Les travailleurs de l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) sont sortis, une nouvelle fois, hier, dans la rue pour exprimer leurs inquiétudes face à la situation de crise que traverse leur entité industrielle, notamment depuis le début de décembre dernier et le chômage technique d’un mois auquel ils ont été soumis.
C’est la cinquième opération de contestation du genre que ces travailleurs organisent dans les rues de Tizi-Ouzou depuis la mise à exécution du plan social décrété par la Direction de l’Eniem, pour des raison de difficultés financières qui empêchent l’entreprise de s’approvisionner en matières premières, faut-il le rappeler.
Pour leur sortie d’hier, ils ont reconduit le même itinéraire menant du siège de l’entreprise à la zone industrielle de Oued-Aïssi, vers celui de la wilaya de Tizi-Ouzou, où une délégation les représentant sera reçue par le wali Mahmoud Djamaa. Ce dernier s’est montré rassurant en promettant un dénouement de la crise dans les «prochains jours».
Dans cette perspective, M. Djamaa a fait part de «la mise en œuvre dans les prochains jours, le temps d’accomplir les formalités réglementaires nécessaires et d’arrêter les mécanismes adéquats, d’un plan de relance de l’entreprise qui a été soumis au Gouvernement», rapporte l’APS, citant le directeur local de l’industrie et des mines, Hamitouche Moula. Une information d’ailleurs confirmée par une source syndicale ayant pris part à la réunion avec le wali et qui lui exprimé son mécontentement de la lenteur dont font preuve les pouvoirs publics dans la recherche d’une solution à la filiale d’Elec Al Djazaïr.
A l’occasion, les représentants des travailleurs ont fait part, de nouveau, de leur détermination d’aller jusqu’au bout de leurs revendications, interpellant le gouvernement en vue d’une solution réelle et telle que promise via le plan de relance annoncé par le ministre de l’Industrie. Ceci d’autant que Ferhat Aït Ali avait annoncé, plusieurs fois, un dénouement proche de la crise de l’Eniem.
Il y a à peine deux semaines, il a renforcé son discours dans cette logique en affirmant que la situation de cette entreprise publique était en voie de règlement. «Le premier dossier qu’on traitera est celui de l’Eniem. On devrait aboutir à une solution lors de la rencontre qu’on va tenir au cours de la journée de ce dimanche (11 janvier, ndlr)», a-t-il assuré. Une annonce faite quelques jours après le refus des travailleurs de l’Eniem de reprendre le travail, après expiration du mois de chômage technique. Elle constitue visiblement une suite à valeur de confirmation des propos du premier responsable du secteur.
Pour rappel, l’Eniem n’est pas à son premier arrêt technique. La même mesure a été prise en février dernier pour les mêmes motifs de difficultés financières. Mais cette fois, la situation de crise a donné lieu à un bras de fer entre les employés et le staff dirigeant de l’entreprise, notamment son P-DG, Djillali Mouazer, déclaré persona non grata, après avoir été accusé d’être le responsable principal de la situation dans laquelle se débat le complexe électroménager public. C’est d’ailleurs par «le départ» de ce dernier, mais aussi par la «non-comptabilisation du congé technique dans les salaires» que les travailleurs avaient conditionné leur retour au travail, le 3 janvier.
Faut-il alors déduire que le dénouement annoncé passera par le sacrifice de M. Mezouar ? En tout cas, ce dernier n’a pas cessé, de son côté, de répéter que le staff dirigeant de l’Eniem s’employait à trouver une solution à la crise en proposant un plan de sauvetage en élaboration avec le groupe Elec El Djazaïr et le ministère de l’Industrie. Lequel plan a été soumis aux responsables des banques, le 13 décembre dernier. Quant à M. Aït Ali, il n’avait pas hésité à souligner que «le secteur public doit bénéficier d’une relance et d’un financement, mais sur des bases financières saines». Dans le cas précis de l’Eniem, la relance et le financement s’opèrent pour une entreprise redevable de 13 milliards de dinars aux banques, faut-il le rappeler. Un seuil d’endettement qui «laisse les banques hésitantes quant au financement de son complexe industriel», avait également fait remarquer le ministre du secteur. <