Pour certaines tâches, les entreprises nationales, qu’elles soient publiques ou privées, ont besoin de moins d’effectif. Pour d’autres, elles ont besoin de plus de personnel. Il existe, par ailleurs, des tâches que certaines d’entre elles n’arrivent pas à accomplir par manque de personnel qualifié. Une enquête menée par l’Office national des statistiques (ONS) donne des indications précises sur le sujet.

En effet, près de 11% des enquêtés du secteur public et 31% de celui privé déclarent avoir des difficultés à recruter, notamment du personnel de maîtrise et d’encadrement. Et 42% des chefs d’entreprise du secteur public et plus de 74% de celui privé ne pourront pas produire davantage en embauchant du personnel supplémentaire, faute de personnel qualifié. Des experts ont bien peur que la formation soit en cause ! Il est vrai qu’il y a aujourd’hui peu d’instituts spécialisés qui se donnent pour mission de former au management, aux fonctions managériales supérieures dans les entreprises en Algérie.
Et d’assurer ainsi des formations initiales et continues à des étudiants et cadres en exercice dont les entreprises demandeuses besoin pour mettre en œuvre leur stratégie de développement et faire face aux multiples défis auxquels elles sont confrontées. Il y a bien peu d’écoles et d’instituts qui dispensent des formations dans des domaines très spécialisés en sciences de gestion, d’économie, informatique… Malgré le bémol, précisons que dans cette enquête, la croissance de la production est relativement bonne. Les entreprises ont réussi à atteindre un bon régime d’utilisation des capacités de production. En effet, la majorité des entreprises industrielles du secteur public a utilisé à plus de 75% ses capacités de production au 4e trimestre 2017, et à un degré moindre dans le secteur privé, indique l’enquête de l’ONS. Plus de 80% des entreprises enquêtées du secteur public et plus de 31% de celles du privé déclarent avoir utilisé leurs capacités de production à plus de 75%. Autre fait positif, selon l’opinion des chefs d’entreprise enquêtés, l’activité industrielle a poursuivi sa tendance à la hausse au dernier trimestre 2017. Cette hausse est plus prononcée dans le secteur public, notamment dans le secteur des matériaux de construction. La demande en produits manufacturés a connu une hausse par rapport à la même période de l’année dernière. La hausse est plus prononcée dans le secteur public, notamment pour les matériaux de construction et de l’agroalimentaire. La preuve, plus de 88% des chefs d’entreprise du secteur public et près de 87% de ceux du privé, ont satisfait toutes les commandes. Pour ce qui est du personnel, les chefs d’entreprise enquêtés déclarent une baisse de leurs effectifs. En outre, plus de 83% des concernés du secteur public et la majorité de ceux du secteur privé jugent le niveau de qualification du personnel suffisant. Quant à l’état de la trésorerie, il est jugé bon, selon près de 71% des chefs d’entreprise du secteur public et près de 51% de ceux du privé. Les charges élevées, l’allongement des délais de recouvrement des créances et le remboursement des emprunts continuent d’influer sur l’état de la trésorerie, souligne l’ONS. Près de 5% des chefs d’entreprise du secteur public et plus de 75% de ceux du privé ont recouru à des crédits bancaires, et la plupart n’ont pas trouvé de difficultés à les contracter. Cela prouve qu’il y a plus de crédits pour le secteur privé et pas assez dans celui public. Par ailleurs, pour des raisons essentiellement de vétusté et de surutilisation des équipements, près de 23% du potentiel de production du secteur public et près de 28% de celui du privé ont connu des pannes durant le 4e trimestre 2017. Ce qui a engendré des arrêts de travail inférieurs à 13 jours pour la plupart d’entre eux.