Considérant que la meilleure manière de prendre connaissance des Mémoires de Lakhdar Bentobbal et de la richesse du témoignage qu’ils contiennent c’est de les lire, le parti pris dans cet entretien est d’interroger l’historien Daho Djerbal davantage sur la façon dont il a travaillé avec cette personnalité-clé du mouvement national et de la guerre de libération et recueilli son récit que sur le contenu du texte qu’il a publié et qui est du reste impossible à cerner dans ses pages sans tomber dans le raccourci et l’approximation. Il n’en demeure pas moins que certains de ses aspects n’ont pas manqué de nous interpeller à chaud, d’où les questions les concernant. Entretien.

Entretien réalisé par Nordine Azzouz
Reporters : Vous avez recueilli le témoignage de Lakhdar Bentobbal et travaillé avec lui pendant cinq ans, entre 1980 et 1985. C’était tout de même une période de basculement et un tournant dans l’histoire contemporaine algérienne. En êtes-vous rendu compte ?

Daho Djerbal : Lorsque j’ai commencé à travailler avec «Si Lakhdar» à partir de décembre 1980, nous étions nombreux à suivre attentivement sur ce qui se passait dans le pays et à nous interroger sur ce moment politique qui commençait à se dessiner en ce tournant des années 1980. Moi-même, je regardais cette période avec un intérêt inquiet et cherchais à comprendre en tant qu’Algérien et en tant qu’historien aussi les changements et les revirements qu’elle annonçait par rapport à la décennie précédente. Nous étions en situation de pertes de repères : Boumediene était mort, le FLN qui s’était réuni en comité central pour l’évaluation de sa présidence du pays avait voté un bilan négatif moins six voix, quasi unanimement donc, ce qui ouvrait déjà la voie à la remise en cause des choix des années 1960 et 1970 et à la libéralisation… C’était donc important pour moi de jeter un regard sur ce qui s’était passé avant, bien avant 1962 d’ailleurs, et d’essayer de comprendre pourquoi le FLN remettait en question ce qui était son héritage, pourquoi il le reniait et pourquoi il le dépouillait. Le récit de «Si Lakhdar» m’a aidé à trouver des réponses à mes questions, mais ce n’était pas là la seule motivation qui m’a amené à aller le voir et à recueillir son témoignage.

Vous êtes allé le voir et écouter sa parole en tant que jeune historien cherchant à élargir son champ d’étude de l’histoire algérienne contemporaine…
C’est cela. Lakhdar Bentobbal était à cette époque-là le seul survivant des membres du comité interministériel de la guerre, c’est-à-dire du groupe qu’on a appelé les «3B». Krim Belkacem et Abdelhafid Boussouf avaient disparu sans laisser de traces ni d’éclairages personnels sur leur vécu et sur les épreuves qu’ils ont traversées. Avec Mahfoud Bennoune, qui était de retour des Etats-Unis pour s’occuper de l’institut de planification (IFTP) et chez qui je me rendais parfois pour donner des conférences et qui connaissait bien «Si Lakhdar», avec cet homme, ce chercheur brillant et ce passeur qui était mon ami, on était arrivés à la conviction qu’on ne pouvait pas laisser passer l’opportunité d’avoir le récit d’un des principaux acteurs de la guerre de libération et d’un rescapé d’une période cruciale de notre histoire. Il y avait, chez moi, un désir de contribuer à réunir un matériau d’archives pour l’histoire du mouvement national et de la guerre de libération. Mahfoud Bennoune, qui avait milité comme agent de liaison de «Si Lakhdar» en zone II et qui avait gardé avec lui les mêmes rapports de respect et de confiance, a été d’un apport considérable dans la concrétisation du travail que je rends aujourd’hui au public algérien pour connaître des aspects décisifs de son histoire.

