L’année 2020 qui s’achève ne peut être évoquée sans que le nom du nouveau coronavirus ne lui soit associé. Le Covid-19 a désormais forcé les populations du monde entier à adopter de nouvelles habitudes, un nouveau rythme de vie, mais sans pour autant épargner leurs vies. Devant ce mal planétaire, une communauté déterminée a émergé faisant, elle, le sermon de faire face au microscopique virus pour protéger et sauver les vies menacées.

C’est la communauté du monde médical qui a fait preuve d’une abnégation et d’une détermination sans pareilles. Les blouses blanches ont, en effet, fait preuve d’une abnégation telle, toujours aux premiers rangs dans la bataille contre le nouveau coronavirus, qu’on a fini par les surnommer «l’armée blanche». Femmes et hommes, professeurs, spécialistes, médecins généralistes, soignants, aides-soignants, anesthésistes, biologistes, ambulanciers et autres, se sont tous dressés comme un seul homme contre la pandémie «faucheuse», qui a contraint la population algérienne, à l’instar de celles du monde entier, à adopter un nouveau mode de vie.
En cette fin de 2020, si on devait décerner la médaille du mérite de l’année, elle reviendrait, sans conteste aucun, à ces femmes et hommes de la sphère médicale. Depuis que la pandémie est apparue dans le pays, le 25 février 2020, ils sont mobilisés jour et nuit, 24 heures sur 24. Ils n’ont pas eu de répit depuis et continuent, à ce jour, à faire face à un mal qui a mis à genoux les systèmes de santé des pays les plus développés.
Les blouses blanches poursuivent, ainsi, leur noble mission de sauver des vies malgré le lourd tribut que leur communauté a payé. Le long des mois qui se sont égrenés, à certaines périodes, notamment celles de la recrudescence des cas confirmés de Covid-19, il ne se passait pas un jour sans qu’on évoque la disparition de l’un d’entre eux. Bon nombre parmi leurs confrères et consœurs n’ont pas échappé au maudit virus qui a fini par les emporter et rares sont devenus les jours où il n’est pas annoncé de décès parmi les personnels de la santé, tous corps confondus. A ce jour, on compte parmi le corps médical et paramédical 140 décès et 10.000 cas confirmés. Mais cela ne les a pas découragés à poursuivre leur engagement à sauver des vies. Ils sont toujours là, présents dans les hôpitaux, au chevet des malades. Une tâche qui n’a pas été de tout repos car les services dédiés aux patients atteints de coronavirus au niveau des hôpitaux se sont, à maintes reprises, retrouvés saturés. A tel point que les malades étaient parfois renvoyés vers d’autres hôpitaux qui, eux aussi, avaient leurs services de Covid saturés.
La situation vécue durant cette année dans les structures hospitalières était des plus dramatiques, en raison de la propagation rapide de la pandémie. Il ne pouvait y avoir suffisamment de place ni de personnel pour le nombre de malades qui augmentait de jour en jour, surtout pendant les périodes de rebond. Car il faut se rappeler, à propos du personnel, que la sonnette d’alarme a été tirée à plusieurs reprises pour signaler un manque d’effectif en raison de l’atteinte d’un bon nombre parmi ce personnel.

Economie et vie sociale en berne
La pandémie de Covid-19 a tout chamboulé. Elle a affecté la vie sociale et causé des pertes colossales pour l’économie nationale. C’est ainsi que dès le mois de mars 2020, juste après que les cas confirmés aient commencé à augmenter et à être découverts dans plusieurs wilayas du pays, les unes après les autres, des mesures de confinement ont été prises.
C’est la wilaya de Blida où ont été découverts les premiers cas de Covid-19 – hormis la découverte du premier cas le 25 février, un ressortissant italien qui travaillait dans le Sud et qui a été rapatrié trois jours plus tard – qui subira le confinement le plus dur, à savoir un confinement total, puisqu’elle était devenue un important foyer de contaminations dans le pays.
Les autres wilayas, même si elles n’ont pas connu de confinement total, les mesures n’ont pas été des moindres pour faire barrage à la transmission incontrôlable, à vitesse grand V, du microscopique mais implacable et meurtrier coronavirus. Les écoles, les crèches, les universités, les mosquées, les lieux de détente ainsi que de nombreux commerces ont été fermés. Les compétitions sportives ont été suspendues. Tous types de rassemblement, qu’il soit familial ou autre interdits. Les entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, ont été contraintes de libérer la moitié de leurs travailleurs, et le télétravail a été encouragé lorsque la nature du travail ne nécessitait pas une présence physique. Les frontières aériennes, maritimes et terrestres ont été fermées, les transports interwilayas non autorisés… Tout déplacement hors de chez soi était lié à l’obligation de porter un masque…
Ce sont autant de mesures qui, tantôt ont connu un certain allégement, et tantôt un autre tour de vis, en fonction de l’évolution de la pandémie dans le pays, ce qui a donné un résultat sur le plan sanitaire, le temps de souffler et pour le personnel médical et pour la population. Mais le répit ne durait, en général, pas longtemps, la pandémie reprenant de plus belle dès la réouverture de certains espaces et la reprise de certaines activités.
C’est ainsi qu’après la rentrée sociale caractérisée par une plus grande mobilité des personnes, donc contribuant à une plus grande transmission du coronavirus, est ensuite apparue la deuxième de la pandémie, comme dans de nombreux pays à travers le monde, remettant en question la possibilité de recourir à plus d’ouverture des espaces fermés. A l’exception de la reprise des lignes intérieures pour l’aérien, les transports interwilayas (bus et taxis) sont restés sur cale. Pour ne citer que les secteurs aérien et maritime, le premier a subi 40 milliards de dinars de pertes et le second 9 milliards en raison de la pandémie. Sans compter les pertes des autres secteurs qui se chiffrent également à des milliards de dinars.
Le confinement-déconfinement-reconfinement rythme périodiquement la vie de la population qui souhaite voir un allégement dans les nouvelles mesures qui débuteront vendredi 1er janvier, le confinement partiel en cours expirant aujourd’hui.
La vie des citoyens a subi, en cette année 2020, de véritables et imprévisibles changements imposés par la pandémie et le seul espoir qui reste est la vaccination, qui s’est vue allouer une enveloppe financière de 20 milliards de dinars, et dont le lancement est prévu dans quelques jours.