Lors du Conseil des ministres tenu, dimanche, sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, la question des liquidités au niveau des bureau de poste a été à nouveau évoquée, sur fond de résurgence des tensions, en dépit des annonces d’un règlement imminent à la fois par le ministre des Finances et des responsables d’Algérie Poste.

Par Hakim Ould Mohamed
La persistance de la crise de liquidités au niveau des centres de paiement d’Algérie Poste a fait réagir le chef de l’Etat qui, à la même occasion, a ordonné la fermeture des comptes commerciaux et l’interdiction de leur ouverture au niveau d’Algérie Poste. «Ces comptes devant être du ressort des banques dans l’objectif de régler le problème du manque de liquidité absorbée par les transactions commerciales». Cependant, les wilayas du sud ne sont pas concernées par cette mesure, étant donné que ces dernières sont connues pour leur faible taux de bancarisation. «L’autorisation exceptionnelle d’ouverture des comptes courants postaux (CCP) au profit des commerçants dans les régions du Sud qui ne disposent pas d’agences bancaires», lit-on dans le communiqué du Conseil des ministres. Par cette mesure, l’objectif recherché est double, à savoir réduire la pression sur les centres de paiement en réorientant les comptes commerciaux vers les banques et alimenter ainsi le canal bancaire par de nouveaux épargnants parmi les commerçants et les entreprises. La crise de liquidités au niveau des bureaux d’Algérie Poste perdure depuis maintenant plusieurs mois sans que les promesses faites, tantôt par le ministre des Finances, tantôt par les responsables d’Algérie Poste ne se traduisent par des mesures efficaces de nature à solutionner définitivement le problème.
Le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a indiqué en novembre dernier que le problème de liquidités enregistré au niveau des bureaux d’Algérie Poste et des banques devait être réglé définitivement dès décembre 2020. Le ministre avait assuré à la même occasion que les premières démarches pour venir à bout de ce problème ont été d’ores et déjà entreprises à la faveur du rétablissement du plafonnement à 50 000 DA au profit des citoyens détenteurs des cartes magnétiques CCP, a indiqué le ministre, assurant que cette démarche sera suivie par d’autres mesures pratiques, dont les détails n’ont pas été dévoilés. La même déclaration a été faite en septembre 2020, promettant une fin du calvaire dès octobre de la même année. Le ministre avait, en effet, déclaré que «la disponibilité de la liquidité est prévue au plus tard en octobre» avec la reprise des activités économiques. Le gouvernement avait même conclu que le problème des liquidités obéissait à un plan de sabotage et avait déligenté une enquête pour tirer au clair les tenants et aboutissants de cette affaire. Les investigations approfondies avaient révélé des retraits faramineux en un laps de temps très court, ce qui a entrainé la pénurie de liquidités au niveau des bureaux de postes. Depuis, la crise de liquidité que subissaient les bureaux d’Algérie Poste persistait au grand dam des usagers de la Poste parmi les petits épargnants, les pensionnaires et les retraités. Réduire la pression sur les centres de paiement en retirant à Algérie Poste ses comptes commerciaux est la énième solution envisagée au sempiternel problème de liquidités. C’est une solution à double tranchant, avertissent les observateurs, car cette solution pourrait, certes, réduire la pression sur les bureaux de poste en retirant de ses listings les gros déposants, mais cette mesure pourrait priver Algérie Poste d’une importante épargne. Quoi qu’il en soit, l’approche du mois de Ramadhan et la période des fêtes religieuses fait craindre le pire pour les clients d’Algérie Poste. Tout le monde se rappelle de l’épisode de l’été dernier qui a été marqué par une forte tension sur les liquidités au niveau des bureau d’Algérie Poste, nécessitant une réunion au siège de la Présidence de la République, consacrée à l’examen de la situation sécuritaire et financière dans le pays, suite à la crise de manque de liquidités enregistrée quelques jours avant l’Aïd.