Tout ce qui est écrit dans le livre que vous avez publié et qui devient aujourd’hui un authentique document d’archives a été dit et seulement dit par Lakhdar Bentobbal. Là, on se rappelle que vous êtes de ceux, pas si nombreux, à défendre, parfois avec véhémence, les sources orales comme d’authentiques documents historiques. Cela a-t-il joué dans votre désir, avec Mahfoud Bennoune, d’enregistrer son récit ?
Absolument. En tant qu’historien, c’était, pour moi, l’épreuve des faits. Contre le dogme académique occidental et français en particulier au travers duquel on ne conçoit l’histoire qu’à partir des archives écrites, je passais à la mise en œuvre d’une position théorique et méthodologique qui était de considérer qu’on ne pouvait pas écrire notre propre histoire en omettant de donner la parole à ceux qui l’ont faite, en manquant d’écouter et de recueillir la parole de ceux qui ont été aux premières loges du mouvement national et de la guerre de libération. Avec Lakhdar Bentobbal, qui n’avait pas écrit, mais qui disposait d’une mémoire fabuleuse de ce qu’il avait vu et vécu, j’avais, comme je le disais, la certitude d’avoir en face de moi un témoin de haute valeur historique, dont il fallait absolument recueillir le témoignage avant qu’il ne disparaisse sans rien laisser, comme d’autres parmi ses compagnons d’armes. Avec lui, j’ai commencé un processus qui allait m’amener avec un petit groupe d’historiens algériens et non algériens à imposer progressivement dans la recherche académique le recours au témoignage oral comme document à côté de celui de l’écrit, pour compléter par exemple, en ce qui concerne la période 1830-1962, le regard consigné que portait l’autorité coloniale, civile ou militaire, sur l’évènement à étudier.

Comment avez-vous travaillé avec Lakhdar Bentobbal et comment organisiez-vous les enregistrements?
«Si Lakhdar» n’était pas un homme du jour, c’était un nocturne qui aimait veiller. Avec lui, les enregistrements se faisaient alors entre 21 heures et 4 heures du matin, trois fois par semaine régulièrement. Je faisais la transcription de ces enregistrements presque en même temps, après mes cours à l’université que je commençais tous les matins vers 8 heures. A l’époque, il n’y avait pas d’ordinateurs ni les moyens digitaux dont on dispose aujourd’hui pour mener de longs entretiens et les faire passer de l’oral à l’écrit. Le travail se faisait à la machine à écrire et était pour le moins fastidieux – huit heures de transcription pour une heure d’enregistrement en moyenne. Mais, il était nécessaire. Chaque passage enregistré et transcrit lui était remis pour qu’il le lise ou pour qu’il y apporte les remarques et les observations qu’il jugeait utiles. Quand il y avait des points à éclaircir ou à développer, on les reprenait à la séance suivante en faisant les retours en arrière nécessaires, les rappels et les indications qui devaient être faites concernant les personnes et les lieux qu’il citait.

Ses Mémoires commencent à l’enfance et se terminent à son départ pour Tunis, l’été 1957. C’est suivant cette chronologie qu’il a organisé sa narration des faits ?
Pas toujours, puisqu’après coup, je veillais aussi à la cohérence chronologique et thématique de son récit. Le principe était de le laisser parler et de faire son témoignage librement. J’ai convaincu Mahfoud Bennoune de ne pas interférer dans la parole de «Si Lakhdar» et dans sa pensée, car ce qui m’importait en premier lieu, c’était de connaître, au fur et à mesure de sa narration des faits, sa propre vision des choses. Quand il lui arrivait d’éluder ou de mettre sous silence certaines questions qu’il nous fallait éclaircir, Mahfoud Bennoune était là jouant le rôle d’aiguillon. Parce qu’il le connaissait et parce qu’il y avait entre eux une confiance mutuelle, le rôle de Mahfoud Bennoune a été capital dans l’entretien. Dans le récit de «Si Lakhdar», il n’y avait pas de lignes de fuites ni de non-dits. Nous ne pouvions pas clore un paragraphe ou un chapitre sans que la lumière soit jetée sur une ambigüité ou un point d’ombre. A chaque moment, il était déposé par devers lui la copie de l’enregistrement et du texte qu’il devait valider pour continuer. Le texte que les lecteurs ont aujourd’hui entre les mains est l’intégral des quelque 200 heures d’enregistrement que j’ai faites avec lui. Beaucoup de lecteurs n’ayant pas toute la connaissance des anciens résistants, moujahid ou partisan politique de tel ou tel mouvement qui apparaissaient dans son témoignage, il fallait également, sans altérer le texte, faire un travail de notes et de références pour expliquer qui étaient-ils, d’où venaient-ils, etc.

