Une enquête a été ouverte par le ministère de la Défense nationale pour déterminer les causes exactes du crash de l’avion militaire à Boufarik qui a fait plus de 250 morts.

A la demande du chef de l’état-major, général de corps d’armée et vice-ministre de la Défense nationale Ahmed Gaïd Salah, les experts de l’Armée nationale populaire (ANP), recueilleront toutes les données relatives à cette catastrophe qui a endeuillé toute l’Algérie. En attendant les conclusions de l’enquête, qui va durer plusieurs mois, des experts et des consultants en questions sécuritaires et de défense se sont exprimés sur le drame.  
Selon l’expert en questions sécuritaires, Akram Kharief, éditeur du site MENA Défense, l’hypothèse de l’erreur humaine ou d’attentat terroriste sont à écarter. «L’hypothèse plausible est celle d’un problème technique qui a touché le moteur de l’avion quelques instants avant le crash», a-t-il déclaré, dans un entretien accordé à nos confrères du site électronique Maghreb Emergent. Expliquant son analyse, il dira que l’erreur humaine ne peut se produire quelques instants après le décollage de l’avion. Il note aussi qu’une erreur humaine ne peut provoquer une fumée dans le moteur de l’appareil.
Interrogé sur la fiabilité de modèle Iliouchine qui s’est écrasé, il a indiqué, qu’en tout, il existe 1 000 avions de ce modèle dans le monde. «La fiabilité de ce modèle n’est pas à démontrer.
Il est au même niveau de qualité que les Américains. Le taux d’accident de ces appareils est similaire à celui des appareils américains du même type. Ces éléments font de l’Iliouchine un modèle fiable et sûr», a-t-il précisé, avant de rappeler les compétences des techniciens algériens en maintenance. «L’ANP dispose d’une ressource humaine qualifiée en matière de maintenance des avions militaires. Si on fait une comparaison entre le nombre de vols effectués et celui des accidents, on se rend compte que la maintenance des appareils se fait d’une manière régulière tout en respectant les normes exigées», a-t-il affirmé. Poursuivant son analyse, il fait savoir qu’en plus du travail d’entretien que font les techniciens algériens, des experts russes assurent les grandes opérations de révision des appareils militaires algériens. A propos de l’enquête, il dira que celle-ci sera menée par des experts algériens spécialisés en la matière, tout en n’écartant pas l’implication d’experts russes en leur qualité de producteur de l’appareil. «Il se pourrait que des experts russes soient sollicités par les enquêteurs», a-t-il dit.
Il rappelle que les crashs d’avion ne sont pas propres à l’Algérie. «Toutes les compagnies de transport aérien et les armées du monde ont connu des crashs d’avion. Ce sont des accidents qui arrivent à tout le monde», a-t-il souligné. Notons que, selon l’agence AFP, ce crash est le quatrième le plus meurtrier depuis 20 ans dans le monde, toutes causes confondues, si l’on excepte les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.