Nouvelle initiative de l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej). Elle concerne les jeunes qui ont bénéficié de prêts et d’un soutien financier et qui ne sont plus en mesure de rembourser leurs créances pour différentes raisons, notamment par la baisse de leurs activités. Ils pourront, en effet, solliciter auprès de leur agence de domiciliation un nouvel échéancier de remboursement, mais sous certaines conditions. C’est ce qu’a décidé cet organisme qui a sommé toutes ses agences réparties sur le territoire national de l’exécuter.
Il va de soi qu’ils sont nombreux ces jeunes bénéficiaires de prêts qui se sont retrouvés dans l’incapacité de rembourser le prêt contracté selon un calendrier qu’ils avaient convenu avec l’agence dont ils relèvent. Ils verront à travers la possibilité d’un nouvel échéancier de remboursement, une opportunité à saisir. Or, cela n’est pas évident car il leur est exigé de remplir deux conditions et non des moindres pour pouvoir bénéficier d’un rééchelonnement de leur dette. Il leur est demandé, en effet, primo : de prouver qu’ils disposent toujours du matériel ou de l’équipement acquis par le biais du prêt et secundo : être inscrit au Fonds de garantie du risque de prêt (FGAR) depuis plusieurs années. Selon la directive de l’Ansej, ces deux conditions remplies, les postulants seront reprogrammés sur la base d’un nouveau calendrier de remboursement. Cependant, l’Agence précise aux postulants que la durée du rééchelonnement a été plafonnée à cinq ans, y compris la période de report de 12 mois avec un taux d’intérêt de 100%. La date limite de dépôt du dossier a été fixée au 31 décembre 2020. A propos du taux d’intérêt de 100 % du rééchelonnement, il y a tout lieu de croire que de nombreux demandeurs vont y réfléchir à deux fois car il s’agit de grosses sommes qu’il va falloir réunir en plus du remboursement. Et donc seuls ceux dans la capacité de le faire vont déposer leur dossier quant autres, c’est une autre paire de manches. Convaincus qu’ils ne pourront au meilleur des cas réunir et la somme du remboursement et l’ajout correspondant au taux du rééchelonnement. De ce fait, on avait avancé d’ores et déjà que le nombre de postulants en mesure de se soumettre à un tel de remboursement sera maigre. Une des causes qui revient souvent, selon leurs dires, «nous nous sommes retrouvés livrés à nous-mêmes faute d’accompagnement de l’organisme bailleur de fonds alors que le règlement en vigueur exige de ce dernier (Ansej) d’assister les jeunes entrepreneurs dans leur démarche pour mener à terme leur projet». Autre cause invoquée dans ce même sillage : «rares sont ceux qui obtiennent des marchés publics alors que les dispositions de l’article 87 du code des donneurs d’ordre, notamment les walis, stipule qu’une micro-entreprise soumissionnaire d’un marché public à un avantage de 20 points lors de l’ouverture des plis d’appel d’offres». Ainsi, il devient clair que sans l’octroi de plan de charges, les jeunes patrons se retrouvent très vite en situation de faillite et «par voie de conséquence dans l’impossibilité absolue d’honorer leurs dettes», réitèrent-ils. Pour l’heure, il s’agira de savoir si les responsables chargés du dossier Ansej ont pris actes des doléances « légitimes» de tous ceux en cessation de remboursement. Quant à cette dernière mesure portant sur la possibilité de revoir l’échéancier de remboursement, dont les initiateurs jugent qu’elle est tout au bénéfice des jeunes entrepreneurs, on saura si tel est le cas à travers l’engouement ou non des concernés. n