Y a-t-il eu une quelconque réticence de sa part à revenir sur tel ou tel détail de son récit ?
Non, il n’y a eu aucune réticence de sa part. Dès le départ, il était entendu que son témoignage allait être ses Mémoires et que ce texte-là allait être pour moi un document pour mes recherches et travaux académiques. C’était l’accord de base que j’ai d’ailleurs indiqué dans le mémorandum que j’ai remis à sa famille en 1986.

On connait le parcours de Lakhdar Bentobbal au sein du mouvement national et durant la guerre de libération, on sait qu’il a été un grand chef dans le Nord-Constantinois et qu’il a occupé des postes clés au sein du GPRA. Même s’il a divorcé d’avec la politique dès 1962 pratiquement, on sait que ce n’était pas n’importe qui. Et pourtant, à la lecture de ses Mémoires, on est étonné par le caractère politiquement élaboré de sa pensée…
De tous les dirigeants du mouvement national et de la guerre de libération, il me paraissait celui qui avait la plus haute dimension non pas de la politique, mais du politique et de la pensée politique. Il était du niveau du moment historique dans lequel il se situait, ce qui était très rare pour les autres militants qui restaient au niveau de l’événement en tant quel, sans se soucier de son sens, de sa profondeur et de ses projections historiques. Il ne parlait pas en tant qu’individu singulier, il s’exprimait en tant qu’être social du mouvement national et de la guerre de libération. Il sortait de l’anecdote, de la conjoncture et de la conjecture pour partager sa vision du monde. Chaque soir, quand on se mettait au travail, il tenait à revenir sur des points qu’il avait développés pour mieux expliquer leur source et leur portée historique. Connaissant tout ça, il lui arrivait de m’étonner par l’acuité de sa perception politique des choses.

Il dit : «Nous avions l’avantage sur nos prédécesseurs de naitre dans un milieu d’un mouvement social et politique qui avait déjà ouvert la voie à l’action». D’où lui venait cette aptitude à ne pas se considérer comme certains d’une génération spontanée et à avoir conscience du sens de l’histoire ?
Ça lui venait du terrain ; il est arrivé au mouvement national très jeune. Il était à l’Organisation Spéciale (OS) et déjà avec ceux qui allaient organiser les cellules clandestines dans le Nord-Constantinois qu’il a, avec d’autres chefs et compagnons d’armes, organisées et préparées à la guerre peut-être plus que les autres régions du pays. Il était dans le comité des 22 sur la tenue de laquelle il fournit des indications importantes.
Le 1er novembre 1954, il était aux premières loges comme il était aux côtés de Zighout le 20 août 1955. Il était présent au Congrès de la Soummam, chef de la wilaya II, membre du Comité de Coordination et d’Exécution (CCE), il était ministre du GPRA, négociateur aux Rousses et à Evian… C’est assez comme parcours, je crois, pour qu’il devienne ce responsable et cette personne qui était toujours préoccupée par les grandes questions ayant un rapport avec l’histoire et le devenir de l’Algérie. C’était quelqu’un qui avait lu les écrits et les témoignages de l’autre camp, des officiers et des politiques français qui ont témoigné sur la guerre d’Algérie. Comme ceux qui ont dirigé la guerre de libération, qui sont sortis des bases du MTLD, Lakhdar Bentobbal était un homme politique exceptionnel pour son temps.

