PAR INES DALI
L’économie algérienne se porte mieux que prévu. Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour l’Algérie dans son dernier rapport, comparativement à celles du printemps dernier. En 2022, l’économie algérienne devrait connaître une croissance de 4,7%, a indiqué le FMI dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales, publié à l’occasion de la tenue des Assemblées annuelles conjointes avec la Banque mondiale (BM).
Le nouveau taux prévu représente presque le double des précédentes prévisions du FMI qui tablait sur une croissance de 2,4% dans son rapport d’avril. Pour l’année 2023, le Produit intérieur brut (PIB) réel algérien devrait enregistrer une croissance de 2,6%, selon les nouvelles projections de l’institution de Bretton Woods. Le solde des transactions courantes de l’Algérie devrait repasser à la zone positive pour s’établir à 6,2% du PIB (contre 2,9% anticipé en avril) et 0,6% du PIB en 2023. Le solde des transactions courantes représentait -2,8% du PIB en 2021, selon le même rapport.
La publication du rapport du FMI coïncide avec les affirmations du ministre des Finances, Brahim Djamel Kassali, à Washington où il assiste aux assemblées annuelles du FMI et de la BM (du 12 au 17 octobre). Il a confirmé «l’évolution positive de plusieurs indicateurs économiques de l’Algérie» avec un retour de la «courbe de croissance sur sa trajectoire ascendante», en dépit des répercussions de la période difficile de la crise sanitaire et des bouleversements géostratégiques ayant conduit à la perturbation des chaînes d’approvisionnement et à l’inflation. Le ministre des Finances a fait cette déclaration lors de son entretien avec le président du groupe de la BM, Davis Malpass, en marge des travaux du FMI et de la BM, selon un communiqué du ministère.
«Le gouvernement algérien s’est engagé à consolider et accroître le pouvoir d’achat des citoyens et contenir l’inflation dans des proportions raisonnables», a assuré le ministre, qui a souligné, concernant la crise énergétique mondiale, que «l’Algérie a toujours été un partenaire et fournisseur fiable d’énergie», précisant que des efforts ont été déployés récemment en vue d’augmenter les capacités de production et d’exportation afin de «contribuer à atténuer l’impact de la crise énergétique dans le monde». De son côté, le président du groupe de la BM a fait part de son appréciation quant à «la résilience de l’économie algérienne face aux chocs externes», réitérant la disponibilité de la BM à accompagner l’Algérie dans ses efforts de développement et de diversification économique, selon la même source.
En outre, les représentants de la BM ont exprimé leur satisfaction quant à «la qualité de la relation de coopération avec l’Algérie», et réitéré «la volonté des institutions du groupe à apporter l’appui nécessaire à l’Algérie dans ses efforts de réformes et de modernisation économique».
M. Kassali a, également, rencontré le directeur du Département Moyen-Orient et Asie Centrale au FMI, Jihad Azour, avec lequel il a échangé sur les évolutions récentes de la situation économique en Algérie sur «les actions d’assistance technique apportée par le FMI, notamment en matière de modernisation de la gestion des finances publiques».
L’état et les perspectives de coopération entre l’Algérie et les institutions internationales ont été passés en revue avec d’autres responsables, dont le président de la Banque africaine d’export-import (Afreximbank), Benedict Oramah, ainsi qu’avec la présidente de Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Odile Renaud-Basso, deux institutions auxquelles l’Algérie a adhéré récemment. Le ministre a invité les deux banques à mettre leur savoir-faire au service de l’Algérie pour l’accompagner dans le processus de diversification de son économie et l’appuyer dans ses efforts de promotion des exportations hors hydrocarbures et de renforcement du secteur privé, notamment les PME», rapporte le ministère des Finances. Les responsables des deux institutions ont affiché leur pleine volonté à consolider les liens de coopération avec l’Algérie en apportant leur appui et expertise dans les domaines dans lesquels elles disposent d’avantages comparatifs avérés», est-il indiqué. <