Le Premier ministre a lancé hier des messages sur l’évolution du virus corona, notamment son incidence sur les rassemblements dans les lieux publics, en s’adressant clairement aux manifestants du mouvement populaire qui a marqué avant-hier son 56e vendredi de mobilisation sous le signe et l’appréhension du Covid-19.
Abdelaziz Djerad a, en effet, appelé à la conscience des Algériens pour saisir la gravité de la situation recommandant de «faire très attention» et de prendre «toutes les précautions» afin de «préserver la santé» des citoyens.
Le Premier ministre, qui s’est exprimé à l’inauguration à Blida d’un centre d’hébergement des cas suspects de Covid-19, a nié «l’utilisation politique» du mouvement populaire, allusion aux mesures prises par les autorités considérées par des partisans du Hirak comme des décisions visant à saborder le mouvement.
«Ce que je voudrais, c’est que les citoyens doivent prendre conscience, individuellement et collectivement, que nous avons affaire à une crise mondiale qui touche notre pays. Jusqu’à présent, Dieu merci, le nombre de cas et de victimes est minime. Mais il faut parer à toutes les situations», a déclaré, à cette occasion, M. Djerad qui s’exprimera à nouveau aujourd’hui sur le dispositif de prévention anti Covid-19 sur les ondes de la radio.
«Le gouvernement a pris en charge, depuis le début de la crise, une politique de prévention pour empêcher le développement de ce phénomène. C’est pour cela que nous conseillons aux citoyens d’éviter de se regrouper dans les salles de fêtes, les discothèques ou aller dans des endroits où il y a un nombre important de personnes », a-t-il souligné.
Après cette recommandation sur fond de précautions et de vigilance, le chef de l’Exécutif a apporté sa réponse quant aux interprétations et autres questionnements soulevés autour des marches populaires qui drainent un nombre important de manifestants. «Je voudrais aussi dire aux frères du Hirak que nous ne sommes pas là dans l’utilisation politique de ce mouvement comme le font certains. Mais je leur dis “faites très attention”. Il s’agit de votre santé, de votre vie. Méfiez-vous. Prenez toutes les précautions», a lancé le Premier ministre.
Le mouvement peut-il continuer à s’exprimer dans la rue même avec cette menace sanitaire ? «Vous pouvez sortir quand vous voulez, mais prenez vos précautions (…) faites très attention», a-t-il soutenu, non sans avertir sur les conséquences d’une propagation de l’épidémie. «Si cette maladie se propage à travers le territoire national, nous serons alors dans une situation autre. C’est la raison pour laquelle, nous attendons à ce que les Algériens fassent preuve de conscience. Car, c’est le pays qui est engagé dans une véritable bataille sur le plan sanitaire. Nous devons nous unir pour préserver la santé des Algériens», a-t-il plaidé.
Auparavant, M. Djerad est revenu sur l’ensemble des décisions prises par les autorités du pays depuis l’alerte du nouveau coronavirus. Il a ainsi souligné que la mesure préventive consistant à avancer la date des vacances scolaires a été prise pour préserver la santé des écoliers et qu’il ne faudrait pas transformer ces vacances pour une opportunité de sortie dans les jardins et les espaces publics.
Cette situation peut-elle amener les autorités à décréter un état d’urgence pour motif de santé publique ? Le Premier ministre a écarté cette probabilité. «Un état d’urgence, non. Mais il s’agit de prendre ses précautions parce que nous sommes dans une situation mondiale où tous les pays sont touchés, y compris les plus développés», a expliqué le Premier ministre. «Nous sommes les voisins de l’Europe qui est devenue le foyer central de cette pandémie», fera-t-il remarquer, en citant les mesures prises pour «réduire d’une manière importante les flux des échanges» entre l’Algérie et l’Europe par voies de transports aériens et maritimes.