PAR NAZIM B.
Le Parti des travailleurs s’alarme. La formation politique de Louisa Hannoune a, en effet, dressé un tableau noir de la situation du pays, énumérant la crise de l’eau potable, la contestation des jeunes chômeurs du Sud, la gestion de la situation sanitaire.
Le PT a critiqué aussi ce qu’il a considéré comme «l’ambivalence» dans la gestion de droits politiques et des libertés publiques. Sur la situation tendue à Ouargla notamment, le Parti des travailleurs (PT) a mis en garde les autorités contre les conséquences des émeutes et protestations des chômeurs du Sud, estimant qu’il s’agit d’une question de «sécurité nationale».
Dans un communiqué de son Bureau politique, le PT dit exprimer «sa solidarité avec les jeunes chômeurs qui protestent contre le chômage et réclament des postes d’emploi, en particulier dans les wilayas d’Ouargla, Illizi et El Oued». Le PT considère, dans ce registre, que «le drame du chômage chez les jeunes, dont aucune wilaya ni commune n’a échappé depuis des décennies, tend à s’aggraver», pointant deux raisons essentielles qui ont généré une telle situation. «Il y a d’abord les retombées du confinement dit sanitaire, lequel a détruit un nombre important de sociétés publiques et privées», cite le PT, qui reproche, en second lieu, aux autorités, «l’application des mêmes décisions en matière d’emploi, depuis 2015, en suspendant les recrutements, la création de nouveaux postes d’emploi et le remplacement des départs à la retraite». Le PT dit ainsi craindre le pire sur le front social, faisant remarquer que près de 140 000 diplômés quittent annuellement les universités en plus de dizaines de milliers de diplômés de la formation professionnelle, alertant ainsi quant aux conséquences de «la crise du chômage endémique, considérée comme l’une des raisons principales du phénomène de la harga et de la propagation de la violence de quartiers». Sur le fond, la formation politique de Louisa Hanoune estime qu’il s’agit là d’une «question de sécurité nationale». En ce qui concerne la crise sanitaire, le PT dénonce «une gestion anarchique qui constitue un danger pour la vie des citoyens», jugeant que «les autorités n’ont pas tiré les leçons de la première et deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, puisqu’elles n’ont pas pris de mesures d’anticipation pour faire face à la nouvelle vague». Le PT reproche ainsi aux autorités publiques, particulièrement au département de la Santé, qu’«il n’y a ni test, ni de nouveaux postes d’emploi de médecins et de paramédicaux, ni équipement de nouveaux lits dans les hôpitaux publics, au moment où la crise de l’oxygène pointe son nez dans les unités de soins». Sur sa lancée de griefs retenus contre le gouvernement, le PT émet aussi des réserves et des soupçons quant aux chiffres officiels des contaminations et décès, lesquels «contredisent la réalité dans les hôpitaux». Le PT regrette qu’au lieu de rattraper la situation dangereuse, le ministère ordonne de mobiliser la majorité des services pour accueillir des malades Covid au détriment d’autres malades dont des chroniques, exposés à la mort.
Dans le volet politique et à propos des détenus d’opinion, le PT dénonce «la poursuite de la campagne des arrestations et procès, avec des condamnations à la prison ferme et de lourdes amendes, outre le recours excessif et de façon automatique à la détention provisoire».