L’Algérie est classée en dessous de la moyenne mondiale en matière de criminalité, a indiqué, hier, le colonel Abdelkader Zighed, expert en criminologie, précisant que sur ce registre, le pays enregistre annuellement 2 morts pour 100 000 habitants.

Invité du Forum d’«El Moudjahid» pour s’exprimer autour du thème de «la criminalité en Algérie», l’expert a souligné, qu’à l’instar de nombreux pays, l’atteinte à la vie des personnes et à la propriété «sont les crimes les plus répandus» dans notre pays.
Ils ont même enregistré une «hausse considérable» ces dernières années, a-t-il ajouté.
Se basant sur les chiffres de la Gendarmerie nationale, le colonel Abdelkader Zighed fera savoir que l’atteinte à la vie des personnes a enregistré plus de 15 000 cas en 2012, et plus de 24 000 cas en 2017, alors que l’atteinte à la propriété est passée de 18 900 affaires, en 2012, à plus de 24 000 en 2017. Quant aux crimes mortels, ils ont baissé légèrement, passant de 222 victimes en 2015, à 196, en 2017, a poursuivi l’invité d’«El Moudjahid», précisant que les criminels sont recensés principalement dans la catégorie d’âge 18-35 ans. Ces derniers agissent souvent sous l’effet de la drogue et leur but consiste à «gagner de l’argent», a-t-il encore expliqué.
Il a appelé les médias à s’investir davantage dans le traitement de l’information ayant un lien avec la sécurité du citoyen, le crime, en évitant toutefois de surmédiatiser les affaires. «Les médias ne doivent pas surmédiatiser le fait, car la surmédiatisation influe souvent de manière négative sur l’état psychologique et social des victimes ou de leurs familles», a expliqué le conférencier. Les médias «doivent être objectifs dans leur traitement des faits », a-t-il plaidé, non sans rappeler «le droit» du citoyen à l’information. La cybercriminalité en Algérie n’était pas en reste dans l’intervention de l’expert en criminologie. A propos de ce phénomène très dangereux, le colonel Abdelkader Zighed soutiendra que la Gendarmerie nationale a les moyens de lutter, signalant qu’un dispositif a été mis en place, en 2004, dans ce sens.
Quant à l’évolution de la cybercriminalité, il mettra en évidence la forte progression d’affaires enregistrées, celles-ci étant passées de 19 cas en 2009 à 909 en 2017. Il a rappelé, en ce sens, qu’en 2004, les spécialistes de la question ont mis en œuvre un dispositif afin de pouvoir maîtriser la situation des crimes électroniques. Il ajoutera que la Gendarmerie nationale et la police «œuvrent depuis longtemps sur l’aspect préventif des crimes». En plus des mesures dissuasives, «nous avons des dispositifs préventifs. Ils représentent 70% de notre travail», fera savoir le même intervenant, qui révèlera, à l’occasion, l’existence d’une carte de la criminalité en Algérie. Cette carte «a permis la baisse de certains types de crimes», a-t-il souligné, considérant que «c’est une preuve des efforts fournis par la Gendarmerie nationale sur le terrain».