Par Arezki Ighemat, Ph. D in economics
Master of Francophone Literature (Purdue University, USA)
“With a fast-moving pandemic, no one is safe, unless everyone is safe” (COVAX, WHO, 2021)
“Above all, at the root of the pandemic is a deficit of solidarity and sharing of the data, information, resources, technology, and tools that every nation needs to keep its people safe” (WHO, Director-General, Opening Remarks, G7 Summit, June 12, 2021).
“The ultimate measure of a man is not where he stands in moments of comfort and convenience, but where he stands at times of challenge and controversy” (Martin Luther King, Jr.)

Introduction 

200 672 647 personnes ont été testées positives à la Covid-19 et 4 265 820 en sont mortes dans le monde, selon Waldometers.info, à ce jour. En Algérie, 176 724 personnes ont contracté le virus et 4 404 ont sont décédées (même source).

Ces chiffres ne cessent d’augmenter jour après jour et semblent être devenus de simples statistiques banalisées à mesure que passe le temps. Ces chiffres, en effet, ne reflètent pas la douleur que ressentent les familles de ceux qui ont été hospitalisés ou ont décédé des suites de la Covid-19. La question est alors la suivante : allons-nous attendre que la quasi-totalité de la population ait été décimée par ce virus pour prendre la mesure des effets catastrophiques de la pandémie ou allons-nous, au contraire, nous dresser comme un seul homme pour dire « Enough is enough » : le moment est venu d’agir ? Nous ne disons pas, bien sûr, que rien n’a été fait au niveau de chaque individu, de chaque pays et au niveau mondial pour lutter contre ce fléau ravageur. Ce que nous disons, simplement, c’est que ce n’est pas assez et qu’il faut un véritable Plan Marshall pour empêcher le virus et ses variants d’empêcher les gens de s’adonner aux activités qu’ils avaient l’habitude de pratiquer avant la pandémie. En effet, vivre constamment confiné chez soi, ne pas pouvoir aller faire son marché ou célébrer les évènements familiaux heureux ou malheureux — même assister aux funérailles d’un membre de la famille est devenu impossible — ne peut pas devenir « the new normal ». Il est donc nécessaire — voire existentiel — que tous les pays (dirigeants et populations) se soulèvent et déclarent la « guerre » contre cet ennemi invisible qui semble durer dans le temps et qui semble même se renouveler comme en témoignent les nouveaux variants, notamment Delta. Car c’est la seule « guerre » qui en vaille la peine. Cette guerre doit être, bien entendu, menée aussi bien au niveau national qu’au niveau international. Que doit faire chaque individu, chaque groupe social, chaque pays et que doit faire la communauté internationale dans son ensemble pour mener à bien cette guerre ? C’est à cette question que nous allons tenter de répondre dans cet article. Nous terminerons par quelques mots sur la prophylaxie à adopter pour éviter que d’autres pandémies se produisent dans le futur et reproduisent le scénario catastrophe actuel.

Que doit-on faire au niveau national ?

 Nous savons qu’il y a des pays qui sont plus ou moins affectés par la pandémie. Comme pour beaucoup de fléaux — crise économique, instabilité politique, catastrophe climatique et, bien sûr, la pandémie — qui touchent la planète, les pays du Sud (Afrique, Amérique Latine, Asie du Sud, Europe du Sud) sont les plus menacés. En effet, ces pays ressentent les effets de la Covid-19 plus que les pays développés du Nord pour plusieurs raisons : leur système de santé est lui-même sous-développé et les moyens dont ils disposent pour lutter contre la pandémie et ses effets sur leur économie et leur société sont insuffisants et/ou inadaptés, qu’il s’agisse de leurs installations de santé, de leurs équipements médicaux, de leur personnel soignant, etc. Les pays du Sud, au même titre que les pays du Nord, et même davantage, doivent donc mobiliser toutes leurs ressources pour affronter ce virus et ses effets multiformes. Cette mobilisation doit se faire à un double niveau : au niveau des autorités politiques et sanitaires et au niveau des citoyens (individus et organisations économiques, sociales et culturelles).

