La vaccination contre le Covid sera étendue au moins de 18 ans, a annoncé le ministre de la Santé publique. Sa généralisation aux plus jeunes est motivée par la virulence des variants, notamment le Delta.

Par Sihem Bounabi
Face à la virulence du variant Delta qui touche de plus en plus les plus jeunes et anticipant sur les risques possibles de complications dans le cas de nouvelles mutations du coronavirus, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Pr Abderrahmane Benbouzid, a annoncé que la vaccination sera étendue aux moins de 18 ans, dans un entretien accordé au média spécialisé Santénews-dz.
Le ministre de la Santé a ainsi affirmé qu’«aujourd’hui, on doit vacciner même les moins de 18 ans à cause de la particularité du variant Delta qui touche de plus en plus des sujets jeunes». Il a aussi souligné qu’«il faut vacciner au minimum 30 % de la population pour assurer une stabilisation même de la situation sanitaire» ; rappelant que l’Algérie s’est fixé comme objectif de vacciner 70 % de sa population de plus de 18 ans.
Abderrahmane Benbouzid a ainsi expliqué que l’immunité collective exige au minimum la vaccination de 20 millions de personnes avec deux doses. Il a annoncé qu’aujourd’hui, 6 millions d’Algériens ont été vaccinés et que depuis le mois de juillet dernier, le rythme de vaccination est de 200 000 personnes vaccinées par jour soulignant que le «véritable défi est de vacciner 30 millions de personnes d’ici le mois de décembre prochain». Le ministre de la Santé a tenu à rappeler que l’Algérie a été l’un des premiers pays à engager les négociations pour l’acquisition des vaccins dès le 6 août 2020 et que dès le 13 janvier passé il y a eu la signature avec la Russie pour l’acquisition de 1 million de doses de vaccin Spoutnik V. Mais face à la pression mondiale sur la demande de vaccins, l’Algérie n’a finalement obtenu que 500 000 doses sur le 1 million prévu. Ce qui fait que la campagne de vaccination même lancée officiellement était très timide et a connu beaucoup de retard à cause du manque de vaccins. Il a fallu attendre les mois de juin et juillet pour réellement entamer une campagne de vaccination massive car cela nécessite des millions de doses. Il a précisé à ce sujet que «de janvier à mai 2021, aucun vaccin n’est arrivé dans le pays» ce qui ne permettait pas de lancer efficacement la vaccination massive des Algériens.

Engagement à assurer l’oxygène dans les hôpitaux
Par ailleurs, revenant sur la crise du manque d’oxygène qui a marqué la 3e vague de la pandémie dès le début du mois de juillet, le ministre de la Santé confie que malgré tous les scénarios d’anticipation, ses services ont été «surpris» par la forte demande due aux ravages du variant Delta. Il rappelle ainsi que «lors des deux premières vagues, les patients étaient hospitalisés seulement parce qu’ils étaient positifs et qu’il fallait en quelque sorte les confiner et casser la chaîne de transmission» enchaînant «mais au mois de juillet, tous les patients hospitalisés exigeaient une prise en charge sous oxygène, ce qui fait que la demande sur l’oxygène a augmenté et dépassé la production. C’est ce qui a créé la crise».
Le Pr Benbouzid ajoute que ce qui accentue cette crise, c’est également le problème de transport et de distribution d’oxygène à cause notamment d’un manque de coordination. Il tient toutefois à préciser que «les décès, bien sûr, sont liés à l’oxygène, mais suite à la maladie. La plupart des malades arrivent à l’hôpital avec des poumons ravagés, et qui même si on les alimente en oxygène, ils n’ont pas de chance de survivre», affirmant qu’«il n’a jamais été question de faire le tri entre les malades à mettre sous oxygène et les autres». Le ministre de la Santé a tenu à saluer «l’élan patriotique» de la société civile, des hommes d’affaires et des particuliers qui se sont mobilisés pour faire des dons de centrale de générateurs d’oxygène pour les hôpitaux, ce qui permet de garantir le débit de 20 litres par minute pour les malades les plus touchés. Il annonce également que 1 500 concentrateurs ont d’ores et déjà été distribués dans plusieurs wilayas avec en priorité les wilayas les plus touchées par la pandémie. Il s’est également engagé à ce que cette situation dramatique de manque d’oxygène ne se reproduise plus en affirmant que «cette crise d’oxygène a été une véritable leçon. Pour qu’une telle situation ne se reproduise plus, un programme a été établi pour équiper tous les hôpitaux de concentrateurs d’oxygène».

16 000 hospitalisations durant le pic de la 3e vague
Abordant la situation épidémiologique, le ministre de la Santé déclare : «Nous avons atteint le pic, le 29 juillet, avec près de 2 000 cas. Nous étions très inquiets que le nombre de cas continue d’augmenter car les hôpitaux étaient saturés, mais heureusement que la situation s’est stabilisée et que la pression s’est allégée en milieu hospitalier.» En termes de chiffres, il annonce que plus de 16 000 malades Covid ont été hospitalisés, principalement dans les wilayas les plus touchées en l’occurrence Alger, Tizi-Ouzou, Sétif et Blida. Il affirme ainsi que «la situation épidémique s’améliore et que la courbe des contaminations continue à baisser lentement de 100 cas à 200 par jour. Les choses ont commencé à s’améliorer.» Il a également souligné que le nombre de patients hospitalisés a également diminué, leur nombre atteignant 2 500 dans la capitale et 1 900 patients à Tizi Ouzou, portant le nombre total de patients à travers le pays à 13 500 à la date du 21 août courant. Concernant la probabilité d’une quatrième vague qui touche déjà plusieurs pays à travers le monde, il faut anticiper dès maintenant et s’armer contre les mutations possibles avec des variant aux symptômes sévères en parant à toute éventualité de complication de la situation sanitaire. Le ministre de la Santé a tenu à rendre hommage à «l’armée blanche», le personnel de la santé, qui s’est mobilisé sans relâche H/24 et 7j/7 au chevet des malades dans les unités Covid et qui «méritent la considération suprême de la nation».