Le programme de coopération de Cuba dans le domaine de la santé semble déranger au plus haut degré les Etats-Unis, qui semblent multiplier les initiatives de dénigrement auprès des pays, notamment en Afrique, où il est synonyme de succès.

Dans une déclaration, le 29 août dernier, le ministère cubain des Relations extérieures «dénonce et condamne énergiquement la récente agression du gouvernement des États-Unis d’Amérique contre Cuba, dans le cadre d’un programme de l’USAID visant à financer des actions et la recherche d’informations, pour discréditer et miner la coopération internationale fournie par Cuba en matière de santé dans des dizaines de pays et au profit de millions de personnes».
Pour la diplomatie cubaine, ces actions s’ajoutent aux pressions exercées sur divers gouvernements pour entraver la coopération cubaine et aux efforts précédents entrepris dans le même but, comme le programme spécial «Parole» visant à encourager le vol de main-d’œuvre qualifiée formée à Cuba.
Au centre de cette «calomnie immorale», explique le ministère, figure «l’allégation sans fondement selon laquelle Cuba se livrerait à la traite des êtres humains ou à la pratique de l’esclavage».
«L’on tente ainsi, ajoute la même source, de dénigrer le travail méritoire fourni volontairement par des centaines de milliers de professionnels et techniciens sanitaires cubains dans divers pays, notamment du Tiers Monde tout au long de l’Histoire.»
Le département de Bruno Rodriguez, ministre cubain des Relations extérieures, dénonce «une insulte aux programmes de coopération bilatérale et intergouvernementale, tous légitimement établis entre le gouvernement cubain et les gouvernements de dizaines de pays, conformément aux directives des Nations unies sur la coopération Sud-Sud et répondant aux exigences sanitaires que ces gouvernements ont eux-mêmes définies souverainement».

Bolsonaro aussi…
Il s’élève contre une atteinte à un effort de solidarité qui a reçu la reconnaissance de la communauté internationale et l’éloge spécifique des plus hauts dirigeants des Nations unies, de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Organisation panaméricaine de la santé. Il dénonce une «dérive morale» du gouvernement des États-Unis qui mène une campagne avec des millions de dollars de fonds et la complicité de plusieurs grands médias.
Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à s’attaquer à la coopération cubaine dans le domaine de la santé. Le président brésilien ne cesse de critiquer le programme cubain d’échange international de santé.
Pour Jair Bolsonaro, qui s’est exprimé sur le sujet le 19 août dernier, cette coopération médicale était une «tromperie», qui a permis au «dictateur cubain de recevoir quelque 250 millions de dollars par an du Brésil pour le travail de 10 000 professionnels de santé qui vivaient dans des conditions semblables à l’esclavage». Depuis 2013, des milliers de médecins cubains participaient à un programme lancé par l’ex-présidente Dilma Rousseff, en couvrant notamment des zones reculées du géant sud-américain. Ce programme a été interrompu depuis novembre 2018.
Au début du mois d’août dernier, le président Miguel Diaz Canel le fait que les Etats-Unis aient dégagé une enveloppe de 3 millions de dollars pour enquêter et analyser des informations sur les missions médicales cubaines à l’étranger.
En effet, l’agence nord-américaine pour le développement international (USAID) offre une bourse d’études pour la «promotion des droits de l’Homme à Cuba». Mais pour Miguel Diaz Canel, cela est vu comme une persécution envers «Cuba qui aide à sauver des vies dans le monde, c’est de la méchanceté et de l’arrogance impériale.»