Par Bouzid Chalabi
Les défaillances dans le rationnement de la distribution d’eau potable continuent de susciter la colère des habitants du Grand-Alger. Demandant expressément plus d’équité dans l’AEP dans l’attente d’un retour à la normale dans les délais.
C’est toujours les mêmes scènes de colère dans de nombreux quartiers du Grand-Alger. Pis encore, leur nombre ne cesse d’augmenter au fil des jours. En effet, il ne se passe pas une semaine, depuis le mois de juin dernier, où ici et là les habitants de tel ou tel quartier ont coupé le trafic routier sur des axes importants de circulation de et vers le centre de la capitale. Et cela pour exprimer sur la voie publique leur exaspération à la suite des incessantes coupures d’eau qui se prolongent dans la durée. Et d’évoquer à grand bruit toute la défaillance du nouveau programme de distribution mis en place depuis le début de la crise de l’alimentation en eau potable (AEP). En effet, dans plusieurs quartiers des banlieues Est et Ouest de la capitale, l’eau n’arrive toujours pas dans les robinets aux heures convenues dans le programme de distribution, instauré en juin dernier par la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal). Toujours à propos de ce programme, les populations considèrent que la distribution du précieux liquide est très souvent aléatoire, non sans se plaindre des coupures par surprise qui «sont devenues récurrentes», peut-on lire sur les banderoles brandies par des manifestants. Il faut dire que devant cette situation, la Seaal a porté des correctifs dans le programme de l’AEP mais, aux dires des populations impactées, aucune amélioration n’a été enregistrée «et quand bien même l’eau arrive elle est à faible débit», ne cesse de se plaindre les ménages qui habitent aux étages des immeubles. Toutefois, chez ces derniers, on espère que les pouvoirs publics vont tenir leur promesse que la situation va s’améliorer à partir de la fin du mois d’août par l’entremise de l’entrée en production des deux nouvelles stations de dessalement situées aux abords de la capitale. Notons au passage que la station de Staoueli est fonctionnelle depuis une semaine, et on peut s’attendre donc dans les prochains jours à un semblant d’amélioration dans le strict respect du programme de distribution en vigueur. Faut-il savoir dans ce sillage que le gouvernement mise dans l’entrée en production de deux autres nouvelles stations afin d’assurer l’AEP de la capitale sans aucune restriction. Autrement dit, rétablir la distribution en H24. C’est du moins ce qu’espèrent les populations du Grand-Alger et de ses environs immédiats car tout autant mises à rude épreuve par un régime drastique de distribution suscitant de la colère.
Ceci dit, et dans un autre registre, la Seaal continue d’annoncer par communiqué des coupures dans des quartiers de la capitale. Ainsi on ne compte plus le nombre de communiqués de cette société invoquant pratiquement le même motif «intervention technique sur le réseau». Du coup, faut-il déduire que le réseau de distribution est arrivé à un niveau de vétusté très élevé ou connaît-il depuis fort longtemps un manque d’entretien ? A cette question, on admet du côté de la Seaal que le réseau est en partie vétuste et exige de grands travaux de rénovation, mais la société réfute un manque d’entretien. Maintenant devant la vétusté du réseau ou son manque d’entretien, il y a urgence à ce que le ministère de tutelle se décide, après accord du gouvernement, de mettre les moyens afin de diminuer à grande échelle le taux de déperdition qui dépasse de loin, actuellement, les standards internationaux de tolérance en la matière. Et surtout de mettre fin aux interventions de colmatage, voire de bricolage, en optant pour des solutions radicales.