Synthèse Salim Benour
Il y a « suffisamment de révolutionnaires à Cuba pour faire face à tout type de manifestation », a averti dimanche 24 octobre le président Miguel Diaz-Canel, face au défi lancé par des groupes d’opposition d’organiser le 15 novembre une marche que le gouvernement a déjà interdite. « Il y a suffisamment de révolutionnaires pour faire face à tout type de manifestation qui cherche à détruire la révolution, dans le respect et la défense de la constitution, mais aussi avec énergie et courage », a déclaré le dirigeant et premier secrétaire du Parti communiste de Cuba, en clôturant une réunion plénière du Comité central de 114 membres.
« Que les impérialistes sachent qu’ils vont devoir se battre avec un peuple qui n’est pas dupe, un peuple assez nombreux, assez courageux et héroïque pour se battre, qui n’a pas peur des menaces », a ajouté Diaz-Canel. Son prédécesseur Raul Castro, qui depuis sa retraite en avril apparaît occasionnellement en public, a assisté à la réunion. Le groupe de réflexion politique dissident Archipiélago, qui a appelé à une marche le 15 novembre à La Havane et dans sept provinces de l’île, maintient son appel, bien que les autorités aient interdit la manifestation la semaine dernière et aient averti les organisateurs des conséquences pénales s’ils maintiennent leur initiative. Cet appel intervient après les manifestations sans précédent qui ont éclaté les 11 et 12 juillet dans près de 50 villes du pays aux cris de « Liberté » et « Nous avons faim », qui ont fait un mort, des dizaines de blessés et l’arrestation de plus de 1.000 personnes, dont plus de 560 sont toujours en prison. La manifestation de novembre vise à obtenir un « changement » et la libération des prisonniers politiques, selon les organisateurs. Le gouvernement cubain considère que les protestations font partie d’une stratégie soutenue par Washington visant à changer le régime.
Les responsables américains ont critiqué à plusieurs reprises La Havane pour avoir interdit la marche du 15 novembre et pour les personnes arrêtées à la suite des manifestations de juillet. Cuba traverse une profonde crise économique avec de graves pénuries de nourriture et de médicaments, exacerbée par une baisse du tourisme due au covid-19 et au renforcement des sanctions imposées par Donald Trump pendant son mandat, que son successeur Joe Biden a maintenu. n