La marque Seat a été désignée par le groupe Volkswagen pour piloter la croissance du groupe en Afrique du Nord, indique le constructeur espagnol dans un communiqué, soulignant que cette région jouit d’une position clé de la stratégie de mondialisation de la marque.

Dans cette perspective, c’est à partir de l’usine Sovac Production de Relizane, fruit d’un partenariat entre le groupe Sovac et le groupe allemand, que sera déployé ce projet, précise la même source. Ce choix intervient après «le succès remporté en Algérie avec l’usine d’assemblage de Relizane, qui fonctionne actuellement à pleine capacité», explique le président de Seat, Luca de Meo. «Diriger la stratégie du Groupe dans un marché émergent tel que l’Afrique du Nord est une grande responsabilité et nous sommes pleinement engagés à y parvenir», estime-t-il. Bien avant son inauguration, en juillet 2017, l’usine algérienne de Volkswagen a été, justement, gérée sous la houlette de Seat. «Seat a mené ce projet depuis le début et maintenant sa responsabilité s’est étendue à toute la région», fait-on remarquer. Se réjouissant que le déploiement de ce site ait entraîné «une forte augmentation» des ventes de Seat cette année en Algérie, grâce à l’assemblage de la nouvelle génération d’Ibiza, arrivée en début 2018 pour remplacer la précédente génération de cette citadine, prisée par les Algériens, avant d’être rejointe par le SUV Arona, lancé il y a à peine quelques jours, en attendant l’arrivée de la compact Leon, prévue avant la fin de l’année. En plus de ces trois modèles, la même usine assemble, depuis 2017, les VW Golf et Caddy, fraîchement rejoints par la Polo, ainsi que la Skoda Octavia.

En fait, si le marché algérien joue un rôle essentiel dans la stratégie de développement de Seat en Afrique du Nord, c’est parce qu’il est positionné comme le plus volumineux à l’échelle mondiale en 2018, avec l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et la France. En chiffres, les ventes de cette marque ont atteint 10 700 unités écoulées pour les cinq premiers mois de l’année en cours, soit la 4e place au classement mondial de Seat. Notons que le communiqué de Seat est rendu public alors que la commission des finances et du budget de l’APN a décidé, mercredi dernier, d’amender l’article 6 du projet de la loi de finances complémentaire 2018, portant suppression de l’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée, dont bénéficient les kits SKD et CKD servant à l’assemblage automobile en Algérie. D’où la question qui peut se poser de savoir si la démarche du constructeur espagnol ne serait pas un clin d’œil aux députés à la veille du vote sur l’amendement décidé par la commission présidée par Toufik Torchi, prévu demain lundi. Ce dernier a, faut-il le rappeler, déjà rejeté certaines analyses faisant état de «pressions» exercées sur la commission par les fabricants de véhicules en Algérie. «Nous n’avons subi aucune pression», a-t-il affirmé, en soulignant que la TVA ne dérange pas les producteurs puisqu’ils la récupèrent auprès des acheteurs. La taxe sur la valeur ajoutée étant un impôt indirect sur la consommation, sa charge est supportée par l’acheteur final sur les biens consommés, a rappelé M. Torchi. <