Le signalement des cas de contamination à la Covid-19 du personnel de certains établissements scolaires semble donner des arguments à l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE) qui plaide pour la suspension de la rentrée scolaire 2020/21 qui s’effectue depuis mercredi dernier sous protocole sanitaire, alors qu’on déplore un manque de moyens de prévention dans certaines écoles.
D’autant plus qu’on déplore, depuis hier, la suspension des activités dans une autre école primaire à Azzazga, wilaya de Tizi Ouzou, après enregistrement de 4 cas positifs parmi le personnel de l’établissement sur la base de tests sérologiques, selon des sources locales. Ce nouveau cas s’ajoute à quelques autres cas déjà signalés à Boumerdès, Tizi Ouzou et Médéa, suscitant davantage l’inquiétude des parents d’élèves qui appellent pour la énième fois à la «fermeture des établissements scolaires», au moment où les chefs d’établissement pointent un déficit en matière de moyens de prévention notamment dans certaines localités.
Le président de l’ONPE, Ali Benzina, a, en effet, exprimé sa crainte de la situation sanitaire, notamment après l’enregistrement de cas avérés de coronavirus dans quelques écoles du cycle primaire. Le responsable de l’ONPE a fait part de son «anxiété» quant aux conditions dans lesquelles se déroule la rentrée des classes dans nombre d’écoles sans moyen de prévention et dépourvus d’eau courante. Selon lui, «nous devons penser à la sécurité sanitaire de nos enfants qui prime sur leur scolarité», dit-il. Ali Benzina appelle ainsi les autorités du pays à prendre «la décision de fermer les établissements scolaires». Notre interlocuteur accuse la tutelle de «décliner une série de mesures dans le protocole sanitaire censé garantir la santé des élèves et du personnel de l’Education sans disposer de moyens de prévention». Pour lui, le ministère de l’Education «n’aurait pas dû lancer» l’année scolaire car il n’était pas prêt pour ce pas important. Il explique que les conditions préalables tels qu’édictées dans le protocole sanitaire élaboré par le ministère de l’Education ne sont pas réunis pour lancer la rentrée des classes, appelant ainsi à «enquêter sur la rentrée scolaire afin de garantir une meilleure gestion du secteur loin de décisions «improvisées et unilatérales».
Ce dernier qui redoute une poussée épidémique insiste sur la nécessité de fermer des écoles du primaire bien que l’enseignement à distance n’est pas une alternative à proposer pour diverses raisons, notamment pour le faible débit internet et le manque d’outils informatiques.
Le porte-parole de l’Unpef, Abdelouah Lamri Zegar, déplore, pour sa part, l’absence des Assemblées populaires communales et des représentants des collectivités locales dans les établissements du primaire au lancement de l’année scolaire. Il appelle à la mise en place d’un comité interministériel composé des ministères de l’Education nationale, de la Santé et des APC afin de suivre l’application du protocole sanitaire dans les établissements primaires.
«Les autorités locales n’ont pas accompli leurs missions alors que la rentrée des classes cette année est hautement exceptionnelle au vu de la crise sanitaire», dit M. Zegar. Contrairement au président de l’ONPE, le porte-parole de l’Unpef appelle à fermer uniquement les écoles qui ne sont prêtes pour l’accueil des élèves. «Nous avons des écoles qui n’honorent pas leurs engagements en temps normal, mais en temps de crise sanitaire, les écoles qui ne sont pas prêtes pour cette rentrée doivent refermer et ne rouvrir qu’après leur préparation à accueillir des élèves en garantissant la sécurité sanitaire de tous les élèves et du personnel de l’Education», insiste M. Zegar. <