La crise de l’épidémie de choléra déclarée continue de susciter la polémique, alimentée par des déclarations contradictoires, voire approximatives de différentes institutions et autres sources autorisées. Bien que l’angoisse et la panique ayant accaparé un temps les Algériens aient tendance à s’estomper, il y a lieu de relever que beaucoup d’interrogations restent sans réponses à propos d’une situation qui touche directement à la santé du citoyen. La source véritable de ce fléau reste toujours à déterminer, ce qui ne fait que prolonger la suspicion observée envers l’eau du robinet et les « fruits à eau », à l’image de la pastèque qui subit un véritable boycott mettant sous pression producteurs et revendeurs.

Pour l’institut Pasteur d’Alger, l’éventualité d’une contamination de fruits et légumes qui auraient été irrigués avec des eaux usées n’est pas complètement écartée. « La contamination de fruits (pastèque, melon non lavés) ou légumes pouvant être consommés crus (carotte, concombre, salade, tomate, betterave), irrigués par une eau polluée par les matières fécales est également suspectée », a noté l’institut dans son bulletin. Une position qui ne va pas vraiment dans le sens du ministère de l’Agriculture. Il a assuré que « les eaux destinées à l’irrigation des fruits et légumes sont saines et ne peuvent en aucun cas être à l’origine de la propagation de l’épidémie de choléra ». « Le ministère rassure les citoyens sur la qualité des fruits et légumes produits en Algérie, qui sont indemnes. L’eau d’irrigation absorbée par les plantes ne représente pas de danger pour les productions agricoles », avait affirmé le ministère. Lors de sa dernière sortie, le ministre de l’Agriculture a tenu à tranquilliser les Algériens. « Je rassure les citoyens que les fruits et légumes produits en Algérie sont sains car les services concernés relevant du ministère de l’Agriculture, en coordination avec ceux des ministères de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire et du Commerce, veillent sans cesse au contrôle de leurs qualités », a déclaré le premier responsable de l’agriculture algérienne. Depuis le 27 août, lorsque la source d’eau de Sidi Lekbir a été considérée comme le point d’origine de la propagation du choléra, le flou persiste.
D’autant plus que cette version a été démentie par le Directeur de la santé de Tipasa qui a écarté tout lien entre la source de Ahmer el Aïn et les cas d’atteinte par le choléra. Cette polémique, accentuée par une succession de déclarations contradictoires faites par différentes autorités sanitaires et ministérielles, ne fait que perdurer la situation d’inquiétude au sein de la société. Une communication synchrone aura l’avantage de réconforter le citoyen algérien, connu comme étant sceptique face à des autorités accusées souvent de laisser-aller. De son côté, le ministère de la Santé a indiqué, dans son dernier bilan de vendredi, 74 cas de choléra confirmés limitant l’épidémie à la wilaya de Blida et rappelant, que le dispositif de veille sanitaire mis en place depuis le début de l’épidémie «demeure en vigueur jusqu’à l’extinction de celle-ci». Les mesures de prévention, notamment celles liées à l’hygiène individuelle et collective, doivent rester de rigueur pour rompre la chaîne de transmission de la maladie. Des mesures qui pourraient être plus opérantes avec une communication concordante. <