Après l’élection d’un président de la République et les retombées de cet événement sur la situation du pays, la Banque mondiale verse une dose d’optimisme dans ses prévisions de croissance de l’économie algérienne pour 2020 et 2021. Tablant sur
« une atténuation de l’incertitude politique », qui prévalait avant le scrutin du 12 décembre dernier, la BM s’attend à une reprise des investissements dans notre pays et, partant, y prévoit de meilleures performances de l’économie que celles qu’elle avait annoncées préalablement.
« La croissance de l’Algérie devrait connaître une reprise modeste, alors que l’incertitude politique s’atténue et l’investissement s’améliore », indique-t-elle en ce sens dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales. Le taux de cette croissance sera de 1,9% pour 2020, selon la projection de l’institution de Bretton Woods, soit un relèvement de 0,2% par rapport au 1,7 anticipé dans son précédent rapport établi en juin 2019. L’économie algérienne marquera plus de points en 2021, selon les prévisions de la BM, soit un taux de croissance de 2,2%, alors qu’en juin dernier, elle s’était limitée à un taux de 1,4%.
La révision opérée par la Banque mondiale évolue plutôt dans un sens inverse pour l’année 2019. Elle chiffre le taux de croissance à tout juste de 1,3% contre 1,9% projeté en juin, soit une baisse de -0,6 point. Des indices qui confirment la morosité qui s’est emparée de notre économie dans une année marquée par une crise politique et une léthargie en matière d’investissements et de consommation. Pour rappel, la loi de finances 2020 prévoit une croissance de 1,8%, qui devrait s’améliorer en 2021 et 2022 avec une reprise de +3% sous l’effet de la croissance de la valeur ajoutée réelle du secteur des hydrocarbures de +4,3% en 2021 et +3,7% en 2022.
Après avoir prévu, en juin dernier, un retour rapide de l’Algérie à l’ajustement budgétaire, suite à la politique expansionniste prônée auparavant pour doper la croissance économique dans un contexte de baisse des recettes pétrolières, la BM avait précisé que ce rééquilibrage budgétaire devrait être suivi d’un léger ralentissement des secteurs hors hydrocarbures sur l’année 2019, neutralisant ainsi une légère augmentation de la production d’hydrocarbures.
L’Institution avait en outre rappelé que le véritable frein à la croissance de l’économie algérienne réside dans sa dépendance excessive des prix du pétrole. « Le principal défi pour l’économie algérienne est de renforcer sa résilience à la volatilité des prix des hydrocarbures, à la fois en atténuant l’impact de cette volatilité sur le budget et en diversifiant les sources de croissance », avait conclu la BM dans le même bulletin en recommandant d’engager d’ambitieuses réformes.
Concernant la région Mena, les nouvelles estimations de la BM évoquent un ralentissement de 0,1% en 2019. A l’origine de ce ralentissement, la forte décélération observée en Iran, à la suite du durcissement des sanctions américaines et des tensions géopolitiques dans le détroit d’Ormuz, explique la même source. « L’affaiblissement de la croissance mondiale a réduit la demande de pétrole et d’autres exportations, entravant ainsi davantage encore l’activité à l’échelle régionale », précise la BM. Quant à la croissance mondiale, elle atteindra 2,5% en 2020 contre 2,4% l’année dernière, prévoit la Banque mondiale, soit une légère augmentation prévoit la Banque mondiale, mettant en avant l’émergence et le développement d’une « poignée » d’économie.
Elle prévient néanmoins sur les risques qu’entretient le regain des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine qui effacerait le modeste progrès et pourrait s’étendre rapidement au-delà des deux premières puissances économiques.
Et quoique supérieure à 2019, la croissance sera bien inférieure à celle enregistrée en 2017 (+3,2%) avant le déclenchement de la guerre commerciale sino-américaine et à celle de 2018 quand elle était encore de 3%.
Par ailleurs, la Banque mondiale table sur une croissance de 1,4% pour l’ensemble des économies avancées contre 1,6% en 2019. Les Etats-Unis n’échapperont pas au ralentissement avec une expansion estimée à 1,8% contre 2,3% en 2019. Ce niveau reste toutefois solide, largement tiré par la consommation des ménages. Pour l’Union européenne, la Banque mondiale anticipe seulement 1% de croissance (contre 1,1% en 2019) plombée notamment par l’économie allemande et le Bexit.