Par Bouzid Chalabi
La distribution en eau potable durant les deux jours de célébration de l’Aïd El Kébir était au rendez-vous, notamment dans les quartiers durement impactés ces derniers jours par la crise
La crainte des citoyens du Grand-Alger de se retrouver avec des robinets à sec lors de la célébration de l’Aïd El Adha, synonyme d’impératif besoin supplémentaire en eau potable, s’est finalement transformée par un satisfecit car la distribution appropriée en eau potable en cette circonstance était au rendez-vous notamment dans les quartiers durement impactés ces derniers jours par la crise. On peut même dire que tout s’est passé sans trop de déconvenue chez les populations.
En somme, on peut déduire que le programme spécial mis en place par l’établissement public l’Algérienne des eaux (ADE) pour assurer la continuité de la distribution de l’eau potable durant la fête de l’Aïd El Adha et, plus particulièrement, le premier le jour de célébration mardi, où la demande est hautement élevée, a bien fonctionné. Il incombe de savoir que le Directeur général de l’ADE, Mourad Rechis, avait assuré, lundi dernier, au micro de la Radio nationale qu’il avait donné « des instructions pour que tout le système d’alimentation d’eau potable fonctionne à pleine capacité et ce, avec le remplissage des réservoirs de stockage la veille de l’Aïd, afin que le lendemain, à 04H du matin, la distribution commence ». Précisant en outre : « C’est le volume stocké dans les réservoirs, qui va servir d’appoint pour assurer l’alimentation en eau potable de 06H à 11H ». Abondant dans ce sens, « les moyens matériels et humains d’intervention ont été également renforcés, ce qui implique leur mobilisation pour la réparation des pannes afin d’anticiper d’éventuels problèmes de distribution d’eau potable pendant cette fête religieuse ». Pour l’heure, il faut reconnaître que dans le Grand-Alger la célébration du rituel du sacrifice religieux s’est plus ou moins bien déroulée. La Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) a annoncé de sérieuses coupures ce mercredi 21 juillet dans deux quartiers de la capitale, Hydra et Saïd Hamdine. Dans le communiqué de la Seaal, les causes de ces coupures sont dues à d’importants travaux d’intervention et risquent de perdurer. Ce qui fait craindre le pire pour les populations de ces deux quartiers, qui pourraient, dans le cas d’une coupure d’eau prolongée, exprimer leur colère sur la voie publique comme cela a été le cas dans d’autres quartiers et la proche banlieue de la capitale. En effet, on peut rappeler les protestations du week-end dernier où à Bab Ezzouar la colère a grossi au point où les populations ont interrompu la circulation de l’autoroute dans le sens Alger-aéroport, paralysant le trafic routier.
Ce faisant, l’ADE, selon un de ses cadres contacté par Reporters et qui a tenu à garder l’anonymat, fait tout son possible pour atténuer la crise de l’eau potable en multipliant les forages dans l’attente de l’entrée en production de nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer. On apprend également de notre interlocuteur qu’au niveau des barrages, six au total, qui assurent l’AEP des wilayas d’Alger et de Tipasa, la cote d’alerte a été atteinte depuis la fin du mois de juin dernier. En effet, ils enregistrent moins de 15 % de leurs capacités nominales. Ce qui a conduit à opter pour l’utilisation de pompes flottantes pour absorber le peu d’eau qui reste sur le lit des barrages. Du coup, on peut déduire que la crise de l’eau potable va s’installer dans la durée du moins, jusqu’à l’automne prochain, à condition que les pluies de saison soient au rendez-vous. Un scénario contraire ferait craindre le pire car, dans le meilleur des cas, l’apport des eaux non conventionnelles (dessalement) ne saurait intervenir dans l’immédiat. Autrement dit, il faudra que les populations concernées s’arment de patience dans l’attente d’une situation meilleure. <