A cause de son parcours, il explique bien que sans le 20 août 1955, il n’y aurait pas eu de 20 août 1956…
Très juste. D’ailleurs, quand la délégation du Nord-Constantinois arrive au congrès de la Soummam, le 18 août comme il le précise, le 20 c’était déjà terminé, elle le fait en tant qu’organisation déjà bien structurée selon un schéma pyramidal, ses codes et son manuel du combattant révolutionnaire, et qui avait fait déjà ses preuves. On connaît aussi l’importance du congrès d’août 1956 et de l’orientation stratégique qu’il allait donner au cours de la révolution jusqu’à l’indépendance.

Sur la crise du PPA-MTLD qu’il fait remonter à bien avant 1953, son témoignage est lourd de sens : «Le contenu du parti avait changé, ce n’était plus le militant increvable qui y venait et celui qui ne connaissait que le sacrifice (…) après 1947, c’est l’élu opportuniste qui devint l’objet de considération du parti». Tout y est dit pour qui veut comprendre Novembre 1954 en peu de mots, non ?
C’est là toute la problématique des Mémoires de Bentobbal. Il était bien placé pour suivre les difficultés dues à des personnes et les divergences quant à l’orientation auxquelles le parti (PPA-MTLD) se trouvait confronté dans le Nord-Constantinois où il était bien implanté, autant ou un peu plus que dans le reste du pays. Il montre bien que la première grande crise du MTLD, ce n’était pas en 1953, mais en 1947. Il explique bien l’impasse dans laquelle s’est trouvé le parti au lendemain du 8 mai 1945 et comment cette impasse a généré des radicaux qui ont pu, si je puis dire, labourer et semer dans des terres en feu.
Il n’est pas non plus ingrat, puisqu’il affirme que «la révolution, dans sa décision, comme dans son déclenchement, a été le monopole du MTLD».

S’il savait ce que c’était que le sens de l’histoire comme vous disiez, il n’ignorait rien non plus de l’histoire du mouvement national et de la façon dont il s’est constitué, organisé et a abouti plus tard, par ses crises et par ses ruptures, à novembre 1954. Il n’était pas de ceux qui, en pensée, faisaient table rase de ce qu’il y avait avant cette date, d’où par exemple les indications précises qu’il donne sur la façon dont le parti recrutait ses militants et comment ils opéraient dans la clandestinité et insistaient dans les réunions à parler beaucoup de l’histoire de l’Algérie. Pour dire les choses simplement, ce qu’il y avait avant novembre 1954 comptait aussi beaucoup pour lui…

