La présidente du Croissant-Rouge algérien (C-RA) Saïda Benhabylès a de nouveau défendu, hier, les principes d’une Algérie « accueillante » aux migrants et refugiés, en riposte aux critiques et rapports qui critiquent sévèrement la politique migratoire du pays.

Invitée du Forum «d’El Moudjahid»,  Mme Benhabylès a rebondi sur le dernier rapport du rapporteur spécial de l’ONU, Felipe Gonzalez Morales, qui a suscité l’ire des autorités algériennes après avoir appelé Alger «à cesser immédiatement les expulsions collectives de migrants vers le Niger ».
Selon la présidente du C-RA, les rédacteurs des différents rapports stigmatisant l’Algérie sur le sujet de la migration font preuve de mauvaise foi. « Ces gens sont de mauvaise foi.
Les rapports qu’ils publient et les thèses anti-algériennes qu’ils défendent sont infondés», a-t-elle dénoncé, se disant «prête» à affronter le rapporteur onusien et toutes les ONG parce qu’elle possède des «preuves matérielles» quant à la politique humaine et accueillante nationale envers les migrants ». Sur sa lancée, Mme Benhabylès se dira même indignée par le rapporteur onusien qui accuse l’Algérie de « spolier et dépouiller les Subsahariens de leurs biens, alors que des camions sont loués pour transporter leurs bagages». Rappelant les efforts consentis par l’Algérie dans le cadre de la prise en charge des migrants, même lors de leur raccompagnement vers les frontières, la même responsable soulignera que jusqu’en 2017, « le C-RA a offert à chaque Subsaharien reconduit à la frontière un colis de denrées alimentaires de 71 kg, mais cette procédure a été arrêtée lorsque la crise financière s’est accentuée».
La présidente du C-RA estime, en outre, que l’Algérie est un exemple à suivre en matière d’hospitalité envers les migrants et réfugiés. « L’Algérie est le pays le plus prisé par les Subsahariens parce qu’il est le plus stable des pays de la région », fera-elle aussi remarquer, ajoutant que la wilaya frontalière Tamanrasset est celle qui accueille les plus de migrants. « 37% des prestations effectuées par l’hôpital de Tamanrasset vont vers les Subsahariens et ceux qui ne peuvent y être soignés sont évacués par avion vers Alger», a-t-elle précisé. Sur le registre financier « les opérations de rapatriement ont coûté 20 millions d’euros aux caisses de l’Etat », relèvera Mme Benhabylès, précisant qu’entre 2014 et 2018, « 70 000 migrants ont été reconduits aux frontières ». Pour elle, ces attaques et allégations répétitives de différentes ONG « se focalisent sur les Subsahariens qui foulent illégalement le territoire algérien pour servir d’outil de diversion dans le but d’étouffer et faire oublier les réfugiés sahraouis dans les camps de Tindouf, qui y sont depuis plus de quatre décennies », lancera-t-elle.
«J’ai assisté à un congrès sur les réfugiés dans le monde à Genève, tous les peuples et causes ont été évoqués, sauf celles du peuple sahraoui qui revendique son droit à l’autodétermination », ajoutera-t-elle pour étayer ses dires. La présidente du C-RA a, également, profité de sa sortie publique pour annoncer un projet que son organisme compte (re)lancer avec le ministère des Affaires religieuses au profit des sans-domicile-fixe (SDF).
A travers ce projet, le «C-RA compte vider les rues des SDF et sans-abris et leur assurer une cohésion sociale et de la stabilité», a précisé Mme Bnehabilès.
Dans cette perspective, «nous avons entrepris une démarche avec le ministère des Affaires religieuses et des
Waqfs qui, à son tour, a contacté les ministères de la Solidarité nationale et de la Condition féminine, de l’Intérieur et des Collectivités locales et les Scouts musulmans algériens afin de trouver une solution », a-telle précisé. Il s’agira, ajoutera-t-elle, de mettre en place deux commissions. « La première sera chargée d’établir un fichier national des SDF et la seconde se chargera de proposer des solutions pour chaque cas», précisera l’intervenante.n