Annoncée il y a deux semaines par des sources espagnoles, la visite en Algérie du Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell, semble se confirmer à travers l’entretien téléphonique qu’a eu lieu hier le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, avec le responsable au niveau de la CE.
«Les discussions ont porté sur les perspectives d’impulser au partenariat entre l’Algérie et l’UE une dynamique nouvelle en vue de l’instauration de relations équilibrées et mutuellement avantageuses», a indiqué un communiqué de la tutelle précisant que l’entretien a eu lieu à la demande du responsable européen.
«Les deux responsables ont également abordé à cette occasion les questions d’intérêt commun à l’échelle régionale, dont notamment les situations de crise dans la région Sahélo-saharienne ainsi qu’au Moyen-Orient», ajoute la même source.
Ceci étant, si un déplacement à Alger devait être effectué par le membre influent du Parti socialiste ouvrier espagnol, c’est surtout pour tenter de désamorcer la crise entre son pays et l’Algérie. M. Borrell a, en effet, déjà manifesté son souhait de venir en Algérie, après la décision de l’Etat algérien de suspendre le Traité d’amitié, en juin dernier, suite au revirement de la position de Madrid vis-à-vis de la question du Sahara occidental.
Une décision lourdement ressentie chez la partie espagnole, à travers les pertes subies par l’économie de ce pays. L’Espagne compte sur l’Union européenne pour mettre fin au blocage commercial imposé par l’Algérie, après la suspension du Traité d’amitié en juin 2022, en raison du revirement de la position de Madrid dans le dossier du Sahara occidental.
Madrid n’a pas alors hésité à solliciter l’intervention de l’UE pour débloquer la situation, ceci d’autant que les pressions se font de plus en fortes sur le gouvernement espagnol par de nombreux acteurs de la scène économique qui lui reprochent d’être à l’origine de la crise avec l’Algérie.
Il y a quelques jours, la presse espagnole avait rapporté que Josep Borrell se préparait à effectuer une visite en Algérie pour tenter des discussions avec les autorités algériennes en vue d’apaiser les tensions entre Alger et Madrid.
Cette visite a été annoncée par le président de la région autonome de Valence Ximo Puig après sa rencontre avec Borrell. Ce dernier a précisé que ce déplacement se fera «le plus tôt possible, dans les prochaines semaines ou les prochains mois», dans le but de chercher «des formules de rencontres», ajoutent les mêmes médias.
Avec la Catalogne, la région de Valence représente plus de 50% des exportations espagnoles fers l’Algérie. D’où les inquiétudes de son président suite à l’arrêt de ces exportations.
Entre juin et octobre 2002, les ventes espagnoles pour l’Algérie ont été réduites à 155,01 millions d’euros, contre 784,9 millions d’euros durant la même période de 2021. Une perte de 629,8 millions d’euros que de nombreuses entreprises espagnoles partagent dans une angoisse intense. n