L’hôtel Sofitel d’Alger a abrité, hier, un séminaire consacré à la présentation du Programme Diveco 2 dit «programme d’appui à la diversification de l’économie pour le secteur de la pêche ».

Interpellé au sujet de la cherté du poisson sur les étals et des produits de la pêche, en général, le Directeur général de la pêche et de l’aquaculture, Taha Hamouche, s’est fait fort d’invoquer «des conditions météo défavorables et les difficultés de la profession de pêcheur». Aussi, il a évoqué « une offre en deçà de la demande, a-t-il dit, dopée par la croissance démographique ». Il s’agit, a-t-il poursuivi, de «réunir les conditions idoines permettant de proposer au consommateur une offre suffisante ». C’est sur ce registre que le responsable au ministère de l’Agriculture et de la Pêche a défendu le bien-fondé du programme Diveco 2. Un programme doté de 15 millions d’euros qui seront utilisés par tous les acteurs du secteur de la pêche. En ce qui le concerne, Ali Mokrani, Directeur général Europe au ministère des Affaires étrangères, a axé son intervention sur les concepts de «rationalisation dans la gestion, d’encourager le développement durable mais aussi d’optimisation, avec bien entendu le recours à l’expertise étrangère». C’est sur ce chapitre qu’il a rappelé que «l’Algérie bénéficie déjà de l’expertise japonaise et coréenne» dans la promotion de la pêche et de l’aquaculture. Pour sa part, John O’Rourke, ambassadeur et chef de délégation de l’Union européenne à Alger, a vanté le climat, la beauté mais aussi les potentialités dont regorge l’Algérie. Le représentant européen n’a pas manqué aussi de faire part de l’engagement de l’Union européenne afin de «promouvoir, d’encourager et d’accompagner l’Algérie à concrétiser son programme «Aqua pêche 2020» tracé par les pouvoirs publics. Le programme «Aqua pêche 2020», basé sur le bilan du quinquennat 2010/2014, vise à la dynamisation de la nouvelle stratégie devant orienter le secteur à l’horizon 2030, indique-t-on. Cette opération s’articule autour de quatre axes, entre autres, la promotion de la pêche et de l’aquaculture, la dotation du marché en produits de qualité et l’investissement productif.
Le programme, rappelle-t-on, sera financé, notamment, par le système d’accompagnement de l’investissement productif (SAIPA) à hauteur de 59%, l’intersectoriel (20 %), les équipements publics (14 %) et le FNDPA (5 %).
Le programme d’appui à la diversification de l’économie nationale consacré au secteur de la pêche «Diveco 2 » a été officiellement lancé en décembre 2015 à partir de trois wilayas pilotes, Aïn Témouchent, Sétif et Skikda. Il succède au programme Diveco 1, consacré au secteur de l’agriculture, au tourisme et à l’agroalimentaire. Selon ses promoteurs, Diveco 2 vise à «accompagner et appuyer le secteur de la pêche en vue de diversifier l’économie nationale hors hydrocarbures». En plus de sa longue façade maritime, l’Algérie compte, selon des statistiques officielles, plus de 60 ports et abris de pêche pour une flottille de 5034 bateaux et 48 000 inscrits maritimes. Les mêmes statistiques font état d’une production moyenne de poissons frais de l’ordre de 100 000 tonnes par an. Bien deçà des potentialités locales, fait-on observer.