Rien ne va plus au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Le parti est désormais divisé entre partisans et opposants à son président, Mohcine Belabbas. Ce dernier, accusé de s’être lancé dans une «entreprise de reniement et de destruction du parti» et appelé à ouvrir un débat en interne sur la situation du RCD, a vu ses soutiens se manifester par dizaines.

Ce débat, qui devait donc avoir lieu au sein des instances du parti, est porté sur les réseaux sociaux et donc sur la place publique. Dans un document censé être interne, mais diffusé par Atmane Mazouz, chargé de la communication du RCD, pour griller ses rédacteurs, une cinquantaine de députés, de membres du conseil national, élus et responsables locaux ont reproché à Belabbas d’avoir «pris en otage» le parti avec son «homme de main, Ouamar Saoudi». «Les structures sont verrouillées et les promotions se font sur la base d’allégeances et même de soumissions. A vous deux, vous vous êtes érigés en instance suprême du parti (…) Vous êtes férus de caporalisation», ont-ils écrit.
Les initiateurs, dont les députés Lila Hadjarab, Yassine Aissiouane et Hamid Aït Saïd, le coordinateur des Jeunes progressistes, Madjid Belkai et la secrétaire nationale aux archives, Massiva Mazari, accusent le président d’avoir «mis en place une structure parallèle», «laissé à l’abandon» les structures du RCD et s’«être éloigné » de ses principes. Des attaques que viennent de renier des dizaines de cadres et membres du conseil national en soutenant Belabbas et saluant son engagement dans le mouvement populaire du 22 février comme l’a toujours été le parti. La Coordination des femmes progressistes, à leur tête la présidente, Hayet Mohand kaci, ainsi que l’exécutif national des coordinatrices régionales d’Alger, Bouira, Tizi Ouzou, Béjaïa, Mostaganem, Tamanrasset, Sétif, Boumerdès et Tipaza, Annaba, Tlemcen, et Sidi Bel Abbès se sont dites «attachées au respect des valeurs, projet de société, statuts et volontés militantes exprimés et adoptés souverainement lors du dernier Congrès du RCD». De ce fait, elles «ne peuvent cautionner ou adopter des manœuvres sournoises, belliqueuses et attentatoires à la sérénité, la cohésion et le bon fonctionnement du parti engagé comme fer de lance du mouvement populaire pour un changement radical du régime», peut-on lire dans leur déclaration publiée hier.
Les Jeunes progressistes de la wilaya de Béjaïa se sont, pour leur part, démarqués du coordinateur national Madjid Belkai qui, selon eux, «ne représente que sa personne». « Devant l’attitude étrange du coordinateur national des jeunes progressistes du RCD, qui semble ignorer complètement le fonctionnement du parti, nous, membres du conseil national et coordination régionale de Béjaïa affirmons notre soutien à la direction nationale à sa tête le président Mohcine Bellabas, et dénonçons tout agissement irresponsable visant à (le) déstabiliser», écrivent-ils.
Dans une déclaration, des membres du conseil national (une quinzaine), issus de Bouira, ont apporté leur «soutien» à Belabbas. Sur la même voie, le Conseil communal d’Assi Youcef dans la wilaya de Tizi Ouzou a dénoncé « une tentative de déstabilisation » du parti, déclarant qu’il « ne peut à aucun moment admettre des pratiques qui ciblent, à la fois, à violer les statuts du parti et à salir l’image de son président qui, jusqu’à preuve du contraire, a donné une autre dimension au parti ». De Boumerdès aussi, les membres du conseil national ont publié un communiqué dans lequel ils critiquent les « intentions de déstabiliser le parti » par les rédacteurs du document contre Belabbas. Affirmant leur « attachement » à la lutte, les membres du CN issus de Boumerdès ont exprimé leur «soutien aux dirigeants du parti sous la présidence de M. Mohcine Belabbas, élu lors du dernier congrès ».