L’Institut Cervantes d’Alger a organisé et abrité jeudi dernier la projection du long-métrage «Pa Negre» (Pain noir), un drame de 2010 d’Agustí Villaronga, projeté en langue catalane et sous-titré en français. Cette projection s’inscrit dans le cadre du «Cycle du cinéma contemporain en langues co-officielles», qui verra la projection, jusqu’au 22 août, de deux autres films en langues co-officielles.

La trame du film se déroule dans une Espagne ravagée par la guerre civile. Suite à un crime crapuleux, la vie du petit Andreu bascule. C’est lui qui découvre le massacre et en informe les habitants de son village. Son père persécuté par la police car injustement accusé dudit crime prend la fuite, et Andreu quitte le village et la maison familiale et part habiter chez sa grand-mère. Les secrets enfouis refont surface, et la suspicion est de mise. Chez la grand-mère, le jeune garçon, qui vit un grand changement, [ré]apprend à connaître son cousin et sa cousine. Il pénètre dans un monde dont il ignorait l’existence et auquel il n’était pas préparé, celui des adultes où le vice et les mensonges sont les maîtres mots. Un monde où également l’injustice est monnaie courante et où la discrimination sociale fait rage. «Pa Negre», d’une durée de 108 minutes, c’est également la découverte des premiers émois, de la confusion de sentiments d’un jeune adolescent, Andreu, qui perd son innocence au fur et à mesure de l’évolution du récit. En outre, le film lève le voile sur le passé tortueux d’un pays qui garde les séquelles d’une guerre mais qui essaie tout de même de se relever, se reconstruire. Un film poignant, fort qui ne laisse pas insensible, avec un jeu des comédiens impeccable et d’une justesse époustouflante. «Pa Negre» est une adaptation du roman éponyme de l’écrivain catalan, Emili Teixidor, signée par le réalisateur Agusti Villaronga, qui les a mixé à deux autres œuvres du même auteur à savoir «Retrat d’un assassi d’ocells» et «Sic transit Gloria Swanson». Le film a remporté d’importants prix : 9 Goyas, 13 Gaudí, 9 prix au Festival espagnol de Nantes et la meilleure interprétation féminine au 58ème Festival de San Sebastian. En Algérie, il a été projeté en 2012 lors des premières Journées du Film méditerranéen d’Alger «MéditerraCiné». Par ailleurs, le «Cycle de cinéma contemporain en langues co-officielles» se poursuivra les 15 et 22 du mois en cours avec la projection de «Obaba» de Montxo Armendáriz, qui est basé sur le roman de Bernardo Atxaga intitulé «Obabakoak», et «También la lluvia», une coproduction hispano-franco-mexicaine d’Icíar Bollaín.