Le bilan macabre des victimes de la grosse crue de l’oued Meknassa à Chlef, survenue le 6 mars, s’est alourdi hier. En effet, le cadavre d’une fillette de 11 ans a été découvert par des éléments de la Protection civile. Ce sont donc à ce jour 10 victimes de cette crue dont 5 adultes – 3 hommes et 3 femmes – et 5 enfants âgés entre 5 et 12 ans, qui étaient à bord de véhicules et pris au piège par la furie de l’oued provoquée par de fortes pluies torrentielles qui se sont abattues à l’ouest de la wilaya de Chlef. A propos de cette dixième victime, la Protection civile précise dans un communiqué qu’elle a été retrouvée à la rencontre de l’oued Meknassa et de l’oued Chlef, plus exactement à 4 kilomètres plus loin de l’endroit où la voiture a été emportée par la crue.
Pour rappel, le bilan faisait état, dimanche dernier, de 7 victimes. Il faut savoir que l’oued Meknassa, qui est sorti de son lit provoquant des inondations de zones habitables dans la commune de Ouled Abdelkader, sur une longue distance des rives, a obligé la Protection civile à dépêcher sur place 300 agents avec pour mission principale de passer au peigne fin toutes les zones inondées.
Il y a lieu de savoir que le pays est confronté aux phénomènes des crues et d’inondations qui sont plus fréquents que les séismes. Ces phénomènes provoquent des catastrophes plus destructrices et occasionnent d’importants dégâts humains et matériels. Les exemples de Bab El Oued (2001), de Sidi Bel Abbès (2006), de Ghardaïa (2008) et El Bayedh (2001) sont là pour nous le rappeler. Mais les crues de Sidi Bel Abbès et celle de Oued Meknassa ont démontré que le risque d’inondation est d’autant plus élevé dès lors, où sur les proches rives de nos oueds sont érigées des habitations dont les résidents ne sont pas conscients que la crue de l’oued pourrait les emporter. Cet état des lieux résulte de la défaillance des plans locaux d’urbanisme (PLU) qui ont laissé faire au lieu de refuser ou d’accepter à certaines conditions un permis de construire, notamment dans des zones inondables. Autre phénomène qui peut aggraver la force et l’expansion des crues, les lits de nos oueds sont devenus de véritables dépotoirs de toutes sortes de gravats après des travaux des particuliers rendant le lit de l’oued tentaculaire gagnant ainsi de l’espace sur leur rive, de sorte que la moindre crue peut s’avérer fatidique à la population qui a élu domicile sur ses rives.
En somme, les collectivités locales doivent s’atteler à la préservation des zones d’expansion des crues. Autrement dit, en contrôlant assidûment le développement en zone inondable afin de réduire la vulnérabilité des zones proches des lits d’oued.