Où en est-on dans le domaine de la cyber sécurité en Algérie ? Le pays a-t-il les moyens de résister aux cyberattaques ? Pour le président du Syndicat national du patronat citoyen du numérique (SNPC) Souheil Guessoum, «le numérique est devenu un axe stratégique pour l’Algérie et la cyber sécurité doit donc être, elle aussi, de facto stratégique, car nous ne pouvons pas avoir de numérique sans une protection effective de nos données, de notre système national numérisé et, au-delà, tout notre processus, toutes nos actions numériques doivent être protégés».

Par Bouzid Chalabi
Ce dernier, qui se prononçait à l’occasion d’une rencontre avec les représentants des médias, en prélude de la 3e édition de Africain Cyber Security Summit (ACSS), prévue les 16 et 17 novembre prochain, dira à propos de cet événement : «Quand nous parlons aujourd’hui de ACSS, il revêt d’abord pour nous Algériens un grand intérêt car nous devons avoir nous aussi notre stratégie en termes de cyber sécurité. Et pour en être convaincus, il suffit de se référer à ce qui se passe actuellement autour de nous en termes de géostratégie dans le monde. Et avoir donc un sommet de la cyber sécurité en Algérie est une chose extrêmement importante pour le pays.» Toujours dans ce même ordre d’idées, le président du SNPC fera remarquer au parterre que «l’Algérie va accueillir le Sommet africain de la cyber sécurité, ce qui démontre qu’il n’est plus question pour le pays d’organiser des événements nationaux locaux. Il est important au pays d’être au-devant de la scène tant régionale qu’internationale, car nous ne pouvons plus nous contenter de la place de suiveur en matière de cybersécurité mais devenir leaders». Et de souligner en ce sens : «L’ACSS s’inscrit en droite ligne dans cet objectif, être parmi les premiers dans la région, et pourquoi pas au niveau mondial.» Concernant l’état des lieux en Algérie, en termes de cyber sécurité, le président du SNPC a indiqué : «Certes des avancées ont été obtenues, cela est indéniable, mais il reste encore beaucoup à faire. Et c’est à notre portée dès lors où le pays dispose de compétence numérique, et pour peu qu’entre la numérisation et la cyber sécurité existe une corrélation parfaite.» «C’est d’ailleurs impératif», a-t-il conclu.
Notons que le fondateur et président de l’ACSS, El Mehdi Zakaria, a de son côté mis en exergue le programme de la 3e édition de l’ACSS. Il s’est attardé à présenter le contenu du programme de cette édition non sans signaler qu’elle sera rehaussée par la participation d’éminents experts en matière de cyber sécurité. «C’est pourquoi, ce sommet africain est une véritable référence dans le domaine du numérique. De plus, il favorise l’échange au sein de l’écosystème africain de la cybersécurité.» Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) Sami Agli a, pour sa part, indiqué que son organisation patronale et le SNPC, partie prenante dans l’organisation du 3e ACSS, n’ont pas lésiné sur les moyens pour la réussite de cet événement. A ce propos, il dira : «L’ACSS est une véritable référence en matière de cybersécurité en Afrique et de même un carrefour par excellence d’échanges et de débats sur un sujet d’une importance capitale, voire stratégique dans le monde.»
Interrogé sur l’état des lieux de la cyber sécurité en Algérie, Souheil Guessoum a rapporté qu’il ne possédait pas de chiffres exacts, mais a avancé qu’«il ne se passe pas un jour sans qu’une de nos entreprises ne fasse l’objet d’une cyber attaque». Tout en estimant que l’«on pourrait diminuer cette tendance en faisant de la cyber sécurité une activité officielle, autrement dit, reconnue au niveau du Centre national du registre de commerce. Ce qui n’est pas le cas à présent», a-t-il enfin déploré.