Les appels à un surcroît de vigilance contre la propagation de la Covid-19 tendent manifestement à se multiplier à mesure qu’approche la fête de l’Aïd el Adha qui sera célébrée vendredi prochain et qui risque de constituer une phase d’accélération de l’activité virale.
Mais aussi à mesure que les chiffres de contaminations quotidiennes attestent une situation plus que préoccupante avec environ 600 nouveaux cas par jour et une moyenne de 10 personnes qui meurent sous l’effet du coronavirus.
Les craintes se font alors plus persistantes, jusqu’à donner la cote d’alerte auprès des responsables politiques, des autorités sanitaires, des médecins, qui appréhendent une aggravation de la situation dans le sillage de l’Aïd, synonyme, en temps ordinaire, de rencontres et de visites familiales. Mais dont la conjoncture sanitaire devrait inciter les citoyens à surseoir à ces habitudes au nom de la prévention sanitaire et la préservation des vies humaines. Or, les signes, sur ce registre, ne sont pas rassurants.
D’où l’insistance de certaines voix officielles à rappeler l’impératif de se conformer aux règles de préventions notamment pendant les prochaines fêtes au risque de voir la situation se corser particulièrement au vu des informations émanant des établissements de santé où le personnel est sur le qui-vive compte tenu du nombre de contaminés enregistrés chaque jour. «Pendant cette fête, les citoyens doivent être conscients du risque qu’ils prennent s’ils n’appliquent pas les mesures barrières qui vont amener à diminuer le nombre de contaminations et par là même la transmission de ce virus», a souligné Djamel Fourar, porte-parole du Comité de surveillance de l’épidémie de la Covid-19.
Tout en rappelant les mesures barrières, notamment la distanciation sociale, le port du masque obligatoire pendant le sacrifice du mouton, le même responsable a recommandé de «ne pas s’échanger les outils qui servent dans l’acte d’abattage du mouton». Il recommande, en outre, de surseoir aux visites familiales «qui peuvent être une source de contamination et de reprise de l’épidémie», interpellant, dans le sillage, la «conscience citoyenne» pour œuvrer à provoquer la rupture de la chaîne de transmission du virus.
Le collectif des professeurs en médecine est monté, lui aussi, au créneau, pour alerter quant au risque de voir s’accélérer encore davantage l’activité virale dans le sillage de la célébration de la fête de l’Aïd, soulignant ce qui a été vécu lors du dernier mois de carême et les fêtes de l’Aïd el-Fitr.
«La pandémie connaît actuellement une très forte hausse de contaminations et de décès qui va en s’aggravant depuis les relâchements du Ramadhan, de l’Aïd-el-Fitr et du déconfinement. Ce qui nous impose à tous, aujourd’hui, le respect le plus strict des mesures barrières, notamment de distanciation physique», note le même collectif.
Ce collectif estime, à ce propos, que «quels que soient les conseils que l’on pourrait prodiguer, l’achat du mouton dans des marchés collectifs, son transport à plusieurs, son sacrifice et sa consommation sont toutes des occasions qui vont favoriser les fortes affluences et regroupements qui vont exacerber la situation pandémique».
Pour sa part, Bekkat Berkani, membre du Comité de suivi de l’évolution de la pandémie, a fustigé la décision de la commission des fetwa du ministère des Affaires religieuses. «La décision des religieux a primé sur l’avis et les recommandations des médecins, c’est une réalité», a-t-il déclaré sur une note de dépit. <