Le Front de Libération nationale (FLN), censé s’être doté d’un secrétaire général légitime, élu démocratiquement à bulletin secret, en la personne de Mohamed Djemaï, ne semble visiblement pas en avoir fini avec la fronde. Des membres du comité central (CC), qui ne figuraient pas dans le dernier bureau politique (BP), le contestent vivement, à l’instar de Mohamed Alioui, de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), ou encore Badji Abou Fadl, ancien membre du BP du temps de Djamel Ould Abbès. Ces derniers ayant été nommés initialement conseillers auprès du secrétaire général, avant de démissionner, remettent en cause le fait d’avoir porter à 29 le nombre de membres du bureau politique sans l’aval du comité central. «Il s’agit d’une violation pure et simple des textes du parti toute honte bue», nous explique-t-on. Avant de s’indigner que «Djemaï a eu une attitude inattendue lors de la composition du bureau politique. Lors du comité central, il a présenté à la session 19 membres pour validation. L’assistance les a entérinés publiquement, puisque, dans les statuts du FLN, la désignation du BP est une prérogative du secrétaire général, lesquels statuts stipulent que la composante du BP doit être aussi soumise à l’approbation du comité central. Et le samedi succédant au CC, on nous annonce 29 membres au total, violant ainsi les statuts du parti, pourtant clairs à ce propos». Les membres du CC, exclus du BP, s’attellent depuis quelques jours à multiplier les contacts en direction des opposants à Djemaï au sein même de cette instance décisionnelle, à commencer par Djamel Benhamouda. Ce dernier, qui a, pour rappel, concurrencé Djemaï au poste de secrétaire général du parti, le moins que l’on puisse dire est qu’il ne le porte pas dans son cœur. Benhamouda est favorable à l’éjection de Djemaï de la tête du parti. C’est dans cette optique qu’il a pris langue avec les anciens députés et ex-ministres frondeurs du parti. Mais pas seulement. Benhamouda s’est même adressé à Abdelkrim Abada pour l’aider à mobiliser la base militante. Des contacts sont également établis avec les actuels députés, opposés à Djemaï, et qui comptent parmi les fidèles de l’ancien président de l’Assemblée nationale Mouad Bouchareb. Des parlementaires du FLN n’ont pas apprécié la manière avec laquelle Djemaï n’avait de cesse de fustiger Bouchareb au point de l’avoir évincé de l’APN pour, ensuite, donner l’institution à Slimane Chenine. «C’était impensable que la présidence de l’APN aille à quelqu’un d’autre qu’à un membre du FLN. Et grâce à Djemaï, elle revient à un député islamiste», s’écrie un membre du CC qui, visiblement, en a gros sur le cœur. Ces députés, parmi lesquels l’ancien président du groupe parlementaire du FLN, Mohamed Bouabdellah, ont constitué un noyau d’opposants au sein du groupe parlementaire. Les différents contestataires multiplient les contacts aux fins de trouver les mécanismes appropriés pour affaiblir Djemaï et le pousser vers la porte de sortie. Mais de quelle manière ? Habituellement, les frondeurs au sein du parti tendent à réunir les deux tiers des membres du CC pour décider d’une procédure de retrait de confiance au secrétaire général de l’heure, ou à le pousser à la démission, comme cela a été le cas pour Amar Saïdani, ou encore Djamel Ould Abbès. Mais, s’agissant des opposants à Djemaï, ils se trouvent éparpillés au sein du Parlement et du CC et leur nombre ne leur permet pas, pour l’heure, de renverser la vapeur. «Nous demeurerons mobilisés jusqu’à ce que Djemaï parte du parti et qu’il permette aux véritables militants de le gérer», nous explique un membre du CC. A suivre.