De nombreux pays, à l’image de la Corée du Sud, durcissent les restrictions et les contrôles aux frontières par crainte d’une nouvelle vague de Covid-19, que pourrait notamment favoriser le retour des vacanciers, comme en Italie et en Autriche. Séoul a étendu dimanche à l’ensemble du territoire sud-coréen les mesures déjà en vigueur dans la région de la capitale, fermant plages, restaurants, bars karaoké et musées et suspendant les rencontres sportives à huis clos. La Corée du Sud, un des premiers pays touchés au printemps après la Chine, a fait état dimanche de 397 nouveaux cas de coronavirus, la plus forte hausse quotidienne depuis début mars. «La situation est très grave car nous sommes au bord d’une épidémie nationale», a déclaré dimanche le directeur des Centres coréens de contrôle et de prévention des maladies (KCDC), Jung Eun-kyeong. Ce pays a jusqu’ici réussi à juguler l’épidémie grâce à une stratégie très poussée de tests et de traçage des personnes contaminées, sans confinement imposé. En Inde, le seuil des trois millions de cas a été franchi dimanche, avec près de 70.000 nouvelles contaminations et 912 morts, portant à 56.706 le nombre des personnes ayant succombé à la maladie. Le deuxième Etat le plus peuplé de la planète avait instauré un confinement national brutal fin mars, qu’il a levé début juin pour tenter de ranimer une économie exsangue. En Europe, les retours de congés mettent sur le qui-vive des pays qui craignent une flambée de cas importés de l’étranger. Ainsi, l’Autriche a instauré samedi de stricts contrôles sanitaires à la frontière slovène, qui provoquent d’immenses encombrements : les vacanciers, notamment allemands et néerlandais, ont patienté à certains endroits jusqu’à dix heures cette nuit. Vienne invoque une hausse constante du nombre des contaminations sur le territoire autrichien, un tiers des vacanciers étant testés positifs depuis un mois à leur retour de Croatie. Depuis samedi, l’Autriche arrête chaque voiture en provenance de Slovénie pour enregistrer les données personnelles de tous les passagers, même en transit, afin de pouvoir tracer les contaminations. L’Italie, le premier pays européen touché au printemps, craint également une deuxième vague : la région de Rome a enregistré en 24 heures un nombre record de nouveaux cas depuis le début de la pandémie en mars, en majorité liés à des retours de vacances. Sont notamment montrées du doigt les personnes rentrant de Sardaigne (sud), une île épargnée par la première poussée de l’épidémie, mais où les allées et venues de touristes et de fêtards ont contribué à la diffusion du virus. L’Italie organise des tests en «drive-in» pour les vacanciers arrivant de cette île en ferry à Civitavecchia, un grand port à 70 km au nord de Rome. «A bord du ferry, on était serrés comme des sardines, ils n’ont même pas réduit les capacités des navires ou augmenté leur fréquence», regrette Francesco Mazza, un producteur vidéo de 43 ans, maudissant la «désorganisation italienne». En Allemagne aussi, le nombre des nouvelles contaminations a fortement progressé ces derniers jours, en raison du retour massif de touristes allemands qui ont passé leurs vacances dans des zones à risque à l’étranger, selon les autorités.
Bousculade mortelle
En Irlande, les autorités ont décidé cette semaine de durcir les restrictions sur les rassemblements, avec six personnes maximum dans un même lieu clos. Dans ce contexte, un dîner de gala organisé en violation des restrictions sanitaires fait souffler une tempête sur la classe politique : le Premier ministre Micheal Martin a annoncé dimanche convoquer le Parlement et a appelé le commissaire européen au Commerce Phil Hogan à démissionner. M. Hogan a présenté ses excuses pour avoir participé mercredi à ce repas organisé pour les 50 ans du club de golf du Parlement avec 82 invités. Le ministre de l’Agriculture Dara Calleary a déjà démissionné. A Paris, de strictes conditions sont mises en place pour encadrer la foule attendue pour l’après-finale de la Ligue des champions qui oppose dimanche le Bayern Munich au Paris Saint-Germain : les Champs-Elysées seront réservés aux piétons, mais seront évacués par la police deux heures après la rencontre et l’absence de masque sera verbalisée. L’épidémie «ne s’est jamais arrêtée… Elle a seulement été contrôlée pendant le confinement puis le déconfinement progressif». «Le risque, c’est que, après avoir enlevé doucement le couvercle de la casserole, l’eau se remette à bouillir», a mis en garde le ministre français de la Santé Olivier Véran. Au niveau mondial, la pandémie a fait au moins 805.470 morts et plus de 23 millions de personnes ont été contaminées dans 196 pays et territoires depuis l’apparition du virus en Chine fin décembre, selon un comptage de l’AFP. L’Amérique latine et les Caraïbes sont la région la plus endeuillée avec plus de 257.469 morts, avant l’Europe, puis les Etats-Unis. Plus de la moitié des décès dus au Covid-19 sur la planète ont été enregistrés dans quatre pays : les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique et l’Inde. Au Pérou, une bousculade dans une discothèque de la capitale Lima a provoqué samedi soir la mort de plus de dix personnes qui tentaient de fuir la police, arrivée pour faire respecter le couvre-feu imposé en raison de l’épidémie. (AFP)