L’amélioration de la situation épidémique due au coronavirus que connait le pays depuis deux mois, avec moins de 200 cas de contaminations par jour actuellement, n’a pas encore eu l’effet escompté de permettre une reprise de l’ensemble des activités qui font tourner la vie socio-économique. Quatre semaines, jour pour jour, depuis la rentrée sociale, la machine n’est pas complètement huilée et de nombreux secteurs d’activités demeurent dans l’attente d’une autorisation de reprise et certains se disent même dans l’impasse, au bord de la faillite.

Depuis le début de septembre, plusieurs activités se sont remises à travailler après autorisation avec obligation du respect des protocoles sanitaires, comme les administrations, les entreprises économiques, les cafés, les restaurants, etc., mais d’autres sont toujours dans l’expectative. Il en est ainsi pour les transports interwilayas, pour la reprise des écoles même si les contours d’une reprise se dessinent, pour les établissements de formation privés et les écoles supérieures privées, pour la réouverture des frontières, pour les commerces de spiritueux, les auto-écoles et autres.
Même le métro d’Alger dont les dispositions ont commencé à être prise en ce mois de septembre pour sa réouverture au public n’a pas encore repris du service, alors que c’est un moyen de locomotion très prisé et très pratique pour les milliers de citoyens qui l’empruntent quotidiennement. C’est dire que tant de secteurs sont encore sur cale.
Après sept mois d’arrêt, ce sont des milliers de citoyens qui se sont retrouvés sans rentrée d’argent en raison de la pandémie de Covid-19 qui a paralysé de nombreux secteurs, pas seulement en Algérie, mais dans les pays du monde entier. Aujourd’hui, des solutions sont trouvées pour alléger un tant soit peu le fardeau des dépenses auquel font face de nombreux travailleurs qui se sont retrouvés au chômage forcé imposé par la pandémie. On retrouve dans cette catégorie les transporteurs par bus de voyageurs interwilayas au profit desquels l’aide financière accordée par l’Etat auparavant à d’autres travailleurs qui étaient dans la même situation a été élargie. Ils ont bénéficié, la semaine dernière, d’une aide de 30.000 DA par mois, ainsi que leurs chauffeurs et receveurs qui auront une mensualité de 10.000 DA avec effet rétroactif à dater d’août dernier. Les propriétaires des bus, qui se disent soulagés par la mesure qui leur permet de souffler un peu, affirment néanmoins attendre aussi l’autorisation pour reprendre leur activité le plus vite possible. Pour la rentrée scolaire qui n’aura pas lieu à la date fixée initialement pour le 4 octobre prochain, rien n’est encore tranché et tout porte à croire qu’elle devrait avoir lieu au début de novembre, des syndicalistes affirment avoir proposé la date du 8 novembre. Les réunions et discussions battent leur plein entre la tutelle et le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, entre la tutelle et les syndicats, etc. Le but étant d’arriver à une rentrée scolaire consensuelle et surtout sans risque pour les élèves et pour le corps enseignant. Quant à la date de la rentrée, «c’est le gouvernement qui décide la date», a encore déclaré, hier, Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique. Entretemps, il faudra «préparer les établissements scolaires, les nettoyer, les désinfecter, les tracer. Il faudra aussi assurer le savon liquide… Ce sont des milliers d’établissement à préparer, il faut du temps», a-t-il ajouté dans une déclaration à Reporters, notant au passage qu’«il y a également le protocole sanitaire pour le référendum à mettre en place au niveau des établissements scolaires».

«Il faut patienter encore un peu»
Si les choses semblent avancer pour l’enseignement d’une façon générale, même si c’est à petits pas, ce n’est pas le cas pour les écoles supérieures privées et les établissements privés de formation dont les propriétaires déclarent ne pas savoir à quel saint se vouer. Ils sont, eux aussi, en arrêt depuis mars dernier et demeurent dans l’attente d’une autorisation de reprise. Ils déclarent avoir des charges à payer entre location et frais d’administration alors qu’ils n’ont pas perçu de rentrée depuis sept mois. C’est une situation très délicate qui risque de les mettre en faillite, ont-ils alerté.
La réouverture de l’espace aérien et des frontières maritimes et terrestres ne semble pas à l’ordre du jour en raison de la pandémie de Covid-19 qui sévit et qui a repris de plus belle avec une deuxième vague dans les pays avec lesquels l’Algérie a un trafic important. Il ne s’agit surtout pas pour l’Algérie de risquer de perdre ce qui a été réalisé dans le combat contre le coronavirus. Pour le Dr Bekkat, Berkani, qui est également président du Conseil national de l’Ordre des médecins, «la situation épidémique de l’Algérie est en nette amélioration, il nous faut la préserver».
«Avec environ 160 cas par jour actuellement répartis sur le territoire national, avec des wilayas qui comptent peu de cas et d’autres un peu plus, il faudra attendre un peu et voir l’évolution épidémiologique pour la reprise scolaire et universitaire», a-t-il estimé. Il a insisté que «tout est fonction de l’évolution de la pandémie. C’est quotidien. Si on arrive à 100 ou 80 cas la semaine prochaine, il est certain que les choses iront mieux pour l’ensemble des secteurs à l’arrêt, évidemment dans le respect des gestes barrières, des protocoles sanitaires etc. Il faut patienter un peu». Il a également soutenu que «nous sommes dans la bonne direction», réitérant qu’il faut «garder les mesures qui font barrage à la transmission du virus et garder aussi nos frontières fermées» au vu de la forte propagation de la pandémie dans certains pays. <