Par Hamid Bellagha
La chimère de l’autonomie de l’Algérie en carburants n’en est plus une apparemment. La raffinerie Augusta n’est finalement pas «une mauvaise affaire». C’est ce qui se dégage, entre autres, des déclarations du PDG de la Sonatrach.
La compagnie pétrolière algérienne, et pour la première fois de son histoire, opérera des forages offshore, une technologie de pointe réservée depuis la découverte du pétrole au cartel des sept sœurs, un monopole qui sera cassé. Ce qui permettra à la Sonatrach de (re)faire son entrée parmi les grandes multinationales des énergies fossiles.
Une augmentation de la production, un accroissement des exportations, une amplification des investissements et une mobilisation de nouvelles réserves, ont été aussi les bonnes nouvelles fournies par le responsable de Sonatrach.
La liste ne s’arrête pas là, puisque M. Zerdani annonce de même «un méga projet de production des plastiques», un pas nécessaire vers l’autonomie du pays dans l’aval pétrolier, la couverture totale du marché intérieur et la multiplication des exportations des dérivés du pétrole.
Une éclaircie dans le ciel bougon de l’Algérie qui fait face à une crise sanitaire, comme tous les pays de la planète, à des pénuries d’un autre âge de produits alimentaires, à une baisse des réserves de change et à un mécontentement social qui couve.
Encore une fois, c’est Sonatrach qui vient à la rescousse de l’économie algérienne. Celle que l’on qualifie de coffre-fort de l’Algérie, de son grenier à blé, revient de loin après une crise des prix des énergies fossiles qui a menacé l’existence même des compagnies pétrolières les plus solides dont la saoudienne Aramco.
Mais, encore une fois, en avançant d’un pas vers l’indépendance de l’économie algérienne de son pétrole, le pays en fait deux en direction de sa toujours dépendance au gaz, or noir et dérivés. Un pari difficile à réaliser dans un climat de morosité d’une économie mondiale mise à mal par la Covid-19 depuis plus de deux ans.
Dire alors que l’on doit suivre le mode écologie en développant des énergies propres, que la sortie de la dépendance des énergies fossiles doit intervenir au plus vite, relève pour le moment d’une affabulation incommensurable et d’une folie hadale, et cela ne concerne pas uniquement l’Algérie.
Sonatrach a donc encore de beaux jours devant elle et notre dépendance aux produits fossiles aussi. Et en ces temps de vaches maigres, la fine bouche n’est pas de mise