Avant novembre 1954, il dit à propos du groupe des 22 que sa direction avait été proposée à Lamine Debaghine, qui l’aurait refusée parce qu’il pensait que c’était un traquenard ou un mauvais coup de Boudiaf qu’il n’aimait pas. «Il est heureux qu’il ait refusé la direction du mouvement. Je l’ai connu par la suite comme membre du CCE et ministre des Affaires étrangères du GPRA. Il créait constamment des problèmes, faisait de l’obstruction et voyait des complots partout…». Surprenant, non ?
Lakhdar Bentobbal n’était pas le seul à avoir cet avis sur Lamine Debaghine, qui était un grand militant et une figure clé du mouvement national. Il n’était pas le seul à le considérer comme un paranoïaque, puisque, lors de mes rencontres de travail ou d’amitié avec des acteurs du mouvement national, j’ai eu à entendre de nombreuses critiques à son égard. Cela ouvre une perspective intéressante pour qui veut mieux analyser son parcours au sein du mouvement national et de la guerre de libération. Pour ma part, il y a peut-être une hypothèse de travail à privilégier et à savoir si à cette époque-là, l’été 1954 et peut-être avant, le docteur Debaghine n’évoluait pas déjà vers une ouverture en direction de l’UDMA. C’est à creuser, en tout cas.
Sur le rapport entre l’intérieur et l’extérieur, sur le rapport entre le politique et le militaire, sur l’arrivée de Ferhat Abbas au FLN, Lakhdar Bentobbal semblait être dans la contradiction par rapport à la position qu’avaient Larbi Ben M’hidi et Abane, non ?
Sur l’opposition entre le politique et le militaire, Lakhdar Bentobbal estimait qu’il n’y avait pas de distinction et d’opposition à faire. A ses yeux, le militant politique porteur d’arme comme l’exigeait la révolution n’était pas un militaire. Il pensait avant tout en révolutionnaire et en homme des maquis, ces maquis qui faisaient la guerre et faisaient évoluer les choses sur le terrain. Dans la photo de couverture on voit bien que les membres du PC de la Zone 2 ne portaient pas d’uniforme ou de grade.
Sur l’arrivée de Ferhat Abbas, il considérait le ralliement de l’ancien leader de l’UDMA, comme ceux des autres courants, qui n’étaient pas là le 1er novembre 1954, comme des forces auxiliaires. C’était aussi la position d’Abane et de Larbi Ben M’hidi. La différence de «Si Lakhdar» avec eux est qu’il était pour la présence de ces forces auxiliaires dans les organes de fonctionnement, mais pas dans la direction de la révolution. Dès lors que Abbas et les autres avaient décidé de rejoindre le FLN, il fallait les considérer comme étant dans la remise en cause de ce qu’ils étaient et de ce qu’ils représentaient auparavant par rapport à la question coloniale et de l’indépendance totale qu’il fallait régler…
Ce n’était pas la position d’un Boussouf. Lakhdar Bentobbal qui dit à propos de Ferhat Abbas, non sans nuance, que «l’unique fait qu’il renonce à son parti, qu’il le dissolve (…) est en soi une autocritique», raconte aussi avec réprobation comment Boussouf a traité Abbas à la réunion du CNRA en juin 1957 au Caire. «Il l’a pris par le nez et le traînant devant tout le monde il lui dit ; Abbas, nous t’avons amené ainsi en te tirant par le nez».


Contrairement à Boussouf qui était le chef d’un appareil sensible comme le renseignement et les liaisons, qui traduisait physiquement ce qui était en pensée dans les maquis, Bentobbal était un politique. A propos de l’incident en question, Bentobbal disait, «c’est un acte que je ne ferai jamais. Puisque Abbas avait rejoint, c’était en soi une reconnaissance de la ligne de front», dit-il. Vous m’aviez posé la question s’il avait eu une quelconque réticence face aux faits qu’il rapportait, c’est là une indication qu’il n’avait aucune attitude hésitante à les aborder selon ce qu’il en pensait au moment où ils se déroulaient et même plus tard de surcroît…

Comme les critiques et les réserves qu’il avait vis-à-vis de la grève des huit jours en février 1957?
Oui, par exemple.
Daho Djerbal, il y a encore des dizaines de questions à vous soumettre, mais on le fera certainement en d’autres occasions ou à la sortie du tome 2 des Mémoires de Bentobbal, n’est-ce pas ? Pour terminer, on aimerait cependant avoir votre avis sur ce passage final du tome I : «Je n’avais pas l’habitude des assemblées ni des parlements. Or, c’est ce monde que je vais trouver à Tunis», dit-il. N’était-ce pas un signe qu’après 1962 il allait abandonner toute responsabilité politique ?
Après l’indépendance, en effet, il n’avait plus aucune charge ni aucune responsabilité au sein des appareils du jeune Etat algérien. Ce que vous dites n’est donc pas faux. Je confirme que le tome 2 des Mémoires de «Si Lakhdar», sauf événement imprévisible, sortira au début de l’année prochaine.

«Lakhdar Bentobbal, Mémoires de l’intérieur», Chihab Editions. Prix : 1000 DA