Synthèse Anis Remane
Le coordinateur humanitaire des Nations unies au Nigeria, Edward Kallon, a réagi à l’attaque par une fraction dissidente de Boko Haram et ralliée à l’Etat islamique (Daesh) contre des civils et plusieurs installations d’aide aux déplacés du terrorisme djihadiste dans la ville de Damasak, dans l’Etat nigérian de Borno, cible de raids et de massacres fréquents depuis plus d’une décennie.
Le 12 avril dernier, Edward Kallon s’est dit dans un communiqué « extrêmement inquiet par les multiples attaques des groupes armés, mettant la vie de civils en danger ». Il a précisé qu’à Damasak les infrastructures de « trois organisations d’aide internationales » partenaires de l’ONU avaient été touchées. « Je suis profondément préoccupé par les informations récurrentes faisant état d’attaques violentes par des groupes armés non étatiques mettant la vie de civils en danger », a encore déclaré cet humanitaire onusien.
L’attaque de Boko Haram a eu lieu dans la soirée de samedi 10 avril. Dimanche d’après, le calme était revenu à Damasak, après un bilan humain d’au moins quatre morts. Selon des témoignages recueillis par les agences de presse, des dizaines de combattants jihadistes ont incendié des installations humanitaires et le poste de police. L’attaque, la deuxième à viser une des neuf bases humanitaires des Nations unies dans ce pays en un peu plus de deux mois, a fait au moins quatre morts et quatre blessés, selon les mêmes sources. Le groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) a revendiqué cette attaque dans un communiqué publié dimanche, rapporte le site de surveillance SITE, et a affirmé avoir mené une autre embuscade contre une patrouille militaire dans le même Etat, faisant des « victimes ».
« La situation générale à l’intérieur de Damasak est relativement calme, mais imprévisible », a déclaré à l’AFP au lendemain de l’attaque un employé d’organisation humanitaire internationale sous le couvert de l’anonymat. Les assaillants, qui ont tenté de prendre d’assaut une base militaire dans la ville ont été contenus grâce à un soutien aérien puis « forcés à se retirer » après trois heures de combats, a affirmé à l’AFP une source militaire. « Un soldat a été tué et deux autres été blessés », a précisé cette source, faisant état de la destruction de cinq véhicules des assaillants. Au moins trois femmes ont été tuées par un projectile qui s’est abattue sur la maison où elles se trouvaient pour une cérémonie de mariage, a indiqué une autre source humanitaire. Les jihadistes ont également mis le feu à la maison d’un chef local, à une installation médicale, à une ambulance et au véhicule d’une organisation humanitaire, ont ajouté les deux sources humanitaires. Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit a fait près de 36.000 morts et deux millions de déplacés. En 2016, le groupe s’est scindé, avec d’un côté la faction historique et de l’autre l’Iswap, reconnu par l’organisation Etat islamique (EI). Le 1er mars 2021, des jihadistes de l’Iswap ont pris pour cible la localité de Dikwa, également dans l’Etat de Borno, tuant six civils et visant délibérément des installations humanitaires, selon l’ONU. n