La direction nationale du Front des forces socialistes (FFS) veut dépasser la crise interne qui secoue le parti depuis plus d’un an. Pour ce faire, elle vient de lancer une initiative qui vise à unifier les rangs.

En clair, l’initiative, qui porte les signatures de l’instance présidentielle, du premier secrétaire national et du coordinateur du comité d’éthique, appelle l’aile dissidente du parti au dialogue, voire à la réconciliation. Pour afficher sa bonne foi, la direction du FFS annonce des mesures d’apaisement susceptibles de convaincre ses détracteurs de cesser leurs actions fractionnelles.
«Plusieurs initiatives ont été lancées par des camarades en vue de proposer des solutions pour unifier les rangs du parti et assurer sa pérennité, face à un régime qui menace son existence par tous les moyens», a indiqué hier le FFS dans un communiqué. «La direction nationale du FFS a toujours encouragé toutes celles et tous ceux qui ont œuvré à l’unité du Parti. C’est dans cet esprit qu’elle a initié, depuis plusieurs mois, avec des militants et cadres du parti un dialogue inclusif à même de trouver dans la discussion et la concertation une solution à cette crise interne qui n’a que trop duré», juge le parti.
La direction du FFS estime urgent et impératif que le parti retrouve son unité et sa pleine capacité d’action pour résister aux manœuvres «du pouvoir et se maintenir à l’avant-garde du combat politique», en ce moment historique, où le projet du FFS visant à instaurer un Etat de droit démocratique et social et l’avènement d’une 2e République constitue la base des revendications du mouvement citoyen et y trouve sa consécration.
Levée des sanctions contre les dissidents
Pour la direction du FFS, dans le contexte actuel, il devient évident à tous que la désunion ne permet pas d’organiser un congrès national rassembleur. «Aussi en ce moment crucial de la vie de notre parti, il convient d’œuvrer à une solution politique, compte tenu des circonstances exceptionnelles que traversent le pays et le parti et des insuffisances des statuts du parti pour la médiation et le règlement des différends». Il ne s’agit nullement de déjuger les décisions prises mais d’apporter les solutions pour sauvegarder l’unité du parti. Comme premier signe d’apaisement, la direction du FFS annonce la levée des sanctions prononcées contre les dissidents depuis le 20 avril 2018. «Dans le but de créer les conditions et le climat nécessaires, la direction nationale décide de suspendre à compter de ce jour toutes les sanctions prises depuis le dernier congrès national extraordinaire à l’encontre de ses militants, de traiter au cas par cas les autres sanctions prises avant ce congrès et de réunir dans les plus brefs délais le Conseil national au siège national. Sur la base de la composante du conseil national, tenu le 25 janvier 2019, incluant les membres du conseil national, concernés par la présente décision de suspension des sanctions», note le document. Parmi les cadres qui bénéficieront de la réhabilitation figurent les députés Chafaâ Bouaïche, Salima Ghezali et les députés qui ont refusé de se retirer de l’APN et du Conseil de la nation. Sur le plan politique, la direction nationale fait une autre offre à ses détracteurs. Il s’agit de la mise en place d’un comité ad doc consensuel qui aura pour mission principale de préparer ce conseil national et de réunir les conditions de sa réussite. «Le comité devra élargir la concertation, par une démarche inclusive, en vue de parvenir à un large consensus sur les réponses aux questions à l’ordre du jour de ce Conseil», indique la même source, qui laisse le voie ouverte au Conseil national de décider le maintien ou le report de la date du 6e congrès prévu initialement à partir du 27 septembre.
Le document accuse, par ailleurs, le pouvoir de vouloir détruire le FFS en tentant d’amplifier sa crise interne et en refusant de lui accorder les autorisations nécessaires pour la tenue de ses activités.

L’origine de la crise
Pour rappel, une crise interne sans précédent a vu le jour en février 2018, avec la démission d’Ali Laskri de l’Instance présidentielle du FFS. Une démission qui a provoqué la tenue d’un congrès extraordinaire, le 20 avril de la même année, durant lequel les congressistes ont élu une nouvelle équipe à la tête de l’instance présidentielle. Contrairement aux attentes, les membres de l’instance présidentielle se sont rapidement lancés dans une bataille de leadership qui s’est étendue à toutes les structures du parti. La crise a pris une tournure dramatique lorsque l’instance présidentielle a demandé, en avril dernier, à tous ses parlementaires de démissionner de l’APN et du Conseil de la nation. Seul Ali Laskri a répondu à l’appel. Tous les autres parlementaires ont refusé de démissionner, ce qui leur a coûté une radiation. Contestant cette mesure disciplinaire, ils ont, en compagnie d’autres militants, installé une direction parallèle, avant de tenter à deux reprises d’occuper le siège national du parti.