire – et la lutte contre la pauvreté. Dans les villages chinois, on peut voir des tableaux affichés publiquement où figurent les noms des pauvres qui bénéficient du programme d’éradication de la pauvreté et les noms des fonctionnaires chargés de les accompagner personnellement. En un lieu où tout le monde se connaît, cette absence d’anonymat ne semble gêner personne. Chacun sait à quoi s’en tenir, et l’évaluation des résultats au vu et au su de tous – une véritable obsession dans la culture administrative chinoise – en est facilitée. Ce tableau est d’ailleurs affiché en face du bâtiment du comité local du parti communiste, ce qui témoigne de l’intérêt qu’on lui porte. En tout cas, ce dispositif a porté ses fruits. Selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté en Chine populaire qui s’élevait encore à 17% en 2010 est tombé à 3,1% en 2017. L’encadrement social nécessaire à la mobilisation de tous et la direction par un parti qui fixe les objectifs participent aux yeux des Chinois d’un cercle vertueux dont l’efficacité est patente. Ce qui fait la supériorité des Chinois, c’est précisément cette capacité à se projeter sur le temps long. Alors que les Américains réagissent au coup par coup sans plan à long terme. La croissance chinoise faiblit, c’est vrai. Elle était de 6,9 % en 2017, elle a reculé à 6,6 % en 2018, 6,3 % sont attendus cette année. Et 6 % tout rond, l’année prochaine. Mais elle reste spectaculaire et même historique. Le vieux monde occidental pousserait des cris de triomphe s’il faisait moitié moins… contrairement aux Etats-Unis et à l’Union européenne, la Chine n’a pas gaspillé toutes ses munitions monétaires pour doper sa croissance. L’économie chinoise est bien moins dépendante aujourd’hui envers l’exportation qu’hier. 60 % de sa croissance actuelle est tirée par la consommation intérieure. Certes, en bloquant l’accès du géant national Huawei à un certain nombre de technologies américaines, Donald Trump a retardé la prise du contrôle par la Chine de la technologie 5G. Mais ces restrictions ont fait prendre conscience aux dirigeants chinois de la vulnérabilité de leur pays dans un certain nombre de domaines.
A présent, la Chine met les bouchées doubles pour combler ses manques dans la chaîne d’approvisionnement des produits high tech. Il lui manquait une solide industrie des semi-conducteurs. Elle l’aura d’ici deux ans. Reste le problème de la pollution chinoise, la pire du monde. En dix ans, comme l’a récemment reconnu le gouvernement, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 50 %.
Le charbon, la source d’énergie la plus polluante, est encore à l’origine de 58 % de la consommation primaire d’énergie. Et sa consommation continue d’augmenter.
Mais à mesure que le secteur tertiaire remplace l’industrie, cela devrait s’améliorer. Et les énergies renouvelables comptent déjà pour 4 % du total. Leur part étant destinée à s’accroître régulièrement.n