La montée au créneau d’Ali Laskri, membre de l’instance présidentielle du Front des forces socialistes (FFS), contestant la démarche des trois autres membres, qui ont annoncé leur démission pour ouvrir la voie à la tenue d’un congrès extraordinaire qui mettrait fin à la crise organique du parti depuis plus d’une année, a vite fait réagir le premier secrétaire, Hakim Belahcel.

Ce dernier a, en effet dans un nouvel épisode de la crise du FFS, désavoué Ali Laskri qui, la veille, évoquait un «coup de force» mené par le pouvoir qui cherche à «neutraliser» le FFS par tous les moyens. Dans sa réaction, le premier secrétaire du FFS marque sa différence avec Ali Laskri à deux niveaux. D’abord, sur les propos accusateurs de ce dernier envers les autres membres de l’instance présidentielle et, ensuite, sur la démarche justifiant la convocation d’un congrès extraordinaire que Laskri jugeait contraire aux statuts du parti.
«Aujourd’hui, ma surprise fut immense après la lecture du message qu’a adressé le camarade Ali Laskri aux militants du FFS», a indiqué M. Belahcel dans une déclaration publique. «En tant que premier secrétaire du parti, je tiens à me démarquer de cette déclaration publiée par Ali Laskri, vu la délicatesse du contexte politique global et la situation préoccupante qui mine notre formation politique», a-t-il ajouté. Désapprouvant les propos tenus par Laskri, Belahcel a estimé qu’il «est temps de cesser d’accuser systématiquement des camarades de traîtres et de pro-pouvoir», ajoutant que «personne n’a le droit de s’autoproclamer comme le gardien du temple moral et le dépositaire de la ligne politique et réglementaire du parti pour sous-entendre à satiété l’incompétence des uns et le danger de voir d’autres figures prétendre légitimement, pouvoir gérer elles aussi les affaires du parti tel que stipulé justement par les statuts». En termes de démarche à suivre pour résoudre la crise, Belahcel a tenu à marquer ses distances avec ce que suggère Laskri qui préfère plutôt un congrès ordinaire. «La crise est tellement profonde que nous sommes arrivés au constat de l’impossibilité de répondre à cette échéance d’un congrès ordinaire dans les délais avancés. D’ailleurs la déclaration assumée par toute la direction nationale, y compris Laskri, publiée le 11 août dernier, a bien résumé la dramatique situation du parti», a souligné Belahcel.

«Laskri doit revenir à la raison»
Contacté par nos soins, le premier secrétaire du FFS a invité le membre de l’instance présidentielle à revenir à la raison, faisant part de sa détermination à veiller au respect des statuts du parti, annonçant l’incontournable convocation d’un congrès extraordinaire dès que le nombre de l’instance présidentielle est au-dessus de 3. «Ali Laskri doit revenir à la raison et œuvrer au strict respect des statuts du parti», a déclaré M. Belahcel, en rappelant l’épisode du dernier congrès extraordinaire tenu le 20 avril 2018 suite à une démission de… Laskri. M. Belahcel a estimé, à ce propos, que le parti ne peut pas aller vers un congrès ordinaire dans les conditions actuelles, mettant en évidence un problème au sein de l’instance présidentielle dont les membres ne s’entendent pas.
Sans le dire explicitement, le premier secrétaire a ainsi sonné l’urgence de passer vers l’élection d’une nouvelle instance présidentielle. D’ailleurs, dans sa déclaration rendue publique, il n’a pas hésité à écrire que «l’instance présidentielle a échoué dans son rôle qui consiste à incarner cette présidence collégiale qui devait protéger la ligne politique du parti et à veiller à la cohésion de ses militants éparpillés en multiples clans et désemparés».<