La multiplication des start-up et des micro- entreprises en Algérie n’est pas une mince affaire, tant ces deux domaines relèvent d’un maillage de différents secteurs et départements ministériels, mais aussi en raison d’un appareil administratif qualifié de très lourd. D’où l’intérêt de l’élaboration d’une feuille de route et d’un plan d’action. C’est du moins ce qu’a annoncé en substance le ministre de la Micro entreprise, des Start-up et de l’Economie de la connaissance dans son intervention, hier, au Forum d’El Moudjahid où Yassine Djeridène était l’invité pour la circonstance.
Le conférencier s’est prononcé également sur le sujet du passage de l’Agence nationale de soutien à l’emploi jeune (Ansej) sous la tutelle directe du ministère du Travail, affirmant que le but recherché à travers cette initiative « est de créer
une certaine dynamique dans l’accompagnement des porteurs de
projets ». « Un nouveau mécanisme dans l’octroi du micro crédit va être mis en place. Une mesure rendue nécessaire après s’être aperçu que de nouvelles entreprises ont une spécificité telle qu’il devenait impossible de les adapter aux dispositifs en vigueur », a expliqué le ministre. L’invité du Forum a par ailleurs confié l’arrivée chaque année de près de 370 000 nouveaux diplômés universitaires tous porteurs de projets. «Mais il s’agit de ne surtout pas créer des microentreprises ou des start-up en grand nombre mais plutôt de soutenir ceux de qualité, c’est-à-dire les projets innovants et surtout créateurs de postes d’emploi». Le ministre a par ailleurs reconnu que sans éco-système, de nombreux porteurs de projets mettent fin à leur ambition. Et sur ce dernier point, il n’a avancé aucun chiffre sur les porteurs de projets qui se sont rétractés. Concernant ceux qui sont au stade d’étude de projet, il a indiqué que son département a retenu l’idée de leur enseigner les outils de conception de projet. Concernant les entraves que rencontrent les nouvelles entreprises, il fera savoir en référence à des statistiques « que l’étape critique se situe au tout début de l’entrée de leur activité
car très souvent sans carnet de commande la plupart ne peuvent se maintenir en activité ». Et pourtant « elles ont droit à 20% de la commande », rappellera au ministre un intervenant. La réponse du ministre ne sait pas fait attendre. Il a révélé tout de go
« l’exécution de nombreux marchés publics exige de l’expérience, ce que ne possèdent pas les nouvelles entreprises et donc se retrouvent contraintes à faire dans la sous-traitance. Mais il ne faut pas oublier qu’ils sont exonérés de tout impôt, ce qui leur permet de se contenter de petits marchés dans l’attente de jours meilleurs. » Avant de clore ce chapitre, le ministre a fait savoir qu’une start-up de Constantine travaille sur un projet «de création d’une plateforme permettant d’identifier les start-up en activité et ainsi leur donner la possibilité de se voir octroyer des marchés publics sans discernement dès lors où il sera procédé à la digitalisation du code des marchés publics ». A propos des incubateurs déclencheurs d’idées de projet, le conférencier a précisé qu’il en existe
15 dont 6 relèvent de certaines universités du pays, « ce qui va permettre de mettre en contact les industriels du pays avec les universités » Yassine Djeridene a par ailleurs annoncé que son département compte organiser des assises sur les start-ups et les microentreprises au mois de
juin « si l’épidémie de coronavirus est résorbée ». « Ces assises vont se solder par des recommandations élaborées par l’ensembles des parties prenantes », a-t-il enfin indiqué.