«Une déclaration d’intention» a été signée en marge du 10e Festival international du théâtre de Béjaïa par les participants venus d’Afrique pour la création d’un réseau africain des arts de scène (danse, théâtre, musique, opéras, etc). Outre Slimane Benaïssa, commissaire du festival, Boualem Chouali, membre du comité d’organisation du festival, Germain Coly, conseiller au ministère sénégalais de la Culture, Keyssi Bousso, directeur du Grand théâtre national de Dakar (Sénégal), Hugues Serge Limbvani, directeur du théâtre national congolais de Brazzaville,  Salma Desouky, coordinatrice au Festival du théâtre de jeune de Charm Echeikh (Egypte), Etienne Lompo, président brukinabé des Réseaux des espaces de diffusion de l’Afrique de l’Ouest (Redao), Oumar Badiane, expert sénégalais en développement culturel et Boubekeur Khalfaoui, directeur du Centre de culture africaine de Montreuil (France) ont paraphé ce document, le premier du genre. « Nous envisageons de créer une association qui regrouperait des réseaux de diffusion, de création, de coproduction et de formation dans le domaine du spectacle vivant. Nous comptons dans un proche avenir rédiger les statuts qui définiront les modalités de collaboration entre nos pays respectifs », est-il indiqué dans la déclaration. Slimane Benaïssa a précisé, lors d’une conférence de presse, tenue mecredi 19 février au Théâtre régionale Abdelmalek-Bouguermouh de Béjaïa, que l’adhésion à l’Association est ouverte à tous les pays africains et qu’un pays sera choisi pour abriter le siège. Il a ajouté que les signataires de la Déclaration ont demandé à ce que l’Algérie soit le pays logeur. « Nous irons là où les procédures juridiques sont simples. J’espère qu’avec la nouvelle Constitution, des dispositions seront prises pour que l’Algérie soit plus ouverte. Nous ne voulons pas nous fatiguer avec la paperasse algérienne», a-t-il souligné, précisant que le futur réseau facilitera l’échange des spectacles entre les festivals. » L’intérêt pour nous est de faire voyager notre théâtre. En Afrique, il y a un travail théâtral d’un bon niveau. Il nous sera plus facile d’envoyer nos troupes à Dakar, à Brazzaville ou à Bamako qu’en Europe, avec tous les problèmes que vous connaissez comme pour les visas. Il s’agit aussi d’établir des canaux de formation. On peut inviter un metteur en scène africain pour monter une pièce en Algérie (…) Le festival de Brazzaville, prévu en avril prochain, demande à ce qu’une pièce algérienne soit présente. Nous devons établir un circuit africain de diffusion. Dans le monde, les gens sont curieux de l’Afrique. Or, l’Afrique passe toujours par l’Europe. En réalité, c’est un goulot d’étranglement. Il faut ouvrir des horizons vers l’Amérique du Sud et vers l’Afrique. Il faut ouvrir des portes pour aller plus loin », a estimé Slimane Benaïssa souhaitant un soutien du ministère de la Culture.
F. M.