Le conflit entre les travailleurs et la Direction de Numilog, filiale du groupe Cevital, a connu hier une évolution à travers l’action de protestation organisée devant le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale à Alger, alors que le mouvement était géographiquement limité à la wilaya de Béjaïa.
Cette action, qui visait à dénoncer notamment le licenciement abusif des travailleurs de Numilog, a été marquée par des arrestations de manifestants et de soutiens fidèles, dont les militants du Parti socialiste des travailleurs (PST), Kamel Aïssat et Samir Larabi, libérés vers 16 heures.
Vraisemblablement, l’action avait, également, côté travailleurs l’objectif de rappeler que «le licenciement de 196 employés par la Direction est loin d’être un dossier clos», soulignent des manifestants, qui mettent en avant «l’exigence» de passer à l’application des décisions de la justice en leur faveur mais qui restent noir sur blanc.
L’action d’hier vient après une série de protestations, que ce soit devant le siège de l’entreprise ou dans les rues de Béjaïa. «Nous tenons, à travers cette action dans la capitale, à interpeller le ministère du secteur pour «appliquer les lois garantissant le droit syndical et la réintégration des travailleurs licenciés abusivement», confie un travailleur de Numilog.
Sur les pancartes des manifestants, on peut lire « non à la violation des libertés syndicales», «la création des syndicats est un droit légitime des travailleurs», «où es-tu Justice, Rebrab fait ce qu’il veut», ou encore «Rebrab au-dessus de la loi, qui protège les travailleurs ?»
Dans ce contexte, il est essentiel de rappeler que le groupe Cevital refuse jusqu’à maintenant d’appliquer les décisions de justice en faveur des travailleurs et exige de quitter le syndicat, récemment créé, et demande le pardon avant toute réintégration. Sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs (PST) a réagi contre la répression qu’ont subi les militants qui ont manifesté pacifiquement dans le but d’obtenir leurs droits. «Halte à la répression», a dit Mahmoud Rechidi.
Pour sa part, le Parti des travailleurs (PT) a, dans un communiqué, apporté son soutien et exprimé sa solidarité avec les manifestants. «Aujourd’hui, mercredi 25 novembre 2020, des travailleurs de Numilog, des syndicalistes et des membres de collectifs de soutien à leur cause, venus de Béjaïa pour tenir un sit-in devant le ministère du Travail, ont été réprimés et certain d’entre deux arrêtés», constate la formation de Louisa Hanoune. «Ces travailleurs en détresse sont venus manifester pacifiquement et s’adresser à l’Etat, censé les protéger contre les injustices, le piétinement de leurs droits fondamentaux», souligne le PT, pour qui «la répression qui vient de frapper ces travailleurs et des militants est inadmissible et inacceptable».
Pour le PT, «les travailleurs, les syndicalistes et les collectifs de soutien des travailleurs qui ont organisé ou participé en solidarité à ce rassemblement pacifique, sans casse et sans violence, n’ont commis aucun délit ni aucun crime», renouvelant son appui et son exigence «pour la réintégration des travailleurs licenciés et au respect au droit à l’organisation syndicale». <