Le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra a effectué, hier, une visite de travail en Tunisie, la troisième du genre en un laps de temps très court. Une fréquence qui dénote incontestablement de l’intérêt que portent les deux pays voisins pour le développement de leurs relations et la quête des voies et moyens de renforcer leur coopération dans divers domaines.

PAR NAZIM BRAHIMI
Il s’agit, en effet, de la troisième visite qu’effectue le chef de file de la diplomatie algérienne en Tunisie depuis fin juillet, marquée par un important bouleversement dans la vie politique et institutionnelle suite à la décision du président Kaïs Saïed de suspendre le Parlement et de limoger le Premier ministre Hicham Mechichi. Le département des Affaires étrangères a indiqué que la visite de ce 23 août 2021 s’inscrit dans le cadre de «la volonté commune des deux pays de raffermir davantage les relations privilégiées de fraternité, de coopération et de bon voisinage et d’œuvrer à la consolidation de leur tradition de concertation et de coordination sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun». Sur son compte twitter, Lamamra a indiqué avoir remis un message écrit du président Tebboune à son homologue tunisien, ajoutant que l’occasion était pour les deux parties de «passer en revue les relations fraternelles distinguées unissant l’Algérie et la Tunisie, saluer l’élan de solidarité enregistré récemment et évoquer les derniers développements sur la scène maghrébine».
Cette fréquence des visites effectuées par Lamamra en Tunisie n’en est pas moins révélatrice de l’intention des deux pays de renforcer leurs échanges bilatéraux évoqués déjà lors de sa première visite à Tunisie fin juillet. «L’audience a donné lieu à un échange de vues sur l’état des relations bilatérales et les perspectives de leur renforcement afin de permettre aux deux pays d’affronter de manière plus efficace les défis communs, y compris ceux relatifs à la pandémie de la Covid-19», avait relevé alors le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. La multiplication des visites de Lamamra en Tunisie offre également aux responsables des deux pays un échange d’informations quant à la situation qui prévaut dans la région. «L’audience a été, en outre, le lieu d’aborder les questions régionales et internationales d’intérêt commun, notamment la situation au sein de la région du Maghreb, l’espace sahélo-saharien, ainsi qu’au sein du monde arabe», avait souligné le diplomate algérien lors de sa première virée à Tunis. A noter également qu’en plus de la visite de Lamamra en Tunisie, le président Tebboune a eu, le jour même, un entretien téléphonique avec son homologue tunisien, Kaïs Saïed au cours duquel il lui a affirmé «la solidarité du peuple et du gouvernement algériens avec la Tunisie en cette étape sensible». Lors de l’entretien, les deux Présidents ont évoqué «le soutien des relations algéro-tunisiennes dans divers domaines», selon la présidence de la République. Il faut rappeler que le chef d’Etat a eu à s’exprimer sur la crise institutionnelle que traverse ce pays en déclarant que «la situation en Tunisie est une affaire interne» et l’Algérie «refuse d’exercer toute pression». «Nous n’imposons absolument rien à la Tunisie, nous tendons la main à ce pays frère et sommes à ses côtés dans les bons moments comme dans les pires», a-t-il soutenu, ajoutant que la Tunisie «est en passe de parvenir à des solutions à ses problèmes».