Au niveau des autorités politiques et sanitaires nationales d’abord. A très court terme, les gouvernements nationaux et les pouvoirs locaux doivent accélérer le rythme et le taux de vaccination de leurs populations. Ils doivent acquérir les quantités suffisantes de vaccins pour vacciner assez de personnes et réaliser l’objectif de l’immunité collective requise pour l’éradication du virus. Ils doivent aussi avoir une politique de distribution efficiente tenant compte des âges et des conditions de santé de leurs populations, notamment les populations à risque telles que les personnes âgées, celles qui ont des conditions médicales préexistantes, le personnel de la santé, les éducateurs, etc. Ils doivent, en outre, accroître et améliorer la gestion de leurs facilités de santé (hôpitaux conventionnels, cliniques, hôpitaux de fortune) et renforcer leurs équipements médicaux (respirateurs, unités de production et de distribution d’oxygène, masques et tenues protectrices pour le personnel médical, etc). Ils doivent accroître les effectifs du personnel médical et leur offrir des stimulants afin de les encourager à travailler au-delà du temps de travail légal. Ils doivent, par ailleurs, s’assurer que les espaces réservés aux patients atteints de la Covid-19 et les équipements utilisés pour les soigner soient désinfectés et encourager et protéger le personnel assurant cette désinfection. 

Les autorités nationales et locales doivent, parallèlement à tout cela, faire une campagne pour rassurer les populations qui sont, a priori, contre la vaccination — pour différentes raisons, parce qu’elles craignent les effets du vaccin sur leur santé ou parce que leurs croyances religieuses ou ethniques leur déconseillent de se vacciner — que la vaccination est le meilleur moyen de se protéger et de ne pas contaminer leur entourage. Tous les moyens doivent être mis en œuvre — y compris les mosquées, autres chapelles religieuses, les écoles (coraniques ou laïques) les sièges des partis politiques et des associations civiles — pour faire passer le message sur les bienfaits de la vaccination. Une autre campagne de communication, utilisant les mêmes moyens évoqués ci-dessus, doit être menée pour ce qui est des gestes barrières et des mesures préventives qui doivent être adoptées de façon routinière par la population afin d’éviter d’être infectée par le virus et de contaminer les autres. Ces gestes sont, en effet, connus, port du masque, lavage fréquent des mains, distanciation sociale, mais ne sont malheureusement pas toujours suivis. S’il le faut, pour les familles pauvres et démunies, il serait peut-être utile d’offrir des stimulants financiers afin de les encourager à se faire vacciner. Il est nécessaire que ces campagnes touchent les populations les plus reculées, notamment dans les campagnes et les zones désertiques. Enfin, et c’est un point très important, les autorités de chaque pays doivent assurer que les informations communiquées officiellement et celles reçues des organisations locales reflètent la réalité des cas, des hospitalisations et des décès, et cela sur une base journalière.

Au niveau des individus, des corporations, des associations civiles, et des partis politiques, des efforts doivent aussi être effectués afin d’atteindre l’objectif de l’immunité collective recommandée par les instances scientifiques nationales et internationales. Les individus doivent se conformer strictement aux directives des instances chargées de la gestion de la pandémie (CDC aux USA, Conseils scientifiques dans d’autres pays) en ce qui concerne la nécessité de se faire vacciner et d’appliquer les gestes barrières afin de se prémunir contre la Covid-19 et éviter la propagation du virus et de ses variants. Les entreprises doivent également servir de relais dans la transmission de ce message, notamment en prescrivant à leurs employés de se vacciner pour pouvoir continuer ou reprendre leur travail. Les entreprises doivent aussi participer à la lutte et à la prévention contre la Covid-19 et ses variants en fournissant aux hôpitaux et autres services de santé des équipements et moyens financiers dont ils ont besoin dans leur bataille quotidienne contre la pandémie. Une telle contribution est non seulement un devoir moral, mais sert aussi, en retour, les entreprises elles-mêmes en leur évitant d’avoir à fermer leurs portes suite aux effets de la Covid-19. Les associations de la société civile sont aussi encouragées à aider dans le processus de lutte contre la pandémie et ses effets catastrophiques sur la société. Elles et les partis politiques doivent mettre, pour un temps, leurs revendications politiques non essentielles —exceptées celles concernant les abus aux droits humains — pour aider les autorités et la société à faire face au fléau. Car si la propagation du virus et de ses variants atteint un niveau de non-retour, comme cela semble le cas actuellement, aucune activité associative ou politique ne pourrait avoir lieu dans des conditions normales. En un mot, une véritable mobilisation générale de la société dans toutes ses couches doit être engagée afin d’éradiquer ce fléau qui, autrement, mettrait en péril son existence-même.

