En visite officielle à Béjaïa, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Mohamed Aïssa, a procédé, hier, à l’ouverture des travaux de la Conférence nationale des cadres de son secteur, tenue à l’hôtel
Cristal 2. Lors de son discours d’ouverture, Mohamed Aïssa a averti qu’« il faut impérativement soustraire nos mosquées aux discours religieux extrémistes ».

Sur sa lancée, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs a annoncé à l’assistance que « les autorisations accordées auparavant aux imams bénévoles pour officier dans les mosquées, notamment pour mener les prières de Tarawih, pendant le mois sacré et l’enseignement du Coran, sont annulées ».
Selon lui, les autorisations seront renouvelées sur la base de « nouveaux critères plus rigoureux pour que nos mosquées ne soient plus exploitées à des fins politiques ».
Il considère, à ce titre, qu’« il s’agit là d’une ligne rouge à ne plus franchir ». Pour M. Aïssa, les mosquées ne doivent plus être utilisées pour « enrôler nos jeunes dans des mouvements religieux extrémistes dictés de l’extérieur contre notre pays ».
A cet effet, il tient à réitérer son appel à l’égard de son auditoire religieux, en les exhortant à « unifier les méthodes et programmes d’enseignement coranique, en conformité avec le référent religieux national basé sur la modération, la tolérance et le juste milieu et de voir comment accompagner les mosquées dans cette mission ». Et d’ajouter que « la famille des mosquées s’est beaucoup sacrifiée pour notre pays ». L’orateur estimera, par ailleurs, que « la pratique de l’Islam est au quotidien et non seulement pendant le mois de Ramadhan pour donner des leçons de récitation ou apprendre le Coran ainsi que la distribution des couffins».
M. Aïssa, qui se félicite que « le pays est fier de son rite religieux », invite les participants de cette rencontre nationale à sortir avec des recommandations visant la concrétisation de cet objectif.
Le ministre, hôte de Béjaïa, n’a pas manqué de porter à la connaissance de son assistance la signature de deux décrets par le gouvernement sur les biens des Waqfs restés en jachère. « Les terres agricoles seront mises à la disposition des agriculteurs pour les exploiter afin d’assurer notre sécurité alimentaire. Les autres, aux hommes d’affaires qui veulent investir pour créer des richesses nationales et des emplois », a-t-il indiqué, tout en précisant que le Fonds international leur a donné son accord pour les accompagner dans la création de cette dynamique. « Maintenant, les textes existent, il ne reste que la volonté et la conviction », a-t-il soutenu. Enfin, le représentant du gouvernement a tenu à rendre hommage à l’ANP et aux forces de sécurité qui «veillent sur la sécurité nationale». « Notre religion est aux côtés de l’ANP, des penseurs, des hommes de culture et des élites intellectuelles pour protéger notre pays du danger qui la vise de l’extérieur », conclut-il.