Le groupe bancaire français Crédit Agricole anticipe une forte contraction du PIB algérien en 2020, à -8,0, avant que celui-ci se redresse dès l’année prochaine. Dans ses «Perspectives économiques mondiales» pour la période 2020-2022, publiées hier, Crédit agricole prévoit un retour de la croissance en Algérie dès 2021 avec au tableau une évolution positive du PIB de 2,9% et de 2,0% en 2022.
La récession de cette année se révèle ainsi plus sévère qu’initialement anticipée par les institutions de Bretton Woods ; le FMI prévoyant, en octobre, une récession de -5,5% en Algérie, alors que son institution jumelle s’attendait à ce que le PIB de l’Algérie se contracte de 6,5% cette année. Crédit Agricole se veut ainsi bien plus pessimiste sur l’évolution du PIB algérien cette année que les institutions multilatérales internationales qui, dans leurs prévisions révisées d’octobre dernier, anticipaient une récession plutôt modérée. Et pendant que le groupe bancaire français s’attendait à ce que la croissance reste limitée à 2,9% en 2021, le FMI s’attend à ce que celle-ci grimpe à 3,2% durant la même année. Quant à la Banque mondiale, cette reprise attendue en 2021 et 2022 est conditionnée, selon l’institution, par la «remontée partielle de la demande, de la production et des exportations d’hydrocarbures, et si un ensemble de réformes structurelles propres à rétablir la confiance et à encourager les investissements privés sont mises en œuvre». La note de conjoncture de l’Office national des statistiques (ONS) pour le premier trimestre de cette année avait donné un avant-goût d’un exercice chaotique pour l’activité économique. L’ONS avait annoncé une chute de 3,9% du PIB durant les trois premiers mois de l’année, alors que la crise pandémique ne s’est pas encore totalement installée dans le pays. L’activité du secteur des hydrocarbures a chuté de 13,4% durant la même période, signant ainsi le ralentissement le plus spectaculaire de ces 20 dernières années. Au chapitre des déficits ; ceux-ci s’annonçaient en hausse cette année, eu égard aux projections contenues dans la loi de finances complémentaire 2020, Crédit Agricole prévoit que le compte courant de l’Algérie clôture l’actuel exercice avec un solde négatif de 13% du PIB.
Le déficit du compte courant devrait entamer une tendance à la baisse dès l’année prochaine avec, au tableau, un solde négatif de 11% du PIB en 2021 et 7% en 2022. Dans la loi de finances complémentaire 2020, le gouvernement anticipait le creusement du déficit global de la balance des paiements qui, selon les projections, devrait enregistrer un solde négatif de -18,8 milliards de dollars cette année, contre 8,5 milliards de dollars dans la loi de finances préliminaire, alors que le déficit budgétaire augmenterait à 2.954,9 milliards de dinars, soit -15,5% du PIB (contre -2.435,6 milliards de dinars et 11,4% dans la loi préliminaire). En octobre, le Fonds monétaire international annonçait un déficit de 10,8% du PIB du compte courant en 2020. Ce déficit devrait s’aggraver l’année prochaine contrairement aux projections de Crédit Agricole en s’établissant à 16,6% du PIB en 2021. La hausse du déficit du compte courant, et plus globalement celui de balance des paiements, devrait se traduire par une érosion des réserves de change du pays sur la période 2020-2021. La Banque mondiale s’attend, en revanche, à l’évaporation des réserves de change dès la fin de 2021, prévoyant un solde de 24 milliards de dollars à fin 2020, ce qui pourrait couvrir à peine les importations du prochain exercice. Le groupe bancaire français confirme dans ses perspectives le retour des tensions inflationnistes avec, au tableau, une prévision de 2,4% cette année, 3,8% l’an prochain et 5% en 2022. Les chiffres officiels ont annoncé une inflation de 2,3% en glissement annuel en novembre contre 2,2% en octobre.