Que faut-il faire au niveau mondial ?

Il faut souligner que, s’il y a une chose que les pays du Nord et du Sud partagent, c’est bien la pandémie de la Covid-19 avec son train de répercussions sur leurs sociétés et leurs économies. En effet, habituellement, ce sont les pays du Sud qui paient le plus les effets des crises économiques, politiques ou naturelles qui se produisent sur leurs territoires. La pandémie de la Covid-19 n’a, quant à elle, épargné aucun pays, y compris les plus riches de la planète comme les Etats-Unis. La différence — et elle est de taille — c’est que les pays du Nord disposent de plus de moyens humains, scientifiques, technologiques et financiers pour lutter contre la pandémie et venir en aide aux pays du Sud qui, souvent, manquent des moyens les plus élémentaires. Ceci ne signifie pas, bien entendu, que les pays du Sud doivent compter exclusivement ou essentiellement sur l’aide des pays du Nord.

Que doit faire chacun des pays du Sud ?

Ces pays doivent, d’abord, ériger la lutte contre la pandémie comme leur priorité numéro 1. Même si ces pays connaissent souvent d’autres crises graves — économiques, politiques, sociales, alimentaires, etc. — ils doivent mobiliser une grande part de leurs ressources humaines et matérielles pour la lutte contre la pandémie. En effet, ainsi que nous l’avons déjà indiqué ci-dessus, sans l’éradication de ce fléau, leurs autorités et leurs sociétés seraient dans l’incapacité totale de fonctionner et de répondre aux besoins fondamentaux de leurs populations. Ces pays doivent, avant tout, engager une part importante de leurs ressources pour accroître ou/et améliorer leurs installations de santé et dégager les espaces nécessaires à la prise en charge des malades de la Covid-19. Ils doivent inciter par tous les moyens leurs populations à se vacciner en faisant valoir les bénéfices de la vaccination par rapport aux risques de complications ou même de décès présentés par le virus et ses variants. Ils doivent, enfin, les convaincre de respecter les mesures de confinement et les gestes barrières qui sont destinés à réduire le risque de dissémination du virus. Les mesures de confinement ne devraient pas, bien sûr, être utilisées par les autorités des pays du Sud comme moyen politique de « silencier » les défenseurs des droits humains et de les réprimer.

Pour réussir dans l’application des mesures de confinement, les autorités devraient davantage et autant que possible mobiliser les associations civiles et les partis politiques que leurs forces de police. Par ailleurs, un système transparent de transmission de l’information sur l’état sanitaire de chaque région des pays doit être mis en place pour éviter de verser dans la panique ou de sous-estimer la réalité sur le terrain.

Que faut-il faire au niveau international ?

Il est nécessaire qu’un système performant d’information existe entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les organisations régionales de santé, d’une part, et les autorités sanitaires de chaque pays, d’autre part. Il faut rappeler encore une fois que cette pandémie — d’où son nom —touche toute la planète et que, par conséquent, une concertation et une coordination doivent être établies entre les organisations de santé aux trois niveaux, mondial, national et régional. Cette coordination et cette concertation ne doivent pas concerner uniquement le domaine statistique (nombre de cas d’infections, d’hospitalisations, de guérisons et de décès) mais aussi ceux de la vaccination, des équipements sanitaires, des médicaments, le personnel de santé, etc. Dans le domaine des vaccins, l’OMS et les organisations affiliées doivent s’assurer que les vaccins ne soient pas distribués uniquement dans les pays du Nord —qui ont généralement le monopole de leur production — mais qu’ils soient aussi envoyés vers les pays du Sud dont les moyens de production et de distribution sont souvent inexistants. On devrait, bien sûr, parallèlement, encourager l’aide bilatérale entre les pays du Sud eux-mêmes et entre les pays du Sud et ceux du Nord. Certains pays du Nord, comme les Etats-Unis, ont déjà envoyé quelque 110 millions de doses vers 65 pays en juillet-août et ont promis d’envoyer quelque 500 millions de doses en septembre. Ce geste de bonne volonté et de solidarité internationale, qui est bénéfique aux pays du Nord eux-mêmes, doit être élargi à d’autres pays du Nord.

