Le Forum économique des instituts des sciences économiques (Femise) vient de publier un rapport fouillé sur la croissance, le chômage et la pauvreté, entre autres, dans les pays méditerranéens depuis le lancement du Processus de Barcelone en 1995.

Comment ont évolué les pays méditerranéens depuis le lancement de ce Processus? Pourquoi la croissance a-t-elle été en deçà des attentes ? Quel rôle peuvent jouer les Banques centrales pour rendre le secteur privé plus dynamique et attirer davantage d’investissements étrangers ? Autant de questions que se sont posés les concepteurs de ce rapport. Selon ce document, l’Algérie a connu des hauts et des bas au cours de cette période, obtenant des notes relativement moyennes en matière de croissance, de chômage et de pauvreté. Faisant le point sur la dynamique économique des pays méditerranéens depuis le début du Processus de Barcelone, les rédacteurs du rapport soulignent qu’au cours de ces 20 dernières années (1995- 2017), le taux de croissance dans la région a été, en moyenne, de 4,1% par an contre 5,1% pour l’ensemble des pays à revenu comparable et 7,9% pour les pays d’Asie de l’Est. Il a oscillé entre 5,1% pour la Jordanie et 3,5% pour l’Algérie. Ces taux de croissance de la région, que certains économistes considèrent comme soutenus, sont, du point de vue du Femise, loin d’être suffisants. Comme on peut le constater, l’Algérie a dégagé une croissance tout juste moyenne, bien qu’elle ait eu la main lourde sur les dépenses publiques pendant la majeure partie de cette période. Le pays dépensait sans compter par la grâce du pétrole. Mais, les résultats n’étaient pas au rendez-vous. Le rapport a, par ailleurs, mis en perspective le taux de chômage des diplômés (c’est-à-dire des personnes ayant suivi une formation dans le supérieur) pour l’année disponible la plus récente propre à chaque pays et précisée dans le document, avec le taux de chômage global pour cette même année. Avec une moyenne régionale de 29%, les experts de Femise constatent que le taux de chômage des diplômés représente « plus du double » de celui de l’ensemble de la population. Ce taux de chômage des diplômés s’élève à 48% en Palestine, 42% en Tunisie, 41,2% au Maroc, 35,4% en Algérie, 30,8% en Egypte, 18% en Turquie et 11,4% au Liban. Même si l’économie algérienne, à la faveur de la reprise due au redressement des cours du pétrole, sur une longue période, a créé de l’emploi, le taux de chômage reste ainsi élevé et touche particulièrement les jeunes diplômés.
Ainsi, la reprise de l’activité économique n’a pas été accompagnée par une croissance rapide de l’emploi des jeunes issus du supérieur. Toutefois, le taux de chômage des jeunes a, de manière globale, reculé significativement en Algérie (-27 points de pourcentage), selon le rapport en question. Mais, la lutte contre le chômage est loin d’être gagnée. Avec le ralentissement de l’économie et la crise politique que connaît le pays aujourd’hui, le chômage risque d’augmenter. Au chapitre pauvreté, le rapport de Femise relève que, quel que soit le niveau des seuils internationaux, la proportion de pauvres a diminué pour chacun des pays méditerranéens. Cette réduction de la pauvreté a été significative en Tunisie, au Maroc et en Algérie, où, mesurée au seuil de 3,20 dollars par jour, elle est passée respectivement de 30,1% en 1995 à 9,1% en 2010, de 28,2% en 1998 à 17% en 2006, et de 24,1% en 1995 à 3,9% en 2011.