Par Sihem Bounabi
La polémique suscitée par la diffusion d’images de longues files d’attente et d’attroupement devant les points de vente des manuels scolaires a incité, dimanche dernier, l’intervention du ministre de l’Education nationale réclamant une meilleure organisation au niveau des points de vente. Hier, c’était au tour du responsable de la communication de l’Office national des publications scolaires (ONPS), Yacine Mira, de se prononcer en faisant porter le chapeau de cette situation chaotique aux parents qui «ont attendu la veille de la rentrée scolaire pour acquérir ces manuels». Il a ainsi déclaré à nos confrères de SabqPress que «l’Office accorde un grand intérêt pour faciliter l’acquisition des manuels par les élèves et leurs parents», en soulignant que «pour nous, l’intérêt de l’élève est une priorité».
Yacine Mira a rappelé que, conformément aux instructions de la tutelle, il y a eu la création de 301 points de vente et 39 expositions, en plus de 1 198 librairies accréditées pour faciliter le processus d’obtention des manuels et éviter le phénomène des files d’attente. Il est à noter cette année que, dans un esprit de modernisation, l’ONPS a pris l’initiative d’inclure dans son réseau de distribution les plateformes de vente en ligne avec les mêmes prix réglementés affichés sur la couverture des livres scolaires et fixant le tarif de livraison à 150 DA.
Mais la réalité du terrain est tout autre, celle de files d’attente durant des heures, de ruptures de stocks et de l’exaspération des parents, ballotés d’un point de vente à un autre, parcourant plusieurs kilomètres en quête des précieux manuels. Ce qui a poussé de nombreuses associations de parents d’élèves à travers le territoire national ; et à leur tête l’Association nationale de parents d’élèves (ANPE), à lancer des appels au ministre de l’Education nationale pour la reprise de l’ancien système où la vente des livres se déroulait au niveau des établissements scolaires de manière plus organisée et plus fluide.
Par ailleurs, un autre phénomène aura marqué cette crise de la distribution du livre scolaire. En effet et comme de coutumes, dès qu’il y a une tension sur un produit, les spéculateurs entrent en scène et un marché noir est automatiquement mis en place au grand désespoir des parents qui doivent parfois payer le double du prix officiel des livres scolaires pour éviter que leurs enfants ne soient sanctionnés.
Face à ce phénomène de spéculation, Yacine Mira affirme que «les prix des manuels scolaires sont réglementés et que le prix sur la couverture doit être respecté», toutefois, il reconnaît qu’il y a des «opportunistes qui ont profité de la détresse des parents».
Rappelons que plus de dix millions d’élèves des trois paliers du système de l’éducation, primaire, moyen et secondaire, ont rejoint les bancs d’école cette année. Un chiffre qu’il faut multiplier par sept, voire par dix, pour certaines classes en termes de manuels scolaires. Une équation qui pourrait certainement expliquer la problématique de la saturation des points de vente des manuels scolaires. <