En effet, ce n’est qu’avec une répartition équitable des vaccins, des médicaments et des équipements médicaux que le monde pourra éradiquer cette pandémie. Comme le souligne la deuxième épigraphe citée en haut de cet article : « Above all, at the root of the pandemic is a deficit of solidarity and sharing of the data, information, resources, technology and tools that every nation needs to keep its people safe » (Avant tout, à la racine de la pandémie il y a un déficit de solidarité et de partage des données, de l’information, des ressources, de la technologie et des moyens dont chaque nation a besoin pour maintenir la sécurité de son peuple) (source : WHO, Director-General’s Opening Remarks, G7 Summit, June 12, 2021).

Le Président américain, Joe Biden, a justifié l’importance de cette solidarité en déclarant : « You can’t build a wall high enough to keep us safe from COVID in other countries » (Vous ne pouvez pas construire un mur suffisamment haut pour nous protéger de la Covid venant des autres pays). Ce geste n’est cependant pas suffisant et les estimations faites par l’OMS sont qu’il faudrait quelque 11 milliards de doses de vaccins pour immuniser 70% de la population mondiale et éradiquer la pandémie. L’OMS ajoute : « Our target is to vaccinate at least 40% of the population in each country by the end of the year [2021]” (Notre cible est de vacciner au moins 40% de la population de chaque pays d’ici la fin de l’année 2021) (source : WHO, Director-General’s Opening Remarks at the G7 Summit, June 123, 2021). Le Directeur général de l’OMS estime qu’il fallait 100 millions de plus de doses de vaccins en juillet dernier et quelque 250 millions de doses supplémentaires seront nécessaires en septembre prochain. Une agence mondiale a été créée pour coordonner ces donations,  en l’occurrence Covac, mais plus d’efforts sont nécessaires pour atteindre l’objectif des 70% de vaccinations dans le monde. Il faut rappeler que Covac est une initiative mondiale  co-gérée par GAVI (Global Alliance for Vaccines and Immunization), CEPI (Coaliton for Epidemic Preparedness Innovations) et WHO (OMS). Covac a elle-même créé en son sein un accélérateur appelé ACT (Access to Covid-19 Tools) dont la mission est d’organiser une coopération globale visant à accélérer le développement, la production et un accès équitable aux tests, traitements et vaccins contre la Covid-19.

Comment se prémunir contre de nouvelles pandémies dans le futur ?

La pandémie actuelle — qui a démarré en janvier 2019 et qui se poursuit jusqu’à nos jours — a  permis à chaque pays et à la communauté mondiale dans son ensemble de réaliser combien le monde n’était pas préparé à faire face à ces catastrophes biologiques. Compte tenu de cette expérience douloureuse pour le monde dans son ensemble, et alors même que la pandémie fait encore des ravages humains et économiques déplorables, la communauté mondiale, dans ses organisations planétaires, régionales et nationales,  doit préparer un véritable Plan Marshall à long terme afin d’éviter que d’autres pandémies nous surprennent comme l’a fait celle de Covid-19.  Cela exige tout d’abord que l’OMS soit renforcée et réformée afin de pouvoir prévenir et surtout faire face plus efficacement —avec moins de temps et de dégâts humains et économiques— à d’éventuelles pandémies dans le futur. Pour que cela soit possible, il est nécessaire que ses moyens humains, scientifiques, technologiques et financiers soient accrus afin de lui permettre de faire face aux défis futurs éventuels.

On se rappelle que l’ancien Président Donald Trump avait décidé unilatéralement de réduire la contribution des Etats-Unis au financement de l’Organisation sous prétexte qu’elle avait mal géré et  tu le fait que le virus de la Covid-19 ait eu son origine en Chine.  L’Organisation n’avait pas pris une position forte contre la Chine, notamment en envoyant immédiatement des experts pour évaluer le risque présenté par ce virus. Trump a, en effet, gelé la contribution américaine— qui est de quelque 400 millions de dollars et qui représente la plus grande contribution —pour une durée de 60 à 90 jours en attendant un audit de la gestion de l’OMS. Cela explique, dans une certaine mesure, les difficultés qu’avait l’OMS à faire face à la pandémie, mais n’explique certainement pas l’inefficacité dans la gestion de la pandémie à l’échelle mondiale.

