La crise financière par laquelle passe le pays et qui impacte naturellement le secteur de la culture impose des pratiques pour les moins insolites mais significatives. Ainsi, après avoir donné un coup de rabot au programme des festivals organisés dans le pays, le ministère de tutelle passe maintenant à une nouvelle forme de restriction : ne plus inviter des artistes étrangers dans les manifestations organisées sous la tutelle du ministère de la Culture.

Hier, dans un entretien à la chaîne de télévision privée Ennahar, M. Mihoubi a déclaré qu’en raison des difficultés financières son secteur s’abstiendra d’inviter sur les scènes algériennes des artistes et des têtes d’affiche étrangères. Cette interdiction, a-t-il précisé, concernent les évènements organisés avec le concours des sponsors. A ce sujet, M. Mihoubi a expliqué que même avec la participation financière de sponsors, il y a automatiquement transaction, avec les artistes invités et «transfert de devises» au moment où le pays a plus besoin d’épargner cette ressource et de la garder dans ses caisses. Face à cette réalité, a indiqué le ministre, le mieux est de mobiliser la ressource en dinars existante et en faire profiter les artistes algériens. Ce sera toujours une motivation supplémentaire pour eux, notamment les jeunes pousses. Pour autant, la déclaration du ministre a surpris plus d’un. Des observateurs s’interrogent sur le «timing» de cette déclaration : «pourquoi maintenant ?» disent-ils alors que la crise dont souffre aujourd’hui le secteur de la culture depuis la baisse des revenus pétroliers est ancienne.
D’autres estiment que le ministre de la Culture n’a pas tout dit et soupçonne l’existence de pratiques faisant sortir des devises du pays au prétexte de l’activité culturelle et de l’invitation d’artistes étrangers.
D’autres encore estiment que certaines personnalités artistiques, notamment de la chanson arabe et présumées être des stars dans leurs pays, au Moyen-Orient particulièrement, ne présentent aucune valeur artistique et encore économique. «En dépit de leur cachet faramineux en devises, des chanteuses et des chanteurs invités en Algérie se sont révélés des flops alors que nous avons besoin d’argent pour des idées plus intéressantes pour la culture», a témoigné un connaisseur du secteur. Entre telles ou telles lectures, il est clair que le ministre de la Culture devrait apporter davantage d’explication aux déclarations qu’il a tenues sur la chaîne Ennahar.