La Norvège a confirmé, vendredi, mener une médiation entre des représentants du pouvoir et de l’opposition au Venezuela, en vue de résoudre le conflit politique qui dure depuis quatre mois. «La Norvège annonce avoir eu des contacts préliminaires avec les représentants des principaux acteurs politiques vénézuéliens, dans le cadre d’une phase exploratoire, en vue de contribuer à trouver une solution à la situation du pays», a indiqué le ministère norvégien des Affaires étrangères dans un communiqué. «La Norvège félicite les parties en présence pour leurs efforts. Nous réaffirmons notre volonté de continuer à soutenir la recherche d’une solution pacifique pour le pays», a-t-il ajouté. Au Venezuela, l’opposant au régime chaviste Juan Guaido a confirmé l’information, indiquant que des délégués de l’opposition vénézuélienne participaient à une «médiation» de la Norvège pour tenter de résoudre la crise. «Il n’y a aucun type de négociations», a-t-il cependant tempéré lors d’une réunion politique à Caracas. Le président vénézuélien Nicolas Maduro n’a pas confirmé ces contacts mais affirmé jeudi que son ministre de la Communication Jorge Rodriguez participait à «une mission très importante pour la paix du pays (…) en Europe», et qu’il rentrerait bientôt. Selon la radiotélévision publique norvégienne NRK, les négociations d’Oslo, dans un endroit tenu secret, ont duré «plusieurs jours» et les deux délégations ont regagné Caracas jeudi. Contactée par l’AFP vendredi matin, la chancellerie norvégienne n’a pas souhaité faire davantage de commentaires. Selon différents médias, ces discussions auraient impliqué, côté Maduro, le ministre de la Communication Jorge Rodriguez et le gouverneur de la province de Miranda, Hector Rodriguez. L’opposition aurait été quant à elle représentée par l’ancien député Gerardo Blyde, l’ex-ministre Fernando Martinez Mottola ainsi que le vice-président du Parlement, Stalin Gonzalez. L’opposant de centre-droit Juan Guaido s’est proclamé président par intérim le 23 janvier et il est reconnu comme tel par une cinquantaine de pays. Il tente depuis de déloger Nicolas Maduro, qu’il qualifie d’»usurpateur» depuis l’élection présidentielle de mai 2018, «frauduleuse» selon l’opposition, qui a permis au chef de l’Etat socialiste de se maintenir au pouvoir. Le seul et unique objectif d’un quelconque rapprochement doit être la «fin de l’usurpation» de la part de Nicolas Maduro, et la mise en place d’un «gouvernement de transition» qui organiserait alors des «élections libres», selon Juan Guaido.
Alors que de nombreux Etats européens avaient reconnu Juan Guaido quand il s’était autoproclamé «président», la Norvège s’était contentée d’appeler à de nouvelles élections libres, une position alors perçue comme illustrant une volonté de jouer les intermédiaires entre les deux camps. Pays hôte du prix Nobel de la paix et où ont été négociés les accords israélo-palestiniens d’Oslo, la Norvège a une longue tradition de «facilitateur» dans les processus de paix, notamment dans celui, réussi, entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en 2016.n