Hier, dans son 101e opus, la grande course cycliste italienne, le « Giro », a débuté sur les terres occupées en Palestine. Pour la première fois dans l’histoire, l’évènement a été délocalisé hors-Europe. Il faut souligner que ni le Tour de France ni celui d’Espagne (Vuelta) n’ont accepté cette anomalie pour normaliser la présence d’un Etat criminel qu’est l’Israël.

Au-delà de l’envie de « booster le tourisme», comme prétendent les initiateurs «sionistes» de ce coup de starter inédit est scandaleux, l’Etat hébreux s’offre le «luxe» d’abriter le premier évènement majeur depuis sa mise en place en 1947.
Sous le couvert de l’internationalisation du Giro, ses organisateurs n’ont pas hésité à piétiner les valeurs pour offrir à Israël une partie de cette mythique course. Le tout contre un chèque de 10 millions d’euros. Une somme près de deux fois supérieure à ce que mettent sur table les candidats européens en temps normal pour convaincre les organisateurs de la course transalpine d’opter pour leur pays. Nul ne doute qu’une récupération politique est visée par l’Etat juif afin de donner plus de crédibilité à sa présence sur la carte universelle. Pour fêter ses 70 ans d’existence et de crimes contre les Palestiniens, Israël joue la carte de l’humanité. En effet, les organisateurs de ce rendez-vous ont honoré Gino Bartali, mythique champion du milieu du siècle dernier en sa qualité de triple vainqueur du Giro et double détenteur du Tour de France. Celui qui a été consacré citoyen d’honneur avait sauvé des juifs en cachant des faux papiers dans le cadre de sa bicyclette. Décédé treize ans plus tôt, Bartali a emporté les vérités sur son acte avec lui. « Le Bien, c’est quelque chose que l’on fait, pas quelque chose que l’on raconte »  était sa fameuse réplique. Le paradoxe veut qu’Israël fasse du mal aux Palestiniens sur qui l’étau ne cesse de se resserrer. Même avec des papiers, ils sont chassés de leur domicile et voient leurs maisons détruites et leurs terres spoliées.

Tourisme et terrorisme
Pour pouvoir s’offrir trois étapes (une contre-la-montre de 9,7 km, une autre de 167 km et une autre de 226 km), c’est Sylvan Adams, un milliardaire israélo-canadien, qui a sorti le chéquier pour la prise en charge des délégations estimée par la presse locale à 120 millions de shekels (27,5 millions d’euros). Le tracé ne dépassera pas la «ligne verte» évitant soigneusement les Territoires palestiniens ainsi que la Vieille Ville de Jérusalem, bien qu’il longera les murs de cette dernière. Pour rappel, l’annexion de la partie Est par Israël en 1980 n’a jamais été acceptée par la communauté internationale, sur une durée de trois. Après l’étape du «contre-la-montre», qui s’est tenue hier dans la très sainte Jérusalem, la deuxième épreuve reliera aujourd’hui Haïfa, le grand port industriel de Galilée, à Tel-Aviv, la capitale économique du pays. Demain, les coureurs sillonneront le désert du Néguev, depuis Beer Shéva, jusqu’à la station balnéaire d’Eilat, au bord de la mer Rouge. Près d’un milliard de téléspectateurs devraient suivre cette compétition. Une chance inouïe et une publicité pour un « pays » qui a plus l’habitude de faire objet de sujets politiques que sportifs ou touristiques. « Le Giro peut changer la face du tourisme israélien », affirme Gabriela Davidovich-Weisberg, journaliste au quotidien «Haaretz». Après avoir attiré 3,87 millions de touristes l’an passé, l’Etat hébreu espère atteindre la barre des 5 millions de visiteurs grâce à ce coup de pub. Dérisoire si l’on compile les centaines de milliers de Palestiniens qui ont péri à cause du conflit territorial.

Bahrain-Merida et UAE Emirates recensés dans le peloton !
Le conflictuel, certains en font abstraction. Certes, il ne faut pas mélanger sport et politique mais il semble que l’argent peut tout acheter de nos jours. De la star Chris Froom aux équipes Bahrain-Merida et UAE Emirates, les organisateurs ont pu convaincre bon monde à participer à cette « pige cycliste » en terres occupées. Les formations bahreïnienne et celles émiraties se sont présentées le plus normalement du monde pour prendre part à cet évènement. Normalisation en cours. De son côté, la vedette Froom sera un attrait important lors de ce court séjour. Lui, qui est pris dans la tourmente pour avoir tapé dans la boîte à pharmacie (des doses élevées de salbutamol ont été décelées dans ses urines le 7 septembre écoulé).
La présence du Britannique représente un atout médiatique important puisqu’elle suscite l’intérêt des médias du monde entier. Celui qui pourrait imiter Eddy Merckx et Bernard Hinault et remporter trois grands tours à la file sera sous les  feux de la rampe. Il aura juste à remporter l’épreuve italienne et il signerait un retentissant triplé après le Tour de France et celui d’Espagne, décrochés en juillet et septembre derniers. Quant aux enjeux stratégiques de ce tour, les Sionistes seront gagnants-gagnants au moment où le scrupule et l’humain prendront un sérieux coup.