Par NAZIM BRAHIMI
Les crises, de quelques natures qu’elles soient, ont toujours eu leur lot d’opportunités qu’il convient de ne pas rater. « Au milieu de toute crise se trouve une grande opportunité», disait Albert Einstein. Il est vrai que tout est relatif, et nul ne peut prédire de quoi sera fait demain. L’incertitude est omniprésente.
Il y a cependant des indices qui légitiment la thèse que toute crise peut engendrer des opportunités. C’est ce que semble offrir la crise née de la guerre en Ukraine, qui a entraîné une hausse des prix du pétrole et du gaz, qui peut être mise à profit par plus d’un secteur de l’économie nationale.
Le secteur bancaire commence manifestement, à se fier aux déclarations et chiffres de son chef, à respirer avec la hausse de la liquidité globale des établissements générée par la conjoncture de crise et ce qu’elle charrie avec la flambée des cours du pétrole et du gaz.
A l’évidence, l’envolée des prix des matières premières que l’Algérie exporte n’a pas été sans donner lieu à une augmentation des dépôts bancaires du secteur des hydrocarbures.
D’autant plus que le secteur des hydrocarbures est à considérer comme une source importante pour les banques publiques sollicitées dans le financement de l’économie notamment en temps de crise.
Par les chiffres, cette hausse des dépôts bancaires du secteur pétrolier et gazier est de nature à permettre aux banques de renouer avec le financement, qui a été, notent les spécialistes, timide ces deux dernières années dans la mesure où les crédits à l’économie n’ont évolué que de 3,05% en 2020 et de 3,81% en 2021, contre 8,84% en 2019.
De quoi conclure à un cycle de redressement de la liquidité bancaire, qui ne manquera pas, in fine, de rassurer les investisseurs. « Maintenant, nous en avons pour trois ans de stock », s’est réjoui le patron de la Banque d’Algérie, non sans se rappeler les méfaits de la crise sanitaire sur la liquidité monétaire.
A ce titre, l’année 2020 a connu une baisse très significative de la liquidité bancaire, bien qu’elle soit déjà enclenchée vers fin de 2019, un processus dans lequel peut être prise en considération la mesure du gouvernement portant suspension des tirages de la planche à billets.
Mais incontestablement, l’évolution est positive puisque de 1100,8 milliards DA à fin 2019, la liquidité globale des banques passe à 1 500 milliards DA au printemps 2022. Ce qui n’est pas moins une opportunité pour le financement de l’économie nationale.