Le plus gros problème apparemment réside dans le manque de coordination entre l’OMS, les autres organisations financières internationales (FMI, Banque Mondiale) et les gouvernements des pays du Nord comme ceux du Sud. Ce qui semble manquer à l’OMS, c’est un centre de surveillance globale des épidémies (CSGE) qui aurait pour mission de détecter tout signe annonciateur d’une pandémie. Le CSGE devrait, s’il était créé, se doter de bureaux de surveillance dans tous les pays dont la tâche serait de signaler au siège de l’OMS, tout indice susceptible d’être le précurseur d’une pandémie. L’Organisation disposait déjà de centres régionaux et de bureaux nationaux, mais, au vu de ce qui s’est passé en 2019 à Wuhan (Chine), où les premiers cas de la Covid-19 sont apparus, la transmission de l’information et les mesures prises pour gérer le foyer pandémique n’ont apparemment pas reçu l’attention nécessaire de l’Organisation et des gouvernements nationaux. Le résultat, bien sûr, est que la pandémie a atteint le niveau de non-retour que l’on connaît aujourd’hui.

Conclusion

Nous avons vu que la pandémie actuelle a affecté tous les pays sans exception — les uns plus que les autres, mais n’en a manqué aucun — et qu’elle a eu des effets ravageurs sur les populations et leurs économies. Nous savons aussi que cette pandémie continue de sévir, et de plus belle, en raison de l’apparition de variants du virus originel (Covid-19), notamment Delta, le plus virulent d’entre eux, et qu’en dépit des campagnes massives de vaccinations et des mesures préventives prises dans presque tous les pays, cette pandémie continue d’infecter de larges tranches de populations, avec son lot d’hospitalisations et de décès. Il est, par conséquent, temps de passer à une vitesse supérieure et de briser cette chaîne funèbre qui menace jusqu’à la survie de l’humanité.

Pour cela, nous avons conclu que des réformes rapides et profondes doivent être entreprises au niveau des organisations de santé chargées de la prévention et de la gestion des pandémies au niveau mondial, notamment l’OMS. Une meilleure surveillance et une meilleure coordination doivent être établies, d’abord au sein des organisations globales, puis entre ces organisations et les gouvernements de chaque pays. Par ailleurs, ces organisations doivent être dotées d’un pouvoir décisionnel plus grand et de moyens humains et financiers plus substantiels si on veut que cette pandémie soit éradiquée dans les meilleurs délais possibles et que d’autres pandémies ne nous surprennent plus comme l’a fait la pandémie actuelle. Nous avons vu aussi qu’il est nécessaire de doter l’OMS d’un organe stratégique qui semble lui avoir manqué : un centre de surveillance globale des épidémies (CSGE) dont la mission principale est de détecter, gérer et prévenir les pandémies à l’avenir. Car, sans ce niveau de surveillance et de coordination, comme le souligne la première épigraphe indiquée tout au début de cet article : « With a fast moving pandemic, no one is safe, unless everyone is safe » (Avec une pandémie se répandant aussi rapidement, nul ne sera sauf, à moins que tout le monde soit sauf) (source : Covax, WHO, 2021). L’OMS et les gouvernements nationaux ne doivent plus, en effet, continuer de gérer uniquement les situations d’accalmies sanitaires, mais se préparer à affronter les orages qui peuvent se produire dans le futur. C’est ce que Martin Luther King Jr, le défunt militant américain des droits humains, souligne dans la dernière épigraphe citée en haut de l’article : « The ultimate measure of a man [or an organization] is not where he [it] stands in moments of comfort and convenience, but where he [it] stands at times of challenge and controversy » (La mesure ultime d’un homme [ou d’une organisation] n’est pas là où il [elle] agit dans des moments de confort et de convenance, mais là où il [elle] agit dans les moments de défis et de controverse) (Martin Luther King Jr).

Il est « très probable » que le nouveau coronavirus évolue vers une forme plus dangereuse

Il est « très probable » que le nouveau coronavirus évolue vers une forme plus dangereuse, a estimé un groupe d’experts britanniques cité par le magazine Forbes.  

Un rapport du groupe consultatif scientifique pour les urgences décrit ainsi plusieurs scénarios possibles pour le variant Delta, notamment d’être plus mortel et d’échapper au vaccin.  

Ce groupe de médecins, de scientifiques et d’épidémiologistes a noté qu’outre des sérums plus efficaces, des mesures telles que le port du masque, l’isolement et le confinement devraient également être prises car « le comportement humain est un facteur déterminant dans la propagation du virus ».  

« Nous devons nous préparer à cette issue, car nous sommes déjà à la traîne, le SRAS-CoV-2 devançant notre réponse », a averti Forbes.