Le gouvernement revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année, puisqu’il anticipe désormais une forte récession due, entre autres, au choc pandémique qui a fragilisé des pans entiers de l’économie nationale.

Dans son premier rapport sur la relance économique pour 2020-2024, le ministère délégué en charge de la Prospective table sur une « forte récession » en 2020 à la suite de la pandémie du COVID-19 et de ses conséquences économiques, observant que « cette récession serait suivie par une reprise dès 2021 ». Le même rapport explique que le ralentissement net du PIB « trouve ses origines dans les secteurs qui ont été fortement impactés par la crise ». Le secteur de l’Energie qui a commencé l’année avec un déclin grave de son activité, à -13,4% au premier semestre, semble limiter la casse avec une perspective d’une évolution négative limitée à -3,87 % en 2020, lit-on dans le même rapport qui prévoit qu’avec un prix annuel moyen de 40 dollars le baril, les exportations algériennes d’hydrocarbures devraient atteindre les 21,8 milliards de dollars pour la même année. Quant aux secteurs hors hydrocarbures, à savoir le BTP, les services marchands, l’industrie, les projections du gouvernement anticipent une récession moins grave qu’initialement prévue, soit au même niveau que le secteur des hydrocarbures. Le seul secteur enregistrant une croissance positive est celui de l’agriculture avec, au tableau, une évolution de +1,5% en 2020.

Net rebond de l’inflation
Contrairement aux projections contenues dans la loi de finances 2020 et dans le budget révisé de la mi-2020, l’inflation devrait connaitre un net rebond cette année après plusieurs mois d’accalmie, aidée par les opérations de désinflation menées par la banque centrale. L’inflation devrait finir l’année à 3,19%, soit en hausse de 1,63 point de pourcentage, tout en gardant la même tendance haussière durant les années 2021,2022 et 2023 où elle pourrait atteindre en moyenne 4,59%. Cette tension est liée en partie à la dévaluation du dinar ainsi qu’aux restrictions des importations prévue sur la même période. L’hypothèse que l’épidémie devrait s’estomper dès le début de 2021 signifie que l’activité économique retrouvera peu à peu son rythme avec, au compteur, des performances prévues dès le 1er trimestre de cette année ; la croissance du PIB passera de 3.98% en 2021 à 4.30% en 2022 avant de se maintenir à une moyenne de 3.84% entre 2023-2025. Le secteur des hydrocarbures pourrait atteindre des taux de croissance record de 10,6 % en 2021, 8% en 2022 et d’une moyenne de 3.28% durant le reste de la période (2023-2025).

Les dépenses sur une trajectoire haussière
Le département de la prospective s’attend à ce que les choix du gouvernement pour développer le secteur de l’industrie se traduisent cette année par une croissance de 5,9% en 2021, ajoutant que la politique volontariste en la matière pourrait permettre une hausse de production de l’ordre de 7,10 % en 2022 et elle serait maintenue autour de 7% durant le reste de la période (2023-2025). L’Agriculture continuera sur sa trajectoire positive avec, au compteur, une évolution de +3,45% cette année et de 5% durant les années 2022-2025. Le BTPH devrait rompre dès cette année avec l’évolution négative de 2020 (-3,87 %) et inverser la tendance dès cette année grâce à une croissance de 4,54% au cours de la période 2021-2025. Le rapport se veut tout aussi optimiste sur l’évolution des déficit, prévoyant un retour aux excédents de la balance commerciale à compter de 2023. Quant au déficit du solde budgétaire, sa résorption reste possible, d’après le gouvernement, et ce, grâce à la poursuite de la maitrise de la dépense publique et de l’amélioration progressive des recettes fiscales. Le déficit du solde budgétaire en pourcentage devait s’établir à du PIB de -12,6% en 2020 avant de baisser à -10,8% en 2025. Les recettes budgétaires évolueront à un rythme moyen croissant de 6% durant les trois prochaines années. Le rapport indique également que les recettes fiscales constitueront la principale ressource avec une contribution moyenne de 50% au cours de 2021-2025, précisant qu’elles afficheront une croissance moyenne pour la même période de l’ordre de 7%. Au chapitre des dépenses, celles-ci évolueraient au même rythme que les recettes, soit autour de 5% contre une évolution des recettes pour la même période de 4%. Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement passeront de -3% en 2020 à 12% en 2021. Au-delà de 2021, au cours des années consécutifs 2022-2025 les dépenses de fonctionnement reculeront de 7 points de pourcentages en moyenne, note le même rapport. La diversification des ressources se fera par un recours au marché financier, le partenariat public-privé et les banques de développement.